Côte d’Ivoire: les mutins contrôlent toujours Bouaké, Wattao, Chérif et Zakaria se seraient repliés

image

Bouaké, centre de Côte d’Ivoire, devenu du coup l’épicentre des mouvements d’humeur des militaires, serait toujours à la merci des mutins, malgré l’intimidation d’un détachement des forces spéciales sous le commandement des colonels Chérif Ousmane, Issiaka Ouattara et Koné Zakaria, qui avaient pris position à l’entrée de la ville.

Les mutins sont les maîtres des lieux. Après de longues négociations avec leurs anciens frères d’armes sus-cités, accomplissant la mission des bureaucrates, ils ont réouvert des corridors de Bouaké, ce qui a permis le retrait des Forces spéciales, mais ils contrôlent totalement la ville, selon le correspondant de VOA.

Ces soldats mutins se sont montrés ce dimanche très déterminés et jusqu’au-boutistes. Des habitants de Bouaké, très remontés contre eux, qui s’étaient réunis samedi et avaient décidé de manifester ce dimanche pour démontrer leur solidarité à l’endroit du gouvernement, ont mordu sévèrement la poussière.

Une vingtaine de personnes ont été blessées, dont six par balle, dans cette seule journée dominicale. Une femme et cinq hommes ont été atteints par des tirs et étaient soignés au CHU de Bouaké. Certaines de ces personnes ont été rossées de coups et violentées à coups de matraque et de crosse de fusil.

Or les mutins avaient tiré sporadiquement toute la nuit et le matin, une manière d’empêcher la population de sortir de chez elle. Ils patrouillaient dans les quartiers, passant parfois à tabac des habitants, selon des témoins.

Une habitant de Bouaké confirme que des mutins ont procédé à des « tirs à balles réelles sur la populations ». « J’ai moi-même dû aller faire un tour à l’hôpital », confie-t-elle.

Et, pour plus de détails, de renchérir : « Ils nous ont dispersé avec les gaz lacrymogènes avant de tirer sur la foule. Nous nous sommes dispersés et certains ont été molestés ».

Ces mouvements d’humeur sont en passe de devenir un cancer pour le gouvernement ivoirien. Pour la première fois ils s’invitent à la frontière. A Ouangolodougou, dernière ville ivoirienne, récemment secouée par la jeunesse de la ville, faisant frontière avec le Burkina Faso, les mutins ont dressé des barrages empêchant toute circulation.

« Les mutins ont dressé des barrages empêchant toute circulation à la frontière entre les deux pays. Il tiennent toujours les corridors. Plusieurs cars sont en attentes, je ne peux pas vous dire combien exactement », a expliqué une source militaire, pas à Kouroukanfouganews, mais au correspondant de VOA.

Tous ces bras de fer entre le gouvernement et ces soldats mutins, remontent à la journée de vendredi qui marquera à jamais le mémorandum de l’administration Ouattara.

Refusant d’entendre que les autorités jouissent d’un événement au cours duquel un groupe de soldats ont au nom de leur mouvement « présenté leurs excuses » pour avoir ébranlé le pays et annoncé « renoncer à toute revendication d’ordre financier », des mutins ont tiré en l’air sur les axes autour du camp militaire Gallieni, au centre d’Abidjan et dans plusieurs villes du pays, dont Bouaké qui livre toujours le baptême du feu.

Histoire de dire qu’ils se désolidarisent de l’initiative prise par ce groupe de militaires qui sont certainement sortis avec quelques rogatons du Palais.

Au cours de cette cérémonie diffusée par la télévision nationale, le Chef d’État Ouattara avait maintes fois dit qu’il avait été « meurtri par les événements » et évoqué ensuite que « la stabilité de la Côte d’Ivoire a été mise à mal » et que les événements avaient « effrayé les Ivoiriens, ceux qui veulent investir et visiter le pays ».

Mais toutefois le président Ouattara avait promis, malgré ces difficultés budgétaires, « l’amélioration des conditions de vie et de travail » des militaires, avant de conclure : « Je veux que nous puissions bâtir une armée républicaine. Je suis sûr que vous serez des militaires exemplaires (…) que votre loyauté à l’égard de la Nation ne fera plus jamais défaut ».

Le chef d’état-major général, le général de division Touré Sékou, nommé début janvier 2017 à la tête des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), avait menacé de « sanctions sévères » les soudards mutins qui ont tiré en l’air et paralysé partiellement certaines villes du pays le vendredi.

« Tout militaire se livrant à des actes répréhensibles s’expose à des sanctions disciplinaires sévères telles que prévues par le règlement », avait déclaré vendredi soir le général Touré Sékou dans une allocution sur le plateau de la télévision publique nationale (RTI1) au Journal télévisé de 20 heures.

Mais les mutins semblent catégoriques à tout jamais et jusqu’au diable Vauvert. Il faut du pognon, et quitus. Ils ne cessent de réclamer les reliquats des primes promises par le gouvernement après les mutineries qui ont ébranlé le pays début janvier. Des 12 millions de francs CFA (18 000 euros) réclamés, 5 millions (7 500 euros) leur avaient été versés cash dès janvier. Les 7 millions restants devraient être en principe réglés par tranches à partir de ce mois de mai.

Kouroukanfouganews

Publicités

Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s