G5 Sahel/ Idriss Déby, irrité, durcit le ton contre la communauté internationale: « Pas question de devoir aller mendier l’aide financière nécessaire »

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Le président tchadien Idriss Déby Itno, dont le pays est l’un des piliers, sinon le pilier de la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, et un membre indispensable d’une force anti-terroriste baptisée G5 Sahel, s’irrite de plus en plus contre la communauté internationale qui hésite de mettre la main dans la poche pour financer ledit groupe que composent son pays, le Tchad, et les quatre autres pays, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger.

Cette irritation du président tchadien qui fait face à une grogne sociale sans précédent dans son pays, due à la chute du prix de pétrole, qui l’a empêché jusqu’à marquer sa présence à l’Assemblée générale de l’ONU, ouverte depuis le 19 septembre dans son siège de New York, n’est pourtant pas une première.

Lors d’une interview qu’il avait accordée fin juin aux journalistes de RFI, de TV5 Monde, de Le Monde, il n’est pas passé par quatre chemins en faisant entendre sa déception contre les Occidentaux mauvais payeurs qui leur devaient plus de 300 milliards de francs CFA (plus de 457 millions d’euros), que le Tchad avait déboursés « sur ses propres ressources pour la lutte contre le terrorisme sans un soutien quelconque de l’extérieur ».

En lisant cet article de RFI que nous relayons, l’on s’étonnera plus de cette désormais méfiance du président Déby à l’égard de la communauté internationale, notamment les Occidentaux, d’autant que le président malien Ibrahim Boubacar Kéïta avait mené une offense diplomatique qui l’avait même amené chez lui à Ndjaména afin de le convaincre de faire le déplacement à New York pour plaider ensemble le financement du G5 Sahel.

RFI, 21/09-2017 — G5 Sahel: l’absence d’Idriss Déby à la réunion de l’ONU, un geste politique fort

Le financement du G5 Sahel a été au cœur d’une réunion de haut niveau, lundi, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’agissait pour les chefs d’Etat concernés de parler d’une voix forte et unanime pour convaincre la communauté internationale de se mobiliser. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé, les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel n’étaient pas tous présents. Il manquait le président tchadien Idriss Deby.

A l’origine, Idriss Deby n’avait pas prévu de se rendre à l’Assemblée générale de l’ONU, tout comme le président nigérien Issoufou. Des doutes planaient aussi pour le président mauritanien.

Mais persuadé qu’il était important de montrer la mobilisation des cinq pays au plus haut niveau pour convaincre la communauté internationale de mettre concrètement la main à la poche, le président malien s’était lancé la semaine dernière dans une mini-tournée auprès de ses homologues, avec une étape à Ndjamena où il avait rencontré Idriss Deby.

A l’issue de cette offensive diplomatique soutenue par la France, Ibrahim Boubacar Keïta avait annoncé avoir convaincu tous ses homologues de faire le déplacement ; une information confirmée par Paris.

Irrité

Finalement, le président tchadien est donc resté à Ndjamena, officiellement pour des raisons de calendrier. Mais selon une bonne source tchadienne, le chef de l’Etat serait particulièrement irrité de la tendance de la communauté internationale à reléguer au second plan les urgences africaines par rapport aux autres foyers de crise dans le monde. Frustré également du manque d’avancées concrètes en matière de financement, le président tchadien n’aurait pas voulu avoir à expliquer une nouvelle fois par A+B la nécessité du déploiement de la force antiterroriste pour la sécurité des pays du Sahel et au-delà, de l’ensemble de la communauté internationale. « Pas question de devoir aller mendier l’aide financière nécessaire », selon les mots de notre source.

Cette absence d’Idriss Déby apparaît donc comme un geste politique fort pour pousser la communauté internationale à moins de débat et plus d’action.

Lors d’un point de presse, Emmanuel Macron a lui indiqué avoir eu Idriss Deby au téléphone qui l’avait averti qu’il ne pourrait aller à New York pour des questions logistiques. Le Tchad reste pleinement mobilisé pour la mise en place de la force G5, a-t-il assuré.

Avec l’envoyée spéciale de RFI à New York, Laura Martel

Kouroukanfouganews

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Au moins un mort et une vingtaine de blessés lors des manifestations au Togo

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Des sources de la présidence mais aussi l’opposition parlent tous d’au moins un mort et de nombreux blessés lors de manifestations de l’opposition qui ont rassemblé des milliers de personnes à travers le pays.

Des incidents sont signalés à l’intérieur du pays. A Bafilo, dans la région centrale, des forces de l’ordre ont usé du gaz lacrymogène pour disperser les partisans de l’opposition qui manifestaient. A Mango, dans la région des Savanes, dans le nord, le siège du parti présidentiel, l’Union pour la République (UNIR), a été incendié.

Le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre fait état d’un mort à Mango lors d’affrontements entre militants de l’opposition et du pouvoir, ayant provoqué l’intervention des forces de l’ordre.

Selon une source de la présidence togolaise, un enfant d’une dizaine d’années a été tué à Mango et 25 personnes blessées, dont 10 par balles.

« Deux tireurs supposés appartenir au Parti National Panafricain (PNP) » de l’opposant Tipki Atchadam sont « activement recherchés, » a affirmé la source de la présidence à l’AFP.

Des maisons de cadres du parti présidentiel, l’Union pour la République (Unir), ont par ailleurs été attaquées et incendiées, selon la même source, qui a insisté sur le fait qu’aucune manifestation n’avait été autorisée à Mango.

Dans la capitale à Lomé, l’opposition et le parti au pouvoir ont tous manifesté. L’opposition réclame le retour à la Constitution de 1992 et le pouvoir, le statu quo.

Quelques milliers de personnes se sont rassemblées mercredi dans les rues de la capitale togolaise Lomé à l’appel de l’opposition pour demander le départ du président Faure Gnassingbé et, dans d’autres quartiers, à la demande du parti au pouvoir pour lui témoigner leur soutien.

L’opposition, qui a connu un succès historique lors de marches les 6 et 7 septembre en rassemblant plus de 100.000 personnes à travers le pays, a prévu deux nouveaux jours de manifestations mercredi et jeudi.

Le parti présidentiel, l’Union pour la République (UNIR), a décidé lui aussi d’appeler ses militants, aux mêmes dates pour soutenir Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Une décision jugée « irresponsable » selon Nathanael Olympio, un des chefs de file de l’opposition.

« Ça nous fait plaisir d’être là, c’est notre parti », a déclaré à l’AFP Georgia, 34 ans, militante d’UNIR. « Nous, on est pacifiques », a-t-elle ajouté, alors que l’ambiance était très calme sur la plage de Lomé où l’UNIR manifestait.

Un jeune manifestant a toutefois confié avoir reçu 5.000 francs CFA (7,50 euros) pour participer à ce rassemblement. « Vous croyez qu’on est là pour la politique? », a demandé Justin, adolescent de 17 ans, devant l’approbation de ses camarades.

Alors que l’opposition commençait à se réunir dans plusieurs endroits de la capitale mercredi matin, George H., un habitant de Lomé expliquait qu’il n’irait pas manifester cette semaine, bien qu’il assure « en avoir marre de 50 ans de Gnassingbé ».

« J’irai travailler. Il faut bien manger », a-t-il expliqué à l’AFP.

​Jean-Pierre Fabre, opposant historique togolais, ainsi qu’une coalition de l’opposition ont assuré qu’il n’y aurait « pas de répit (…) tant que M. Faure Gnassingbé n’aura pas quitté le pouvoir ».

Le gouvernement togolais a quant à lui mis en garde l’opposition contre la présence de « personnes de nationalités étrangères, en vue de participer à des actes de violences » lors des marches, qu’il souhaite « pacifiques ».

Mardi, l’opposition a boycotté un vote de modification de la Constitution à l’Assemblée nationale, qui prévoit la limitation du mandat présidentiel, en regrettant qu’il ne soit pas rétroactif et permette ainsi au président Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de se représenter en 2020, voire en 2025.

Adoptée avec les 2/3 des voix, la modification de la Constitution fera l’objet d’un référendum « dans les prochains mois », a assuré un membre du gouvernement.

Par VOA Afrique | 20-09-2017

En 2100, plus d’un terrien sur trois africain ?

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La population du continent africain s’accroît rapidement. Estimée à 140 millions en 1900, elle atteignait un milliard d’habitants en 2010. Elle en comptera 2,5 en 2050 et plus de 4 en 2100, selon le scénario moyen des projections des Nations unies (voir la figure ci-dessous). Un humain sur 6 habite aujourd’hui en Afrique. En 2050, ce sera 1 sur 4, et plus d’1 sur 3 en 2100, selon ces mêmes projections.

À quoi tient cette forte croissance ? Se poursuivra-t-elle ? Le quadruplement d’ici la fin du siècle est-il inévitable ?

Les raisons de la croissance

Si la population de l’Afrique augmente, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès (quatre fois plus de naissances que de décès). La mortalité a beau y être la plus élevée du monde, elle y a diminué, comme elle l’avait fait auparavant dans les autres continents.

La fécondité y a également diminué, les femmes y mettant au monde 4,5 enfants en moyenne chacune en 2017, contre plus de 6,5 il y a quarante ans et 5,5 il y a vingt ans. L’Afrique connaît là aussi une évolution ayant déjà eu lieu dans les autres continents, où elle y est plus avancée : 2,1 enfants seulement par femme en Asie en 2017, 2,0 en Amérique latine, 1,9 en Amérique du Nord et 1,6 en Europe.

Cette moindre mortalité qu’autrefois et cette fécondité encore relativement élevée expliquent que la population de l’Afrique s’accroisse rapidement. Même si la fécondité continue de diminuer, comme le suppose le scénario moyen des Nations unies, il ne va pas en résulter tout de suite une diminution sensible du taux de croissance et encore moins un arrêt de celle-ci, en raison de l’inertie démographique.

À supposer que la fécondité africaine tombe dès maintenant à 1,6 enfant par femme comme en Europe ou en Chine – scénario hautement improbable –, la population continuerait pourtant d’augmenter pendant encore quelques décennies pour atteindre près de 1,6 milliard en 2050. La population de l’Afrique comprend en effet beaucoup de jeunes adultes en âge d’avoir des enfants ; même si chacun en avait peu, il en résulterait un nombre élevé de naissances.

L’évolution de la fécondité : plusieurs surprises récentes

Les projections de population publiées par les Nations unies en 1981 annonçaient 10,5 milliards d’êtres humains sur la planète en 2100 dans leur scénario moyen. Les dernières projections publiées en juin 2017 en annoncent 11,2, soit 0,7 de plus.

Le total est donc un peu plus élevé mais le véritable changement se trouve dans la répartition par continent : l’Asie, 5,9 milliards d’habitants en 2100 d’après la projection publiée en 1981, n’en a plus que 4,8 à cet horizon dans celle publiée en 2017. La révision est également à la baisse pour l’Amérique latine : 712 millions en 2100 au lieu de 1 187 (40 % de moins). À l’inverse, l’Afrique, 2,2 milliards d’habitants en 2100 d’après les projections de 1981, en a le double, 4,4 milliards, dans celles publiées en 2017 (voir la figure ci-dessous).

Première surprise : les enquêtes révèlent il y a 30 à 40 ans que la fécondité a commencé à baisser très rapidement dans beaucoup de pays d’Asie et d’Amérique latine. Les Nations unies ont donc revu sensiblement à la baisse leurs projections démographiques pour ces continents.

Autre surprise, plus récente, venue de l’Afrique intertropicale : on s’attendait à ce que sa fécondité baisse plus tardivement qu’en Asie et en Amérique latine, du fait de son retard en matière de développement socio-économique, mais on imaginait un simple décalage dans le temps, avec un rythme de baisse similaire aux autres régions du Sud une fois qu’elle serait engagée. C’est bien ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais pas en Afrique intertropicale où la baisse de la fécondité, bien qu’entamée aujourd’hui, s’y effectue plus lentement. D’où un relèvement des projections pour l’Afrique qui pourrait donc rassembler plus d’un habitant de la planète sur trois en 2100.

Ce qui se passe en Afrique intertropicale

La fécondité diminue bien en Afrique intertropicale mais dans les milieux instruits et en villes plus que dans les campagnes, où vit encore la majorité de la population. Plusieurs facteurs pourraient expliquer que la baisse de la fécondité y soit pour l’instant plus lente que celle observée il y a quelques décennies en Asie et en Amérique latine (voir la figure ci-dessous).

L’Afrique se développe sur le plan économique, mais lentement, et sans encore avoir atteint le niveau des pays asiatiques ou latino-américains à l’époque où leur fécondité a commencé à diminuer fortement.

Or le développement économique et la baisse de la fécondité vont souvent de pair, la seconde étant souvent considérée comme une conséquence du premier. L’instruction des femmes est un facteur-clé dans ce processus : celles ayant été à l’école mettent moins d’enfants au monde que celles qui n’y sont pas allées. Les pays asiatiques et latino-américains ont beaucoup investi dans l’éducation pour tous il y a quelques décennies. Si l’éducation progresse en Afrique intertropicale, notamment chez les femmes, elle n’atteint toujours pas les niveaux observés en Asie et en Amérique latine lorsque la baisse de la fécondité s’est enclenchée dans ces continents.

Un autre facteur évoqué pour expliquer cette moindre baisse de la fécondité en Afrique est le partage des coûts pour élever les enfants. En Afrique, une partie des enfants est élevée par d’autres adultes que les parents – un grand parent, un oncle, une tante – ceux-ci prenant en charge les frais pour les nourrir, les habiller et les envoyer à l’école. Partout dans le monde, les humains font progressivement le choix d’avoir peu d’enfants, investissant sur chacun d’eux pour leur assurer une vie longue et de qualité, ce qui n’est pas possible quand il y en a beaucoup. Mais si avoir un enfant de plus n’entraîne pas de dépenses accrues du fait qu’il sera pris en charge par d’autres, l’incitation à avoir peu d’enfants reste moindre.

Des élites peu engagées dans la limitation des naissances

La fécondité baisse plus lentement en Afrique qu’en Asie et en Amérique latine il y a quelques décennies ; et cela ne vient pas d’un refus de la contraception chez les Africains.

La plupart des familles rurales ne se sont certes pas encore converties au modèle à deux enfants, mais elles souhaitent avoir moins d’enfants et notamment plus espacés. Elles sont prêtes pour cela à utiliser la contraception mais ne bénéficient pas de services adaptés pour y arriver.

Les programmes nationaux de limitation des naissances existent mais sont peu efficaces, manquent de moyens, et surtout souffrent d’un manque de motivation de leurs responsables et des personnels chargés de les mettre en œuvre sur le terrain. Parmi les rares exceptions, le Rwanda, l’Éthiopie, et le Malawi, pays où les autorités sont très engagées en faveur de la famille de petite taille et ont fait de la diminution de la fécondité une de leurs priorités.

Au Rwanda, celle-ci a connu l’une des plus fortes baisses du continent, y diminuant de plus de 20 % en une décennie (elle est passée de 5,4 enfants par femme au début des années 2000 à 4,2 au début des années 2010). Mais dans la plupart des autres pays d’Afrique intertropicale, les responsables et les élites ne sont pas persuadés de l’intérêt de limiter les naissances y compris au plus haut niveau de l’État, même si ce n’est pas le discours officiel tenus aux organisations internationales. C’est là encore l’une des différences avec l’Asie et l’Amérique latine des années 1960 et 1970.

La question du « dividende démographique »

Pour convaincre les gouvernements africains de faire de la limitation des naissances une de leurs priorités, les organisations internationales leur font miroiter un « dividende démographique ».

En effet, quand la fécondité chute rapidement dans un pays, la part des jeunes diminue fortement sans que la part des personnes âgées n’augmente sensiblement au début. En conséquence, la part de la population d’âge actif augmente beaucoup, offrant une opportunité au pays de se développer économiquement. Cette situation favorable ne dure qu’un moment. Quelques décennies après, les personnes d’âge actif très nombreuses ont vieilli et augmentent alors considérablement le poids de la population âgée.

On estime qu’un certain nombre de pays asiatiques, dont la Chine, ont bénéficié de ce dividende et qu’il a pu représenter jusqu’à 10 à 30 % de leur croissance économique. En revanche, les pays d’Amérique latine n’en auraient pas bénéficié pour la plupart, faute d’emplois créés en quantité suffisante pour occuper le surcroît de personnes d’âge actif.

Mais si l’Asie et l’Amérique latine se sont engagées dans la famille de petite taille, ce n’est pas en espérant bénéficier d’un dividende démographique – on n’en parlait pas à l’époque. Les gouvernements ont développé des politiques de limitation des naissances pour réduire la croissance de la population jugée trop rapide pour un bon développement du pays.

Dans le cas de l’Afrique, les conditions pour qu’un dividende démographique ait lieu ne sont pas réunies : la fécondité baisse à un rythme trop lent ; et à supposer qu’elle se mette à baisser rapidement, les perspectives de croissance des emplois sont modestes et ne permettront sans doute pas d’absorber la main d’œuvre supplémentaire. Au cas peu probable où il y aurait un dividende démographique, celui-ci n’est qu’une perspective lointaine, dans quelques décennies.

L’Afrique n’échappera pas à une multiplication par deux de sa population d’ici 2050 en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Selon son développement économique dans les prochaines années, la progression de l’instruction chez les femmes et les politiques en faveur de la famille de petite taille, en 2100, elle sera trois, quatre, cinq, ou six fois plus nombreuse qu’aujourd’hui.

Source: https://theconversation.com/en-2100-plus-dun-terrien-sur-trois-africain-84217

Alpha Condé à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU: « L’Afrique, jadis subjuguée, corvéable et malléable à dessein, s’est éveillée »

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Plusieurs chefs d’État africains ont assisté à la 72e Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 19 septembre 2017. Les présidents guinéen, Alpha Condé, malien, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), et nigérian, Muhammadu Buhari, ont eu droit à la parole sur la tribune de l’Assemblée, où ils se sont exprimés pendant des minutes.

Contrairement à ses deux pairs africains – IBK, qui a plaidé pour le financement du G5 Sahel, et Buhari qui a déploré la persécution des Rohingyas – Alpha Condé, en sa qualité du président en exercice de l’Union africaine, ayant été le premier à s’exprimer, n’a pas tourné autour du pot en évoquant, amèrement, que le continent noir vit en marge de prise des grandes décisions internationales au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il ne pouvait donc que plaider pour un élargissement du Conseil de sécurité. Car l’Afrique, qui est en marche, bien décidée à se prendre en main, ne peut plus être en dehors de la gestion des affaires internationales, elle doit en être l’un des acteurs principaux.

Nous vous laissons la substance de son discours que nous avons prélevée sur le site de RFI.

« Monsieur le président, l’Afrique, jadis subjuguée, corvéable et malléable à dessein, s’est éveillée. Aujourd’hui, plus que jamais, l’Afrique est décidée à prendre son destin en main avec la ferme détermination d’être l’acteur principal de son développement et de jouer pleinement son rôle dans la gestion des affaires internationales. Dans cette optique, l’Afrique tend une main sincère et amicale à tous les partenaires de bonne volonté, consciente qu’il n’y a de bonheur véritable que lorsqu’il est partagé, qu’il n’y a de richesse que lorsqu’elle est équitablement répartie, qu’il n’y a de partenariat viable et porteur que lorsqu’il est d’égal à égal, qu’il n’y a de paix véritable que lorsqu’elle est inclusive, qu’il n’y a de développement durable que lorsqu’il respecte la dignité des peuples. »

Kouroukanfouganews

Togo: vers un référendum constitutionnel

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Le projet de loi proposé par le gouvernement togolais n’a remporté que deux tiers des voix et non les quatre-cinquième requis en raison du boycott de l’opposition.

« Selon l’article 144 de la Constitution, le projet de révision constitutionnelle est considéré comme adopté, s’il est voté à la majorité des 4/5e des députés », a déclaré Dama Dramani, président de l’Assemblée, en clôturant la séance.

« A défaut de cette majorité, le projet de loi, adopté à la majorité des 2/3 des députés composant l’Assemblée Nationale est soumis au referendum », a-t-il ajouté.

Le projet de loi propose une limitation du nombre mandats présidentiels.

Il n’a remporté que 62 voix sur 91 (et une abstention), soit le nombre exact des députés représentant le parti présidentiel au Parlement.

« La parole sera donc donnée au peuple pour confirmer ce vote », a commenté le président de l’Assemblée nationale.

Par BBC Afrique | 19-09-2017

Mondial 2018 – Qualifications : le Burkina conteste la décision de la Fifa de faire rejouer le match Sénégal-Afrique du Sud

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Le Burkina a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre la décision de la Fifa de faire rejouer le match Afrique du sud – Sénégal comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Et dénonce une décision entachée d’abus de pouvoir sans aucun rapport avec les textes de l’instance mondiale.

« La Fédération burkinabè de Football a adressé ce jour 18 septembre 2017 une déclaration d’appel contre la décision du Bureau des qualifications de la coupe du monde de la Fifa Russie 2018, ordonnant la reprise du match Afrique du sud – Sénégal en date du 6 septembre 2017 et confirmée le 14 septembre 2017 à Zurich », a indiqué l’instance du football burkinabè dans un communiqué.

Joint au téléphone par Jeune Afrique, le colonel Sita Sangaré, patron de la FBF, s’explique. « Effectivement, nous avons déposé un recours pour faire respecter les textes au niveau de la Fifa. En l’occurrence, aucune disposition dans ce cas de figure ne donne compétences au Bureau des qualifications de faire rejouer le match », plaide-t-il. De fait, les Étalons du Burkina dominent le groupe D avec six points, autant que le Cap-Vert, et devant l’Afrique du Sud et le Sénégal. En novembre 2016, la nation Arc-en-ciel avait battu les lions de la Teranga suite à un penalty litigieux. L’arbitre de la rencontre, Joseph Lamptey a été depuis lors suspendu à vie pour influence illégal sur les résultats du match.

La Fifa a décidé de radier l’arbitre a vie, pourquoi n’a-t-elle pas décidé à ce moment de faire rejouer le match ?

La Fédération burkinabè s’estime lésée par la décision de faire rejouer le match d’autant que si le Sénégal – 5 points actuellement – venait à l’emporter, il prendrait de facto la tête du groupe. Il s’agit d’une « décision entachée d’abus de pouvoir et sans aucun rapport avec les textes » de l’instance internationale du football. Et Sita Sangaré d’enfoncer le clou : « Le résultat du match [Sénégal-Afrique du Sud] a été homologué. Plus tard, la Fifa a décidé de radier l’arbitre a vie, pourquoi n’a-t-elle… Lire la suite: http://www.jeuneafrique.com/475445/societe/mondial-2018-qualifications-le-burkina-conteste-la-decision-de-la-fifa-de-faire-rejouer-le-match-senegal-afrique-du-sud/

Côte d’Ivoire/ Célébration de l’An 3 de l’appel de Daoukro: discours du Président Henri Konan Bédié

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Rappelons que c’était à l’occasion d’une visite d’État du président Alassane Dramane Ouattara, un mois avant la présidentielle de 2015, précisément le 17 septembre 2014, que le fameux « Appel de Daoukro » était lancé par le président du parti Démocratique démocratique de Côte d’Ivoire PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, dans la région de l’Iffou à Daoukro (Centre-Est).

Cet appel, qui a célébré ses 3 ans dimanche 17 septembre, était une invite aux partis membres de la coalition au pouvoir (RHDP, dominé par le RDR de Ouattara et PDCI de Bédié) à parrainer la candidature unique de M. Ouattara à la présidentielle ivoirienne de 2015, au grand dam de quelques cadres du PDCI, parmi lesquels Kouadio Konan Bertin dit KKB qui s’est vu déclarer sa candidature en 2015 pour briguer en solitaire la magistrature suprême au point d’être en rupture de ban avec son parti.

Dans ce discours que nous mettons à votre disposition, le Sphinx de Daoukro, se veut être le réconciliateur sinon des cadres, du moins des idéologies divisionnistes de ces derniers, qui font que le destin de la coalition RHDP au pouvoir reste incertain en vue de l’échéance 2020.

Voici le discours intégral du PR Henri Konan Bédié:

Excellence Monsieur Daniel KABLAN DUCAN, Vice-président de la Côte d’Ivoire, patron de la présente cérémonie,

Monsieur Jeannot AHOUSSOU KOUADIO, Ministre d’Etat, ministre auprès du Président de la République chargé du dialogue avec les institutions, Président de la cérémonie,

Madame Henriette DAGRI DIABATE, Grande chancelière, présidente du parti allié le RDR. Je veux vous renouveler mes vives félicitations pour votre récente désignation au poste de Présidente du Rassemblement des Républicains.

Je reste convaincu que votre longue et riche expérience vous permettra de glaner d’autres lauriers pour le compte du RDR.

Monsieur Hamed BAKAYOKO, ministre d’Etat, ministre de la Défense, parrain de la présente cérémonie, merci pour votre présence si remarquée, symbole d’un RHDP uni et solidaire,

Monsieur Emmanuel NIAMIEN N’GORAN, Président du comité d’organisation, je tiens à vous féliciter ainsi que tous les organisateurs de la présente cérémonie, et j’adresse une mention spéciale à notre fils ZIE Daouda COULIBALY pour son dynamisme et son esprit créatif,

Monsieur SORO KIBAFORY Guillaume, Président de l’Assemblée Nationale représenté par Madame le ministre Affoussiata BAMBA-LAMINE,

J’adresse également mes félicitations à ma fille KANDIA CAMARA dont le dynamisme et la fidélité sont un gage de succès dans ses nouvelles fonctions de Secrétaire Générale du RDR.

A travers Madame DAGRI DIABATE et Madame KANDIA CAMARA, connues pour leur dynamisme et leur engagement, je félicite la nouvelle Direction du Rassemblement des Républicains et l’ensemble des militants du RDR pour le succès du 3ème congrès de leur Parti.

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les présidents des instances du PDCI,

Messieurs les présidents et Représentants de l’UPCI, de l’UPDCI, du MFA et du PIT partis alliés au sein du RHDP,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs, représentant le mouvement des Soroïtes,

Honorables chefs traditionnels,

Distingués chefs religieux,

Chers militantes et militants du PDCI-RDA,

Mesdames et Messieurs,

Il y a trois ans déjà, le 17 septembre 2014, à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République dans l’Iffou, j’adressais au Président Alassane Ouattara, sur cette même place, un message de bienvenue dans lequel je lui disais combien j’appréciais le travail qu’il accomplissait à la tête de l’Etat.

En conséquence de quoi, je lui proposais de demander à mon parti, le PDCI-RDA, malgré les dispositions prises antérieurement, d’accepter de le soutenir pour l’élection présidentielle de 2015 à laquelle il était candidat pour un second mandat.

Dans cette adresse, connue désormais comme L’Appel de Daoukro, je proposais également le soutien de l’ensemble des partis membres du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix, RHDP, afin que lui, le Président Alassane Ouattara, soit le candidat unique de ces formations politiques.

L’objectif d’une telle candidature, avais-je indiqué, alors était double : « d’abord, assurer le succès du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix(RHDP) aux élections de 2015 dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de la paix. Ensuite, aboutir à un parti unifié, PDCI-RDR, pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux, l’alternance au pouvoir dès 2020 ».

Je bloque ces écrits devenus intangibles pour les militants du PDCI-RDA, du RHDP et pour tous les électeurs Ivoiriens et sympathisants.

Les objectifs recherchés à travers cet appel ont été atteints. En effet, le Président Alassane Ouattara a été plébiscité, puisqu’il a été élu avec plus 83% des voix, pour le second mandat. De plus, lors des élections législatives du 16 décembre 2016, les Partis membres de notre Alliance ont raflé, malgré quelques ratés dans la gestion interne des candidatures, la presque totalité des postes à pourvoir à l’Assemblée Nationale. La gestion de la Côte d’Ivoire se trouve ainsi entre les mains du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix, notre alliance, ce qui fait notre fierté.

Or, voici que depuis quelques temps, la vie du pays semble arrêtée, rivée sur une seule question, celle de l’élection présidentielle de 2020. Toutes les énergies et toutes les intelligences se focalisent sur ce seul point, le prochain président de la République. L’année 2020 a acquis, comme le dit un analyste politique, le statut de mantra politique, comme une « prière citoyenne du soir et du matin ».

Toutes les chapelles politiques s’y mettent et souvent sans y mettre la forme.

Différents acteurs, membres de l’alliance politique qui dirige le pays, au lieu de se soumettre aux instructions données par le Président de la République et moi-même, se sont engagés dans des discussions vaines et stériles qui mettent à mal la cohésion au sein de l’alliance et la paix de notre pays.

C’est la raison pour laquelle je crois devoir donner quelques indications relatives à cet appel.

Tout d’abord, je tiens à rappeler que dans un couple ou dans une alliance, il y a toujours des hauts et des bas.

Une anecdote bien de chez nous apprend que la langue et les dents se trouvent dans une même cavité, la bouche ; il arrive aux dents, de temps à autre, de mordre la langue qui ne sort pas pour autant, de cette cavité. C’est la nature des choses. C’est pourquoi nous devons tous désarmer nos plumes et nos langues, taire nos querelles de clocher, nos verbiages creux et nos dérives langagières, pour aller vers un seul objectif, celui de renforcer notre alliance, le RHDP pour assurer la paix que nous a léguée le père de la nation, le Président Félix Houphouët -Boigny.

Nous avons, depuis l’an 2010, un pouvoir dirigé par le Président Alassane Ouattara qui a nommé récemment un Vice-président en la personne de M.Daniel Kablan Duncan, un cadre issu de nos rangs et un gouvernement dirigé par le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. Cette équipe travaille à l’émergence de notre pays. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est revenue dans le concert des nations.

Personne ne peut oublier la crise postélectorale qui a coûté la vie à nombre de nos frères et sœurs, jeté nos enfants et nos femmes dans les rues. Le sang a largement coulé et certains de nos frères sont toujours en exil.

Les ambitions sont certes toutes légitimes. Mais elles doivent être orientées, coordonnées. Tout le monde ne peut pas être Président de la République et en même temps.

En rappelant plus haut les termes de mon intervention d’il y a trois ans, ici même, je voulais indiquer à tous et à chacun, la continuité de mon action. Je reste en effet, fidèle à mes convictions. J’ai accepté, en 2015, au prix de nombreux sacrifices de ne pas présenter de candidature au titre de mon parti. Les termes de cet appel sont clairs. L’objectif, je le répète était de maintenir le pouvoir d’Etat dans nos rangs, convaincu que le travail colossal effectué par le Président Alassane Ouattara, avec un second mandat à la tête du pays, remporterait d’autres victoires pour le bonheur des Ivoiriens.

Je veux insister aussi, Militantes et Militants du PDCI-RDA et du RHDP sur la fidélité à la parole donnée. Lorsque nous nous sommes retrouvés à Paris, pour mettre en place l’alliance qui nous lie désormais, nous avons décidé d’un commun accord d’aller tous aux élections présidentielles de 2010 au premier tour et d’apporter notre soutien à celui qui serait le mieux placé d’entre nous au second.

C’est bien ce que j’ai fait. Nous avons tenu parole !

La mise sur pied du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix a donné à notre pays, un outil politique pour lui assurer la paix et le retour à une situation normale dont les effets bénéfiques se font sentir.

Notre alliance résout le problème de la gestion du pays et l’appel de Daoukro balise le problème des successions au pouvoir.

Chacun sait qu’il est désormais impossible à une seule formation politique, si puissante soit-elle, de gérer notre pays. C’est la raison pour laquelle nous devons, au niveau de notre alliance, nous accepter les uns les autres et trouver entre nous, les moyens de gérer ensemble la Côte d’Ivoire. Ainsi, au quotidien, nous devons apprendre à travailler à la cohésion et dans la cohésion en notre sein. Nous devons être unis et solidaires ; il nous faut pratiquer le vive ensemble ; la paix est à ce prix. Allons donc au Parti unifié, pour la survie du RHDP et à l’union des enfants d’Houphouët-Boigny.

A plusieurs reprises et s’agissant des prochaines échéances, j’ai affirmé notre position, sans qu’il y ait eu d’objection.
A l’occasion de ce troisième anniversaire de l’Appel de Daoukro, je répète et je demande que cessent tous ces remous et que l’on laisse le Président de la République et son gouvernement travailler sereinement pour la réalisation du programme pour lequel ils ont été désignés.
Il reste encore trois bonnes années pour aller à l’élection présidentielle qui est inévitable et non négociable, conformément à notre constitution.
Je me suis engagé à faire en sorte que ce pays retrouve la paix, cette paix chère au Président Felix Houphouët-Boigny, père fondateur de notre beau pays.

Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire est un parti de dialogue et de paix. Je souhaite que cela continue d’être le leitmotiv de tous les militants. Nous devons désormais éviter les paroles et les comportements tendancieux et violents.

Populations de l’Iffou, chers militants du PDCI-RDA et du RHDP, je vous remercie de l’honneur que vous me faites en organisant cette fête pour commémorer l’Appel dit de Daoukro.

Je suis heureux et fier des propos qui ont été tenus à mon endroit. En me réjouissant très sincèrement pour cette grandiose manifestation, je souhaite que cela se traduise dans vos comportements qui prouvent que vous me portez véritablement dans vos cœurs.

Je ne peux terminer cette allocution sans adresser un mot spécial à mon épouse adorée, source d’inspiration intarissable.

Son soutien constant depuis tant d’années, son amour, sa patience et sa compréhension ont fait de moi, l’homme que je suis devenu et je tiens à l’en remercier de tout cœur. Je vous invite à vous joindre à moi pour la saluer.

Mme BEDIE, ma biche royale, fais moi l’honneur et le plaisir de me rejoindre ici.

Vive la République ;

Vive la Côte d’Ivoire ;

Je vous remercie de votre très aimable attention.

Henri Konan BEDIE

Président du PDCI-RDA

Kouroukanfouganews