Emmerson Mnangagwa enfin à la tête du Zimbabwe

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Surnommé le « Crocodile » pour son caractère impitoyable, Emmerson Mnangagwa a longtemps attendu son heure. A 75 ans, cet ancien bras droit de Robert Mugabe vient enfin d’atteindre son but: succéder au maître jusque-là incontesté du Zimbabwe.

Trois jours après la chute du plus vieux dirigeant en exercice de la planète, M. Mnangagwa a officiellement été investi vendredi chef de l’Etat, devant des dizaines de milliers de partisans.

Dès l’aube, les habitants de la capitale se sont bousculés aux portes du National Sports Stadium pour acclamer leur nouveau chef de l’Etat.

« Nous sommes très enthousiastes et nous attendons beaucoup de Mnangagwa », a confié à l’AFP une spectatrice, Sharon Mauyakufa, 23 ans, « nous vivons dans une dictature depuis très longtemps ».

« Merci à nos soldats », « le peuple a parlé », proclamaient des bannières déployées dans le stade.

Il y a seulement deux semaines, la carrière politique d’Emmerson Mnangagwa semblait irrémédiablement brisée. Victime des ambitions politiques de la Première dame Grace Mugabe, ce cacique du régime était sèchement limogé de la vice-présidence du pays, perdant son statut de dauphin naturel du chef de l’Etat.

Sa déchéance n’aura toutefois pas dépassé deux semaines. Son éviction a provoqué un coup de force de l’armée, catégoriquement hostile à l’ascension de Grace Mugabe. Lui est resté prudemment loin de la crise, en exil en Afrique du Sud voisine.

Il en est revenu triomphalement mercredi, accueilli en héros par les partisans du parti au pouvoir, la Zanu-PF, qui en ont fait leur nouveau chef. A tout un pays sorti épuisé de l’ère Mugabe, il a promis d’entrer dans une « nouvelle démocratie » et, surtout, de relever l’économie, au bord de l’asphyxie financière.

Plus qu’une revanche, son arrivée à la tête du pays constitue un aboutissement pour ce héros de la guerre dite de « libération », aux rêves de pouvoir longtemps contrariés.

Dès l’indépendance du Zimbabwe en 1980, Robert Mugabe a mis Emmerson Mnangagwa sur orbite en lui confiant d’importants postes ministériels de premier plan, la Défense et les Finances notamment.

En 2004, il est victime une première fois de son ambition. Accusé d’intriguer pour le poste de vice-président, il est retrogradé dans la hiérarchie de la Zanu-PF. Et sa rivale Joice Mujuru remporte la course.

Il n’accède finalement qu’en 2014 à la vice-présidence, lorsque Mme Mujuru fait les frais d’une campagne de dénigrement orchestrée, déjà, par l’incontrôlable et ambitieuse Grace Mugabe.

– ‘Détruire et tuer’ –

Né le 15 septembre 1942 dans le district de Zvishavana, dans le sud-ouest d’un Zimbabwe alors britannique, le jeune Emmerson a grandi en Zambie.

Fils d’un militant anticolonialiste, il rejoint en 1966 les rangs de la guérilla indépendantiste contre le pouvoir de la minorité blanche. Arrêté, il échappe à la peine capitale et purge dix ans de prison.

M. Mnangagwa garde de ces années de lutte des liens très étroits avec les militaires du pays.

Le « Crocodile » ne verse guère de larmes et n’est connu que pour sa dureté. Il expliquera un jour que ses années de guérilla lui ont appris à « détruire et tuer ».

Alors chef de la Sécurité nationale, il dirige en 1983 la brutale répression des forces de l’ordre dans les provinces dissidentes du Matabeleland (ouest) et des Midlands (centre). Son bilan n’a jamais été confirmé, mais elle aurait fait environ 20.000 morts.

En 2008, il est chargé des élections auprès du président et supervise les fraudes et les violences qui permettent à Robert Mugabe de conserver le pouvoir malgré sa défaite au premier tour.

Son zèle lui vaudra des sanctions américaines et européennes. Mais aussi le poste stratégique de chef du Commandement des opérations de tout l’appareil sécuritaire.

Takavafira Zhou, analyste politique à l’université d’Etat de Masvingo (sud), décrit Emmerson Mnangagwa comme un « jusqu’au-boutiste par essence ».

Il serait aussi l’un des hommes les plus riches d’un régime critiqué pour sa corruption, avec des intérêts dans les mines d’or.

Un câble diplomatique américain datant de 2008, révélé par WikiLeaks, évoquait « un patrimoine extraordinaire », en partie amassé lorsqu’il a aidé le président Laurent Kabila à combattre les rebelles en République démocratique du Congo (RDC).

Après son éviction de la vice-présidence la semaine dernière, il a spectaculairement… Lire la suite sur https://www.voaafrique.com/a/emmerson-mnangagwa-le-crocodile-enfin-a-la-tete-du-ziambwe/4134883.html

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Interview – Kémi Séba : « Pourquoi CNN qui a participé à la diabolisation de Kadhafi diffuse ce documentaire maintenant ? »

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Il pourrait être la voix d’une nouvelle révolution africaine en ce début du 21e siècle. Activiste tonitruant dans la diaspora africaine pour l’autonomie des Africains, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kémi Séba, est entré avec fracas dans le débat sur le franc CFA. Expulsé du Sénégal vers la France pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs en août 2017, il vit désormais au Bénin, son pays d’origine d’où il compte poursuivre son action. Dans l’interview qu’il a récemment accordé à Africanews.com, il rappelle ses idéaux et dresse un bilan à mi-parcours de son projet.

Kémi Séba, nouveau héraut de la lutte anti-CFA ?

Héraut de la lutte anti-CFA je ne sais pas. Mais activiste politique depuis maintenant 19 ans. Activiste politique panafricaniste qui a toujours tout fait, parfois de manière provocatrice, parfois de manière radicale, mais toujours pour susciter le débat, pour éveiller les consciences, dans un premier temps dans la diaspora de manière subversive, par la suite de manière plus populaire en Afrique.

Pourquoi cette fixation sur le franc CFA alors que l’Afrique regorge encore de nombreux symboles coloniaux ?

Nous ne faisons pas de fixation sur le FCFA. Ce sont peut-être les médias qui le font. Nous avons dénoncé la présence des militaires français au Mali. Et sur les questions socio-politiques, nous nous sommes opposés aux accords de partenariat économiques (APE). Je précise aussi que Urgences panafricanistes (NDLR L’ONG dont il est le leader), avant de se lancer dans la campagne pour la souveraineté monétaire avait mené pendant un an une campagne de dénonciation de l’esclavage des Noirs en Mauritanie et on avait d’ailleurs reçu les remerciements de Biram Da Abeid qui est le leader historique de la lutte anti-esclavagiste.

Notre combat est pour la souveraineté africaine en général. Elle est militaire, politique, culturelle, et elle est aussi économique. Et c’est parce qu’elle est économique que nous nous attaquons au FCFA.

Le Bénin pourrait être pour le 21e siècle ce que le Burkina Faso a été pour l’Afrique en 1980 au 20e siècle.

Quel est l‘état actuel de votre combat, avez-vous l’impression que les choses avancent dans le bon sens ?

Je suis très satisfait parce que même si le combat est loin d‘être terminé, nous constatons que la prise de conscience de la jeunesse africaine s’est amplifiée suite au travail de terrain et médiatique que nous avons mené.

Notre travail est avant tout un travail de sensibilisation, d‘éveil de conscience. Dans le cas du franc CFA, nous savons que nous ne pouvons pas prendre de décision politique ou institutionnelle visant à sortir de cette monnaie, mais nous pouvons faire pression sur les autorités pour qu’elles prennent leurs responsabilités par rapport à cette réalité.

Il se trouve qu’avant qu’on ne se lance dans ce combat, la question du CFA était uniquement aux mains des élites, de l’intelligentsia, de l’oligarchie politique. C‘était en quelque sorte un tabou. Nous avons réussi à faire aujourd’hui de ce sujet le débat de société principal sur le continent africain. Ce n’est pas une fin en soi. Car comme on le dit, les problèmes du continent ne peuvent se résumer au franc CFA. Mais le simple fait qu’il soit abordé atteste de la capacité qu’est la nôtre de sensibiliser et d‘éveiller les consciences des Africains.

Des spécialistes des questions économiques africaines ou autres personnalités ont-ils déjà adhéré à votre projet ?

On a eu ne serait-ce que cette année la participation de quasiment tout le monde. On a le professeur Nicolas Agbohou qui est notre compagnon de route principal sur les questions économiques. On a bien sûr des spécialistes de la question. On a des sportifs de haut niveau, des artistes comme Alpha Blondy, Tiken Jah, Didier Awadi qui se sont rapprochés de nous. On a des philosophes comme Grégoire Biyogo. On a le soutien de ceux qu’on doit avoir.

Outre les manifestations qu’initie votre ONG Urgences Panafricanistes, concrètement, qu’est-ce que vous proposez ?

L’essentiel c’est que notre travail ne se limite pas qu’aux manifestations. C’est un travail de sensibilisation continu. Et dans ce sens là, l’ONG Urgences panafricanistes organise chaque semaine, dans tous les pays de la zone franc, des cours, des exposés, des formations relatives à la souveraineté, pour que cette question ne pose pas qu’au sein de l‘élite. On veut faire de cette thématique une question populaire. Et le franc pour nous n’est qu’un alibi. Parce qu’en parlant du franc CFA, ça nous permet d’ouvrir la porte à l’indépendance effective.

Il y a donc ces travaux qui sont faits dans les écoles primaires, les collèges à côté des actions sociales – la distribution de repas – qui se font dans la zone franc pour les populations les plus précarisées. C’est ça notre travail, qui ne se limite pas qu‘à des coups d‘éclat nécessaires ou de provocation comme le billet de 5 000 francs brûlé. C’est un travail qui devrait nous permettre de pénétrer le cœur et l’esprit de la jeunesse africaine et je crois que nous sommes en train de fortement réussir sur ce terrain.

Avez-vous l’impression qu’il y a un changement de mentalité des dirigeants africains, qu’ils saisissent le combat que vous menez pour que le continent retrouve sa totale indépendance ?

Je pense qu‘à part Idriss Déby qui sur ce terrain fait preuve de courage, la plupart des autres sont très gênés et ont très peur. Trop peur de la France pour pouvoir lui dire un certain nombre de vérités. Par ailleurs, d’autres présidents bénéficient de cette situation pour se faire des salaires et des pots-de-vin qui sont tellement importants qu’ils ne veulent pas quitter ce train de vie. Ce n’est pas qu’ils comprennent ou qu’ils ne comprennent pas. C’est juste qu’ils n’ont pas intérêt à comprendre. Mais nous allons les pousser à le faire. De manière très précise.

L’exemple du président Roch Marc Christian Kaboré qui disait dernièrement qu’il faut certes aller vers la monnaie unique, mais qu’il faut arrêter la rethorique, est l’illustration parfaite de ces présidents qui n’ont pas intérêt à nous comprendre. M. Kaboré est en réalité gêné par des choses précises. Il a des accords de partenariat avec la France et il ne veut pas être en difficulté avec cette dernière. Donc il est très gêné par la contestation grandissante de la jeunesse africaine qui ne veut pas juste se limiter à des aspects techniques, mais qui veut parler de la souveraineté de manière globale. Comme M. Kaboré est tout sauf quelqu’un de souverain, il veut se limiter à un aspect technique plutôt que d’engager un débat politique.

Et donc quand il dit à la jeunesse africaine d’arrêter la rhétorique, nous retournons à ce président, que ce sont les présidents africains qui doivent arrêter la rhétorique, dans toutes les réunions, tous les symposiums, c’est maintenant qu’ils doivent travailler, c’est maintenant qu’ils doivent arrêter de parler et se retrousser les manches. Parce que les seuls qui doivent opérer des changements structurels ce sont ces derniers et pas nous.

Vos activités sont beaucoup axées sur la zone franc de l’Afrique alors que vous ne cessez de parler de souveraineté globale de l’Afrique. Le reste de l’Afrique ne compte-t-il pas dans votre plan d’action ?

Vous avez tout à fait raison. Si on s’attarde sur la zone franc, c’est parce que c’est la zone avec le plus faible taux de développement humain. Nous voulons donc aboutir à quelque chose dans cette zone avant de mener le combat avec les autres. On y va par stratégie, on y va par étape parce qu‘à force de courir après plusieurs lièvres à la fois, on finit par n’attraper aucun.

Début septembre, vous vous faisiez expulser du Sénégal vers la France à la suite de l’affaire du billet de 5 000 francs CFA. Quel est le sentiment de l’enfant africain qui se fait expulser de sa terre vers un pays couramment critiqué pour sa politique envers l’Afrique ?

J’ai eu ce sentiment et je l’ai jusqu‘à aujourd’hui que l’esclavage n’est pas fini. J’ai vu à travers le président Macky Sall, le président Ouattara et autres, le continium colonial, la continuité de la trahison par des Noirs. Cela explique, justifie et rappelle dans quelle conditions les nôtres ont été déportés. Il a fallu qu’il y ait des traites chez nous pour que l’esclavage puisse se faire. Et c’est exactement ce qui se passe encore aujourd’hui.

Aujourd’hui installé au Bénin, quel accueil recevez-vous des autorités ?

Je peux dire tout ce que je veux sur le président Talon, Dieu seul sait que nous avons des désaccords, notamment sur le franc CFA. Mais je constate une chose, il y a un esprit patriotique qui est présent au sein des autorités béninoises que je n’ai jamais constaté ailleurs. La manière dont je suis reçu ici, par les officiels, les militaires, le peuple on en parle même pas, démontre une démarche patriotique qui me fait penser que le Bénin pourrait être pour le 21e siècle ce que le Burkina Faso a été pour l’Afrique en 1980 au 20e siècle.

Nous sommes dans une période propice pour cela. Je n’ai pas peur d‘être expulsé. Je le dis, et je ne vais pas m’en cacher, notre combat est très simple et je le résumerai en une phrase : tous les présidents qui prendront partie pour la Françafrique et non pour leur peuple devront voir en notre combat une manière pour eux d‘être débarqués de leurs fonctions. Dès lors que nous ne sommes pas respectés en tant que peuple souverain, le peuple a le droit de se lever pour ce qu’il estime inique et injuste. Nous serons dans une tempête africaine, un orage africain, civique, non violent qui fera que la souveraineté africaine soit une ode audible pour tous.

Une des actualités du moment, c’est l’esclavage dont sont victimes des migrants subsahariens en Libye. Quel est votre regard sur ce drame humanitaire ?

Comme tout le monde, j’ai vu le reportage. Mon premier réflexe a été de me dire pourquoi CNN, parce qu’il faut se poser des questions de fond. Pourquoi CNN qui a participé à la diabolisation hystérique de Kadhafi – alors que c‘était l’un des plus grands leaders du continent africain quels que soient les reproches qu’on puisse lui faire – et à la destruction de la Libye, joue aujourd’hui les vierges effarouchées, les pompiers, alors qu’ils ont été les premiers pyromanes. CNN ne fait jamais rien gratuitement. Ce n’est pas du complotisme que de dire ça, c’est une simple réflexion de fond politique. Quand CNN qui est le bras armé médiatique du gouvernement américain décide de le faire, c’est peut-être parce que les Etats-Unis ont un nouveau plan pour la Libye.

Comme je l’ai dit plus haut, depuis quelques années notre ONG Urgences panafricanistes dénonce et lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Pour nous donc, toute cette histoire d’esclavage est quelque chose qui malheureusement n’est pas nouveau.

Mais le contexte socio-politique en Libye est particulier. C’est l’addition de plusieurs facteurs, en l’occurrence l’extrême mal gouvernance des dirigeants africains qui poussent la jeunesse africaine à migrer parce qu’elle a l’impression que là où elle c’est un paradis pour les multinationales et pas pour elle ; et aussi d’une campagne d’aveuglement des puissances occidentales qui après avoir détruit la Libye, ne sont même pas capables… Lire la suite sur http://fr.africanews.com/2017/11/23/interview-kemi-seba-pourquoi-cnn-qui-a-participe-a-la-diabolisation-de-kadhafi/

Tchad : cité dans une affaire de corruption aux Etats-Unis, le président Déby nie tout en bloc

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Le gouvernement tchadien a apporté un démenti formel aux accusations du Secrétaire d’Etat-adjoint à la justice qui a cité le président Idriss Déby comme bénéficiaire d’un pot-de-vin versé par une entreprise chinoise dans le cadre de l’attribution d’un marché. C’est dans le cadre de l’instruction de ces affaires que l’ex-chef de la diplomatie sénégalaise Cheick Tidiane Gadjo a été interpellé puis inculpé par la justice américaine. Pour les autorités tchadiennes, il ne s’agit-là que de la poursuite d’un acharnement contre le président et son pays.

Cette nouvelle affaire va certainement crisper davantage les relations entre le Tchad et les Etats-Unis.  Cité par un membre du gouvernement américain comme bénéficiaire d’un pot-de-vin de 2 millions de dollars, dans le cadre de l’attribution d’un marché à une entreprise chinoise, le président tchadien a réfuté tout en bloc. L’affaire est prise au sérieux au plus haut niveau de l’Etat, puisque c’est le gouvernement tchadien, à travers son porte-parole Madeleine Alingué, qui a tenu à démentir les accusations de corruption internationale et de blanchiment d’argent, évoqués lundi dernier par le Secrétaire d’Etat américain à la justice, Kenneth Blanco.

«Face à cette énième allégation mensongère, le gouvernement de la République du Tchad tient à apporter un démenti formel à cette honteuse affabulation», se sont indignées les autorités tchadiennes dans un communiqué publié ce mardi 21 novembre par la ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Pour le régime de N’Djamena, il ne s’agirait là que d’un acharnement de la part de ceux qui veulent ternir l’image du président Idriss Déby et du pays. C’est pourquoi le Tchad a tenu à réaffirmer «sa totale souveraineté et reste serein dans la poursuite de son combat pour le développement et le bien-être de son peuple».

Soupçons de corruption internationale

C’est lundi dernier que l’affaire a éclaté au grand jour, à la suite de l’annonce faite par le bureau du Secrétaire adjoint américain à la justice, de l’inculpation de l’ex-chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidiane Gadio, dans le cadre de l’instruction d’un dossier relatif à une affaire de corruption internationale et de blanchiment d’argent.

Le président tchadien ainsi que son homologue ougandais Yuweri Museveni, de même que le ministre des Affaires étrangères ougandais ont été cités par le responsable américain, qui n’a toutefois pas cité de nom, comme les bénéficiaires de pot-de-vin versés par des entreprises chinoises pour l’attribution de certains marchés sans appel d’offres.

L’ancien ministre des Affaires étrangères d’Abdoulaye Wade (2002-2009), ainsi que Chi Ping Patrick Ho, responsable d’une ONG basée à Hong-Kong et en Virginie (est des Etats-Unis), ont été interpellés respectivement vendredi et samedi derniers par la justice américaine. Présentés le 18 novembre devant un juge, celui-ci les a aussitôt inculpés pour soupçons de corruption, sur une longue période, de hauts responsables du Tchad et de l’Ouganda dans le but d’obtenir des avantages au profit d’une entreprise pétrolière chinoise.

«Des responsables au plus haut niveau des gouvernements des deux pays sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin», a déclaré Kenneth Blanco, qui a fait cas de versement de pots-de-vin s’élevant à plusieurs millions de dollars. «Leurs pots-de-vin et leurs actes de corruption portent tort à notre économie et minent la confiance dans un marché libre», a indiqué le responsable américain qui a évoqué le transit par le système financier américain d’au moins un million de dollars par l’intermédiaire de comptes bancaires domiciliés à New-York.

Selon la justice américaine, en échange d’un pot-de-vin de deux millions de dollars, le président tchadien aurait accordé des droits pétroliers sans passer par la procédure réglementaire des appels d’offres internationaux. L’ancien ministre sénégalais converti dans le consulting aurait joué dans cette affaire un rôle central où il aurait perçu 400 000 dollars, virés en deux fois sur un compte à Dubaï, pour services rendus, selon la presse américaine.

Double démenti chinois

De son côté, Chi Ping Patrick Ho aurait distribué des cadeaux en nature et d’autres  avantages à des responsables… Lire la suite sur http://afrique.latribune.fr/economie/2017-11-22/tchad-cite-dans-une-affaire-de-corruption-aux-etats-unis-le-president-deby-nie-tout-en-bloc-758923.html

Côte d’Ivoire: une ‘’nouvelle génération’’ de taxi en circulation à Abidjan dès lundi (Gouvernement)

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Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi, à l’issue d’un conseil de ministres présidé par le chef de l’Etat Alassane Ouattara la mise en circulation à partir de lundi à Abidjan, d’une ‘’nouvelle génération’’ de taxi d’une ‘’sécurisation plus forte’’.

‘’Ce sont des taxis neufs, plus modernes qui affichent un certain nombre d’avantages sur la génération précédente », a expliqué le ministre de la communication, de l’économie numérique et de la poste, Bruno Nabagné Koné, par ailleurs porte-parole du gouvernement.

Au nombre de ces avantages, a fait savoir M. Koné, il s’agit notamment d’une ‘’sécurisation plus forte qui est visible par les passagers, d’une formation plus étendue et plus complète des chauffeurs, des chauffeurs mieux formés et disciplinés’’.

Poursuivant, le porte-parole du gouvernement ivoirien a précisé que ‘’ce sont des taxis qui vont permettre des paiements électroniques, donc réduire la circulation du cash’’. Justifiant la mise en circulation de ces taxis dits de ‘’nouvelle génération’’, M. Koné a soutenu… Lire la suite sur https://news.abidjan.net/h/626371.html

Le Rwanda prêt à accueillir 30.000 migrants africains

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Kigali répond ainsi à une demande pressante de l’Union Africaine suite à l’affaire des marchés d’esclaves en Libye.

« Etant donné la philosophie politique du Rwanda et notre propre histoire, nous ne pouvons pas rester silencieux quand des êtres humains sont maltraités et vendus aux enchères comme du bétail », a indiqué la ministre des affaires étrangères du Rwanda.

Louise Mushikiwabo répondait ainsi à l’appel du président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, qui avait sollicité l’aide des pays du continent face à cette crise.

Le Rwanda devient ainsi le premier pays à répondre à cet appel en proposant d’accueillir 30.000 migrants africains en provenance de Libye.

C’est la diffusion d’un reportage, le 14 novembre, sur la chaîne américaine CNN montrant un « marché aux esclaves » en Libye qui a suscité l’indignation dans le monde.

Par BBC Afrique | 23-11-2017

Un parti politique ivoirien appelle à manifester contre les ventes aux enchères de migrants en Libye

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Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), un parti politique d’opposition ivoirien, appelle à manifester le 29 novembre lors du sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) à Abidjan, pour protester contre les ventes aux enchères de migrants africains comme esclaves en Libye.

« Le COJEP lance un appel à toutes les centrales syndicales, les partis politiques, les organisations de défense des droits de l’Homme, à toutes les couches sociales et aux étudiants à manifester le 29 novembre, afin d’interpeller les chefs d’Etat africains, notamment, et l’Union européenne sur la traite des migrants en Libye », a déclaré mardi à Abidjan Hyacinthe Nogbou, secrétaire général du COJEP, formation politique créée par Charles Blé Goudé, ancien chef des Jeunes patriotes, farouches partisans du président déchu Laurent Gbagbo.

Une vague d’indignation a gagné des dirigeants africains, l’ONU, des artistes, des sportifs et des leaders d’opinion après la diffusion, le 15 novembre, d’un documentaire de CNN montrant une vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye.

D’après ce reportage, non loin de Tripoli, capitale libyenne, des migrants africains en route pour l’Europe sont vendus aux enchères comme esclaves par des passeurs, pour des sommes allant de 500 à 700 dinars libyens (environ 435 euros, à peine 300.000 francs CFA).

Pour Hyacinthe Nogbou, « ce qui se passe en Libye n’est pas du genre à maintenir le COJEP, en tant que parti panafricain, dans un mutisme ».

« Trop c’est trop, plus rien ne doit être comme avant, nous allons le signifier aux dirigeants qui feront le déplacement d’Abidjan », a martelé Hyacinthe Nogbou, lors d’une conférence de presse.

« Au terme de la manifestation, une motion de protestation sera déposée au siège de l’UE à Abidjan », a-t-il conclu, appelant à une « forte mobilisation pour dire non à ce qui se passe en Libye ».

Environ 5.000 participants, dont 83 chefs d’Etat et de gouvernement représentant 55 pays d’Afrique et 28 pays d’Europe, des membres de la Commission de l’UA, du Conseil européen, de la Commission européenne, des délégations de pays amis, des organisations internationales, régionales et sous-régionales sont attendus à Abidjan pour le 5e sommet UA-UE se concentrant cette année sur le thème « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ».

Samedi, le gouvernement ivoirien s’est engagé à mettre « en bonne place » la question de la traite des migrants dans l’ordre du jour du sommet UA-UE, après avoir interpellé la communauté internationale non sans insister sur « l’impérieuse nécessité » de demander une « enquête » sur le sujet.

L’Etat ivoirien a entamé lundi le rapatriement de ses compatriotes migrants « en détresse » en Libye.

Un premier contingent de 155 personnes comprenant 89 femmes et des enfants a débarqué à Abidjan en attendant un autre contingent de 260 personnes mercredi.

Au total, 595 Ivoiriens sont concernés par cette opération de rapatriement.

La Côte d’Ivoire s’est dotée récemment d’un plan d’assistance pour le retour volontaire et la réintégration des migrants ivoiriens dont le nombre ne cesse de croître.

En outre, le pays a été déclaré éligible, en février dernier, au fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’UE, un fonds destiné à prévenir la migration irrégulière et à faciliter le retour des migrants.

Le fonds, d’un montant de 1,88 milliard d’euros lancé en 2015, vise à lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des déplacés en Afrique.

Depuis 2015, le gouvernement a procédé au rapatriement de 351 migrants « en situation d’extrême précarité retenus en Libye ».

En 2016, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé à près de 5.000 le nombre d’Ivoiriens enregistrés à Lampedusa (Italie) de janvier à juin 2016, soit 7% de la totalité des migrants, faisant passer la Côte d’Ivoire de la « 10e à la 4e place » des pays d’où sont originaires les migrants.

Par Xinhua | 22-11-2017

Silence plat après l’attaque au Nigeria qui a fait 50 morts

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Mardi 21 novembre 2017, le Nigeria a de nouveau été frappé par une sanglante attaque djihadiste. Perpétré dans le nord-est du pays, dans l’Etat de l’Adamawa par le groupe extrémiste radical Boko Haram, l’attentat-suicide a fait au moins cinquante morts.

Un sombre bilan qui en rajoute aux exactions subies quasi-quotidiennement par les populations du nord-est nigérian, devenu le foyer de l’insurrection de Boko Haram qui a pris forme en 2009.

Pourtant, après cette énième attaque, un silence pesant a encore régné sur le continent et au-delà. On est resté bien loin des condamnations tapageuses après les attaques djihadistes de Paris, de Berlin, de Bruxelles ou encore de Las Vegas. Depuis l’attaque de mardi, seuls les Etats-Unis ont condamné fermement l’acte “terroriste”.

Dans un communiqué, le Département d’Etat américain a indiqué que “les victimes ont été ciblées et tuées dans un lieu de culte prouvant encore une fois la brutalité des terroristes dont le seul but est de menacer la paix et la sécurité des Nigérians”.

Du côté de l’Union africaine (UA), silence radio. Même discrétion de la part de la Communauté économique des Etats de l’Afrique l’Ouest (Cédéao) dont est membre le Nigeria.

Difficile de comprendre le mutisme de l’Afrique qui pourrait laisser croire à Boko Haram qu’il agit en toute impunité. Cela est d’autant plus étonnant que les dirigeants africains se disent résolument engagée dans la lutte contre l’extrémisme radical. Lundi 13 novembre, des chefs Etats africains réunis à Dakar, la capitale sénégalaise, à l’occasion d’un forum sur la paix et la sécurité, avaient insisté sur la solidarité dans la lutte contre le “terrorisme”.

“La réponse militaire doit être solidaire et globale pour ne laisser aucun sanctuaire aux groupes terroristes”, déclarait alors le président sénégalais Macky Sall, en présence de ses homologues rwandais Paul Kagame et malien Ibrahim Boubacar Keïta, ainsi que de la ministre française des Armées.

L’armée nigériane aidée de ses alliés de la Force multinationale mixte – composée de soldats du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria – a accompli de grands progrès, en chassant notamment les djihadistes de Boko Haram de leur repère, dans la forêt de Sambisa.

Mais la tâche reste ardue. Le groupe radical qui semblait étouffé par l’offensive de la Force a relancé ses activités grâce à… Lire la suite sur http://fr.africanews.com/2017/11/22/silence-plat-apres-l-attaque-au-nigeria-qui-a-fait-50-morts/