Côte d’Ivoire: le porte-parole des ex-combattants démobilisés, arrêté par des policiers à Bouaké

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Chez les démobilisés un malheur ne vient jamais seul, et la frayeur fera désormais de leur quotidien. Le gouvernement ivoirien, insensible à la mort de quatre de leurs frères d’armes, semble déterminé à les réduire au silence par la voie draconienne. Des policiers ont appréhendé aujourd’hui vendredi leur porte-parole Diomandé Mégnê à Bouaké où ils ont leur QG, a annoncé un des responsables du groupe à l’AFP.

« Nous étions au CHU (Centre hospitalier et universitaire) pour avoir des nouvelles des blessés et ils (les policiers) sont venus prendre Diomandé Mégnê. On ne sait pas s’il sera relâché ou pas », a expliqué, l’ex-combattant Aboudou Diakité.

« Les policiers sont arrivés à bord de deux pick-up. Ils étaient au moins douze », a expliqué un autre ex-combattant, Souleymane Diakité, avant de dire que « Nous sommes vraiment inquiets et ne savons plus comment tout ça va finir ».

Les démobilisés, dont le nombre est estimé à plus de 6 000 à travers le pays, sont les ex-combattants de la « cellule 39 », ceux de la première heure, qui réclament chacun 18 millions de francs CFA de primes (27.000 euros), alors que les 8.400 mutins ont obtenu chacun 12 millions (18.000 euros) après avoir mené deux soulèvements en janvier et mai.

Lors de la dernière mutinerie un démobilisé avait été tué à Bouaké par des ex-rebelles du contingent Ecomog qui estimaient que les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes de 12 millions.

C’est dans les funérailles de ce dernier que la ministre de la Femme, de la Protection de l’enfant et de la Solidarité, Mariatou Koné, a été bloquée par les démobilisés à la morgue de Bouaké (centre) pendant une dizaine de minutes.

Le défunt devait être enterré lundi et les démobilisés avaient appelé à une journée d’action pour ses funérailles, qui s’est transformée en des échauffourées avec les forces de l’ordre, où ils ont perdu trois de leurs frères d’armes dans des circonstances qui restent encore floues.

L’arrestation de Diomandé Mégnê ne s’interprétera pas comme un coup dans le dos réussi pour les autorités, mais un coup de théâtre pour plus d’un citoyen ivoirien. Car pas plus que deux jours, ce dernier avait appelé ses camarades dans plusieurs villes du pays pour empêcher qu’ils ne se soulèvent.

D’après RFI, Diomandé Mégnê attendait avant tout un peu de considération de la part du gouvernement et un coup de fil pour discuter.

« On va négocier. On va parler. Ils vont nous donner ce qu’ils peuvent nous donner et on va les prendre. C’est la manière de nous parler maintenant qui peut nous intéresser. Puis on va accepter. Je demande à tous les ex-combattants de rester tranquilles, de rentrer chez eux à la maison. Nous allons trouver une solution dans la négociation. Nous n’avons pas d’armes. Nos armes, ce sont nos bouches, et les pieds pour marcher », dixit Diomandé Mégnê.

Kouroukanfouganews

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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