Côte d’Ivoire / Alpha Blondy: « Les politiciens ivoiriens doivent se dire qu’on a deux des nôtres qui sont en déportation à la Haye »

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La méga star ivoirienne du reggae, Seydou Koné alias Alpha Blondy, réputé pour toujours appeler les choses par leurs noms, appelle à une « une amnistie générale » et réitère sa demande de libération de tous les prisonniers politiques arrêtés ou condamnés après la crise post-électorale de 2010-2011 due au refus de Laurent Gbagbo de reconnaitre la victoire de son rival Alassane Dramane Ouattara ; et ce lors d’une interview qu’il a accordée mercredi 14 juin à l’AFP.

Jagger estime que « la réconciliation en Côte d’Ivoire ne peut se faire qu’à travers une amnistie générale qui serait un acte politique courageux ».

Et il le faut, cette amnistie, car « actuellement il y a comme un traumatisme qui sévit parmi tous les Ivoiriens, même chez les politiques. Ce traumatisme c’est la peur de la guerre qu’ils ont déjà vécue. Aujourd’hui c’est cette peur qui fait qu’on a du mal à poser un acte politique courageux ».

« Libérez Simone Gbagbo! », demande Alpha Blondy impérativement que  l’ex-First Lady condamnée à 20 ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’Etat, recouvre sa liberté « et tous les autres prisonniers politiques ».

Le reggaeman aux propos à nombreux égards impertinents pense aussi que « les politiciens ivoiriens se sont amusés à se faire peur. Ils ont agrandi le fossé entre les uns et les autres ». Il les invite « à se débarrasser de leur étiquette et trouver ensemble une solution comme la libération et l’amnistie de tous les prisonniers ».

Ces politiciens devraient « encourager M. Ouattara qui lui aussi est parmi les traumatisés afin que la Côte d’Ivoire retire sa plainte contre MM. Gbagbo et Blé Goudé. Car à la CPI (la Cour pénale internationale) c’est le procès de la Côte d’Ivoire, de la famille politique ivoirienne qui va mal et non celui de Gbagbo et Goudé » a-t-il souligné.

Et de poursuivre, estimant qu’ »ils ne doivent pas être fiers d’eux-mêmes » : « Les politiciens ivoiriens doivent se dire qu’on a deux des nôtres qui sont en déportation à la Haye. C’est honteux! Cela prouve la médiocrité des politiciens ivoiriens ».

Le point d’orgue de cette interview qualifie de « querelles idiotes », l’antagonisme entre le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion, et le ministre de l’Intérieur Ahmed Bakayoko, tout deux proches du président ivoirien et qui nourrissent selon les médias des ambitions présidentielles.

« C’est indécent de se livrer à des querelles de succession quand celui à qui on veut succéder est vivant », a déploré Alpha Blondy.

« Ça suffit vos querelles d’étudiants, vous êtes appelés à gérer ce pays, et ce n’est pas en vous comportant en irresponsables que vous allez y arriver! On ne confie pas un boeuf à celui qui n’a pas pu sauver un oeuf. Il y a 25 millions d’âmes qui dépendent de vos querelles idiotes » a martelé l’artiste qui a notamment été « messager de la paix » de l’ONU dans son pays en 2005.

Ce n’est ni la première ni la deuxième fois que la méga star ivoirienne du reggae intervient sur ce sujet épineux qu’est la libération des prisonniers politiques.

Mi-avril 2016, Alpha Blondy s’était adressé dans une vidéo enregistrée dans l’un des studios de sa radio Alpha Blondy Fm, au Président Ouattara lui demandant de libérer tous les prisonniers politiques et de « peser de tout son poids » pour que Gbagbo et Blé Goudé échappent à une condamnation de la CPI.

Il était affecté d’après lui-même par la mort qui s’était abattue sur la famille politique ivoirienne en lui enlevant le 11 avril 2016 l’un des illustres de la presse ivoirienne, le conseiller en communication de Laurent Koudou Gbagbo, Mamadou Ben Soumahoro dit Waraba qui s’était exilé à Accra capitale du Ghana après le 11 avril 2011.

M. Ouattara avait reçu le message et promis une rencontre avec celui qui l’appelle « Grand frère » après la tournée internationale de ce dernier.

Mais les choses se sont précipitées. À l’occasion de la cérémonie de réception du rapport de la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (Conariv), le mardi 19 avril 2016, la réponse de Ouattara aux doléances de notre méga star n’était plus une bombe à retardement.

Ouattara à l’instar de tout le monde, était ému par la mort de Ben Soumahoro qui fut un moment son collaborateur, et bien que Ouattara fût ouvert au pardon, Ouattara ne devrait pas être au-dessus de la loi.

« Bien sûr le pardon est dans notre culture africaine. Mais si nous voulons être un pays moderne il faut allier le pardon à l’Etat de droit. L’Etat de droit veut dire que les procès qui doivent avoir lieu doivent se tenir dans de plus brefs délais. Maintenant les décisions qui doivent suivre doivent tenir compte de ce que la justice ou les juges auront constaté », s’était justifié Ouattara.

Kouroukanfouganews

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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