Côte d’Ivoire : l’opposant ivoiro-libanais Sam l’Africain condamné à 6 mois de prison ferme avec 500.000 FCFA d’amende

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Le controversé politicien ivoiro-libanais, Sam l’Africain, de son vrai nom Sam Jichi Mohamed, président de la Nouvelle Alliance de Côte d’Ivoire pour la Patrie (NACIP), mis aux arrêts le vendredi 17 mars, pour les infractions de « xénophobie et de tribalisme », a été condamné ce vendredi par le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau à six mois de prison ferme avec 500.000 FCFA d’amende.

Le procureur de la République, Richard Adou Christophe, avait requis 12 mois d’emprisonnement ferme et 5 millions FCFA d’amende à l’encontre du prévenu, mais le tribunal à été plus clément en lui trouvant des « circonstances atténuantes » et a ré-qualifié les charges aux faits « d’injures contre les ressortissants d’un groupe ethnique », nous rapporte l’APA.

Sam l’Africain avait essayé de se défendre : « Je n’ai pas fait ce discours pour inciter à la haine. Ce n’était pas mon intention. Je m’excuse si j’ai choqué par mes propos. J’ai toujours prôné la réconciliation nationale lors de mes meetings ».

Mais le président du tribunal lui a posé ces questions : « En citant tous ces présidents d’institutions comme étant originaires du Nord, sur quoi vous vous basez ? Leurs patronymes ? N’ont-ils pas compétences à exercer ces fonctions selon vous ? C’est du népotisme et du tribalisme ? Pourquoi n’avez vous pas parlé des autres régions du pays ? ».

M. Sam Jichi Mohamed alias Sam l’Africain, ou le Libanais de Gbagbo, ne pouvait qu’arguer en face du président que lui-même se « considère comme un fils du Nord. Car, c’est de là que vient ma femme. », et que « Les gens ont mal interprété mes propos .»

L’équipe de défense du condamné devrait jouer sur la politique pour essayer d’arracher au président du tribunal l’élargissement de leur client. « Pour la défense, M. Jichi, n’est pas Justiciable des faits qui lui sont reprochés. C’est un leader politique et il a tenu un discours politique. Si vous le condamnez M. le président, ce serait une condamnation politique. C’est pourquoi, vous ne devez pas aller dans le sens du parquet» a argumenté la défense par la voix de Me Bobré

Et Me Abié Modeste d’annoncer après le verdict : « C’est un maquillage. Dès lors qu’on bénéficie de circonstances atténuantes, on devait lui accorder le sursis. La condamnation est très lourde pour des faits de ce genre. Nous allons interjeter appel .»

L’ancien coadjuteur de Charles Blé Goudé dans la Galaxie patriotique, un mouvement de la jeunesse FPI xénophobe, avait, lors d’un meeting tenu le 11 mars à Yopougon (une des communes de la capitale économique Abidjan), comparé son origine libanaise à celle falsifiée par les détracteurs du président Ouattara, burkinabè, genèse d’une philosophie ivoiritaire suicidaire. « Si je suis Libanais, c’est que Ouattara est Burkinabé… », avait- il dit en guise de réponse à ceux qui le traitent d’un simple Libanais.

Et l’homme qui a soufflé le chaud et le froid à la CPI lors de son témoignage dans le procès Gbagbo-Blé Goudé, a renchéri en comparant aussi sa femme à la First Lady ivoirienne, Dominique Ouattara. Il était fier d’avoir une femme d’origine ivoirienne, qui plus est nordiste, qui pourrait jouer le pompier si la Côte d’Ivoire venait de prendre feu, contrairement à Dominique Ouattara, née en Constantine, en Algérie, d’un père catholique et d’une mère juive, et qui a la nationalité française.

Et Sam l’Africain, qui était rentré dans le parquet avec un bandeau sur la bouche, mais sommé de l’enlever, n’avait eu aucune retenue de ne pas accuser l’administration Ouattara, lors ce meeting, de népotisme et de tribalisme.

« Tu es président, tu es du Nord. Ton premier ministre est du Nord. Le président de l’assemblée nationale est du Nord, le président du conseil constitutionnel est du Nord, le président de la Commission électorale indépendante est du Nord… Si tu ne t’appelles pas Ouattara ou Soro, tu ne peux pas te rendre à la présidence. Vous autres là, vous n’êtes pas allé à l’école aussi ?… », avait-il dit pour être interpelé le 17 mars et auditionné par la brigade de recherche de la gendarmerie nationale, avant d’être conduit au parquet d’Abidjan Plateau et à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (la MACA).

Kouroukanfouganews

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Musique : Ronaldinho sort un single

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La légende brésilienne du football Ronaldinho devient la plus récente star sportive qui intègre le milieu musical.

L’ancien attaquant brésilien a récemment sorti le single Sozinho (qui signifie « seul », en Portugais).

Le footballeur de 37 ans n’a pas joué de match professionnel depuis 2015 et n’a pas encore pris sa retraite officielle.

Il rebondit avec cette nouvelle création musicale qui relate peut-être le style de jeu unique du joueur.

Cette production de l’ancienne vedette de Barcelone, du PSG et de l’AC Milan est très bien.

Toutefois, elle n’est pas la première d’un professionnel du ballon rond.

Avant lui, Andy Cole, Glenn Hoddle et Chris Waddle, Paul Gascoigne et Kevin Keegan avaient tous tenté une carrière musicale.

De même que Slaven Bilic, ancien manager de West Ham, qui s’est transformé en guitariste dans son pays natal en Croatie.

Par BBC Afrique | 31-03-2017

CPI/Me Altit : « Vous dites que vous avez vu des colonnes d’ex-rebelles équipées d’armes lourdes à Abidjan ? »

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Depuis lundi, Georges Guiai Bi Poin est à la barre du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, l’ex-président ivoirien et son ministre étant accusés de crimes contre l’humanité. L’interrogatoire de l’accusation s’est refermé ce matin, et la défense a pris le relais.

« Laurent Gbagbo a-t-il donné des ordres pour que des investigations soient menées concernant les victimes civiles pendant la crise ? » Ce fut la dernière question de la représentante du procureur, Melissa Pack, ce matin à l’adresse de l’ancien chef du CECOS, Georges Guiai Bi Poin. « Non », a-t-il répondu. Après un peu plus de trois jours d’audience, l’accusation a bouclé ainsi les questions qu’elle voulait poser à son témoin.

Ce fut ensuite au tour de la défense d’intervenir. Il y eut un silence, une inspiration, et Emmanuel Altit a pris la parole. « Bonjour monsieur le témoin, je suis l’avocat principal de Laurent Gbagbo ». Ses questions se sont concentrées sur le Commando invisible, et sur les « ex-rebelles FAFN », dont le QG était situé « à Bouaké ». Invité à préciser si des incidents avaient eu lieu dans le pays lors du deuxième tour des élections en 2010, le témoin a indiqué que « des violences avaient été commises à Korhogo sur des représentants du candidat Laurent Gbagbo qui ont parfois été empêchés de voter ». Et d’ajouter : « en dehors de Korhogo qui était un cas emblématique, il y a eu d’autres échauffourées où des pro-Gbagbo ont empêché des pro-Ouattara de voter ».

« Je ne suis jamais allé à l’Hôtel du Golf »

Georges Guiai Bi Poin a estimé que le début des tensions et des attaques contre les forces de l’ordre ont commencé « dès les premiers résultats de l’élection. Ensuite il n’y a plus eu de répit ». Des crispations qu’il situe « et à la Présidence, et au Golf ». Revenant sur la mort de trois agents des forces de l’ordre brulés vifs dans un immeuble à PK18, il a précisé : « des affrontements ont aussi causé la mort de civils ». Des attaques imputées « au Commando invisible dont le leader revendiqué était IB (1) ».

« Le Commando invisible avait-il des armes lourdes ? » a demandé Emmanuel Altit. « Oui, on voyait des canons et des mortiers circuler dans la ville. Ce n’était pas pour équiper les forces armées mais la rébellion ou le Commando invisible », a mentionné le témoin. « Vous dites donc que vous avez vu de vos yeux des colonnes d’ex-rebelles devenus FAFN puis FRCI, à Abidjan, équipées d’armes lourdes ? » reformule et met en exergue l’avocat de Laurent Gbagbo. « Oui » soutient Bi Poin. « Ce matériel était-il neuf ? » veut savoir la défense. « Je ne pourrais l’affirmer ». « Vous avez dit que les forces gouvernementales étaient sous embargo, alors comment ces forces rebelles ont-elles pu obtenir ce matériel ? ». « Peut-être qu’il avait été acquis avant l’embargo, je ne sais pas. Cela signifie en tout cas qu’ils n’étaient pas à court de munitions pendant que nous, armée officielle, on tirait la langue ».

Questionné comme ses homologues de la police et de la gendarmerie sur les forces en présence à l’Hôtel du golf, le général divisionnaire s’est montré peu informé sur le sujet et a glissé au passage : « je n’y suis jamais allé ». « Y avait-il un poste d’observation de la gendarmerie à proximité de l’Hôtel du Golf ? » s’est renseigné Me Altit. « Oui et le directeur de la police nous a rapporté qu’il avait été attaqué par des militaires du Golf qui ont arraché leurs armes et pris en otage un ou deux gendarmes ».

« On ne va pas sans cesse réécrire l’histoire »

Revenant sur la marche du 16 décembre 2010, Emmanuel Altit demande confirmation : « Vous avez dit que le directeur de la police était chargé des opérations de maintien de l’ordre. Etait-ce habituel en pareil cas ? ». « Oui, c’était la règle absolue ». « Vous dites aussi que les unités du CECOS sont alors placées sous l’autorité directe des gradés de la police ? » « Oui, et vous n’avez alors plus aucune instruction opérationnelle à leur donner, vous ne savez même pas forcément où elles sont déployés ».  

Revenant en fin de journée à la création du CECOS en 2005, le témoin indiquera qu’il a conçu lui-même « le projet de structure » de ce centre de commandement et fait le choix de ses hommes. Un CECOS qui avait pour priorité « les braquages de domiciles et de véhicules ainsi que les attaques à main armée ». La structure aurait répondu à un manque : « Il n’y avait pas d’unité pour nous alerter en temps réel des attaques qui étaient la hantise du chef d’état-major et des FDS ».

Le fait qu’Emmanuel Altit, dans le cadre de son interrogatoire, soit une nouvelle fois revenu aux années 2000 et aux débuts de la rébellion en Côte d’Ivoire, a fait débat dans le prétoire. Si l’accusation estime qu’il ne faut pas s’attarder sur les événements précédant l’intervalle temporel correspondant aux charges du procureur (2010-2011), la défense estime au contraire que c’est dans ces années que se trouvent les fondamentaux de la crise postélectorale. « Ce sont les mêmes protagonistes, les mêmes causes, les mêmes effets » défend Emmanuel Altit. Le juge Tarfusser a tranché : « Oui, il y a une logique à faire cela, mais on ne va pas sans cesse réécrire l’histoire. Vous avez une marge de manœuvre que vous avez épuisée, il faut revenir au cœur du procès ».

(1) Ibrahim Coulibaly, alias IB, avait été tué le 27 avril 2011 lors d’affrontements avec les FRCI (forces républicaines de Côte d’Ivoire). 

Par Anne Leray

Ivoire Justice

Source: https://ivoirejustice.net/article/me-altit-vous-dites-que-vous-avez-vu-des-colonnes-dex-rebelles-equipees-darmes-lourdes

Le président du Parlement européen tire à boulet rouge sur la présence chinoise en Afrique qui « risque de devenir une colonie chinoise », selon lui

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Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, on ne sait quelle mouche l’a piqué, a tiré à boulet rouge sur la présence de l’empire du Milieu dans le Continent noir, qui selon lui « risque de devenir une colonie chinoise ».

M. Tajani, dont les propos révélés dans l’édition de mercredi du quotidien allemand Die Welt, pourraient piquer au vif la Chine populaire et ses mandarins, passe à ignorer ainsi l’impact perpétuel de la colonisation occidentale en Afrique dont les populations se sont vu piller les ressources naturelles, humiliés et appauvris, et qui, commençant à se dessiller les yeux, croient que pour s’en remettre il faut s’orienter vers d’autres puissances économiques mondiales qui ne s’ingéreraient dans leurs affaires politiques intérieures pour soutenir qui fait leurs affaires et déstabiliser le pouvoir de qui les empêchent de se faire la part de lion.

Rappelons que le deuxième sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), qui s’est tenu du 4 au 5 décembre 2015 à Johannesburg, avait pour thème « L’Afrique et la Chine progressent ensemble : une coopération gagnant-gagnant pour le développement commun ».

Et contrairement à ce que pense M. Tajani des investissements chinois, « La Chine soutient fermement la résolution des problèmes africains par les Africains selon leurs modalités. […] Elle va aider l’Afrique à atteindre l’auto-développement et à créer un environnement pacifique et stable pour obtenir des progrès sur le long terme », comme l’a déclaré le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, lors d’une conférence ministérielle qui s’est déroulée avant ce second sommet du FCSA.

Bref, voici l’article en question qui nous révèle ces propos du fameux président du Parlement européen Antonio Tajani, qui spécule sur le destin de l’Afrique plus que les intellectuels africains qui en ont marre des ingérences perpétuelles dans les affaires intérieures de leur continent. Nous le prélevons sur le site de VOA, rédigé par l’AFP et intitulé:

L’AFRIQUE « RISQUE DE DEVENIR UNE COLONIE CHINOISE », SELON LE PRÉSIDENT DU PARLEMENT EUROPÉEN

Le continent africain, un des principaux partenaires économiques de Pékin, « risque aujourd’hui de devenir une colonie chinoise », a estimé le président du Parlement européen Antonio Tajani dans l’édition de mercredi du quotidien allemand Die Welt.

« L’Afrique risque aujourd’hui de devenir une colonie chinoise, les Chinois ne veulent que les matières premières. La stabilité ne les intéresse pas », a-t-il déclaré.

Les entreprises chinoises ont une présence croissante en Afrique depuis une vingtaine d’années notamment dans les secteurs des ressources naturelles. En 2015, les échanges entre le continent et Pékin étaient estimés à quelque 180 milliards de dollars (160 milliards d’euros).

Interrogé sur la crise migratoire et le flux de candidats africains à l’asile qui tentent de rallier l’Europe, notamment par l’Italie, depuis la Libye, M. Tajani a appelé l’UE « à investir des milliards (en Afrique) et à développer un stratégie sur le long terme ».

« L’Afrique se trouve dans une situation dramatique » et « si nous ne parvenons pas à résoudre les problèmes centraux des pays d’Afrique, 10, 20, voire 30 millions d’immigrés vont arriver en Europe d’ici dix ans », a-t-il prévenu.

M. Tajani s’est dit favorable à l’instauration en Afrique « de camps d’accueil sous la protection de l’ONU et de forces armées européennes », sorte de « villes provisoires avec des hôpitaux et des infrastructures pour les enfants où les gens pourront vivre de façon provisoire ».

Après la fermeture de la route migratoire des Balkans en mars 2016, les Européens veulent s’atteler au casse-tête de la Méditerranée centrale mais se heurtent aux réticences de leurs partenaires africains et au manque d’interlocuteurs en Libye d’où embarquent la plupart des migrants, dont beaucoup périssent en mer.

Selon l’ONG espagnole Pro-Activa Open Arms, environ 250 migrants africains seraient ainsi morts dans le naufrage de deux canots gonflables repêchés jeudi dernier au large de la Libye.

Kouroukanfouganews

Simone Gbagbo acquittée : « Ce procès nous laisse un goût amer vis-à vis des victimes »

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Plusieurs associations parties civiles au procès ne cachent pas leur désarroi au lendemain de l’acquittement de Simone Gbagbo, qui était poursuivie pour crime contre l’Humanité et crime de guerre. Face à une justice ivoirienne jugée partiale, certaines organisations en appellent à la Cour pénale Internationale (CPI).

Au lendemain de l’acquittement de Simone Gbagbo, les réactions arrivent au compte-gouttes. Contacté par Jeune Afrique, le président de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (Lidho), Pierre Adjoumani-Kouna, confie ne pas être surpris par la décision de la Cour d’assises d’Abidjan. Avant le procès, la Ligue s’était constituée partie civile. Mais quelques jours avant, ses avocats, comme ceux de la FIDH, avaient renoncé à y participer, dénonçant « l’organisation (du) procès à la va-vite ».

« Nos avocats n’ont pas eu accès tous les documents et nous craignions que la décision nous soit défavorable. Ce procès nous laisse un goût amer vis-à vis des victimes et il est le reflet d’une justice ivoirienne totalement aux abois », s’insurge t-il.

Elle aussi partie civile lors du procès, la Fédération internationales des ligues des droits de l’Homme (FIDH) s’est fendue d’un communiqué du même acabit. « Comme nous le craignions et l’avions annoncé, ce procès a été un véritable fiasco tant sur la forme, avec de nombreuses irrégularités, que sur le fond, avec un dossier et des débats qui n’ont malheureusement pas permis d’établir la responsabilité individuelle de l’ancienne première dame dans les crimes commis pendant la crise post-électorale. Cet échec doit constituer un électrochoc et conduire la justice ivoirienne à organiser enfin les procès cohérents et solides attendus par les milliers de victimes de la crise post électorale et par la société ivoirienne dans son ensemble », écrit le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos.

La veille, au terme du procès, le président de l’un des collectifs de victimes de la crise post-électorale, Issiaka Diaby, avait laissé éclater son désarroi. « Les victimes sont attristées, notre confiance envers la justice ivoirienne est entamée », a t-il réagi auprès de Jeune Afrique. 

Côté Gabgbo en revanche, on ne cache pas sa satisfaction. L’un des avocats de Simone Gbagbo, Ange Rodrigue Dadjé, a salué mercredi 29 mars « le courage des magistrats de la Cour d’assises et des jurés, qui ont prononcé une décision historique dans un environnement où le politique fait souvent pression sur le judiciaire ». Tout en taclant à son tour la justice ivoirienne dans ce dossier. « Ce procès a été bâclé depuis l’instruction, car la justice n’a jamais voulu entendre les vrais acteurs, notamment certains responsables politiques actuellement aux affaires aujourd’hui »

Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo, s’est lui aussi félicité de cette décision, l’interprétant comme « une volonté d’aller à la réconciliation ». »Nous souhaitons et attendons que les autres prisonniers politiques – 150 au total – soient remis en liberté », a déclaré à l’AFP son chef Pascal Affi N’Guessan, dirigeant du FPI.

Appel à la CPI

Ce mardi 28 mars, en effet, contre toute attente, Simone Gbagbo a été acquittée par la Cour d’assises d’Abidjan, alors qu’elle était poursuivie pour crime contre l’Humanité et crime de guerre. Un verdict d’autant plus surprenant que le procureur avait requis à son encontre la prison à vie.

L’acquittement de Simone Gbagbo « démontre les nombreuses irrégularités qui ont entaché le procès et laisse de graves questions sans réponse concernant son rôle présumé dans les crimes brutaux perpétrés pendant la crise post-électorale de 2010-2011 », pour Param-Preet Singh, directrice adjointe du Programme justice internationale chez Human Rights Watch.

Dans un communiqué publié ce mercredi 29 mars, elle pointe une « enquête peu approfondie » et les « preuves ténues » présentées lors du procès de l’ex-première dame comme des éléments qui « soulignent l’importance de l’affaire en cours contre Simone Gbagbo à la CPI pour des crimes similaires ».

Et elle n’est pas la seule à mentionner la Cour pénale internationale, au lendemain d’un procès dont le verdict en a surpris plus d’un.

« Nous demandons l’exécution du mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre de Simone Gbagbo », abonde Issiaka Diaby , quelques minutes après l’acquittement.

Les magistrats de la CPI sont actuellement en train de juger le mari de Simone Gbagbo, Laurent Gbagbo, qui comparaît lui aussi pour crime contre l’Humanité. Il faut néanmoins rappeler ici que la Côte d’Ivoire a toujours refusé de livrer Simone Gbagbo à la CPI.

Les parties ont 60 jours pour introduire un pourvoi contre la décision rendue ce mardi. Devant la presse, le procureur général Ali Yéo a affirmé qu’il se prononcerait prochainement quant à un éventuel pourvoi.

Implication présumée

Simone Gbagbo, 67 ans, est jugée depuis le 31 mai 2016 pour son implication présumée dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier d’Abidjan favorable à Alassane Ouattara − rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 − et sa participation présumée à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Reste à lire un paragraphe via http://www.jeuneafrique.com/422501/societe/simone-gbagbo-acquittee-proces-laisse-gout-amer-vis-a-vis-victimes/

Par Jeune Afrique | 30-03-2017

Trois morts dont deux soldats dans une attaque près du Burkina

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Deux militaires maliens et un civil ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi dans la localité de Boulikessi, frontalière du Burkina Faso, lors d’une attaque menée par des hommes armés.

Onze militaires maliens avaient déjà été tués le 5 mars dans la même localité, lors d’une attaque revendiquée par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », une nouvelle formation jihadiste issue de la fusion entre plusieurs groupes du Sahel, notamment ceux du Malien Iyad Ag Ghaly et de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

« Deux militaires et un civil ont été tués mardi (dans la) nuit à Boulikessi par des hommes armés. C’est un poste de sécurité qui a été attaqué », a déclaré à l’AFP une source de sécurité malienne ayant requis l’anonymat.

L’information a été confirmée sous le couvert de l’anonymat par une autre source de sécurité malienne selon laquelle « ce sont deux hommes armés à moto qui ont tiré et tué deux gendarmes et un civil malien à Boulikessi ».

L’identité des assaillants n’a pas été précisée.

« Les bandes armées et les jihadistes circulent régulièrement entre le Mali et le Burkina Faso dans le secteur », a expliqué un élu local, affirmant craindre que les auteurs de ces attaques ne prennent le contrôle de cette localité.

En avril et en juin 2016, l’armée malienne avait également déjà été attaquée à Boulikessi.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda, un temps alliés aux rebelles touareg. Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix avec la rébellion touareg, censé isoler définitivement les jihadistes.

Longtemps concentrées dans le nord, ces attaques jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

Par VOA avec AFP | 29-03-2017

Côte d’Ivoire : L’acquittement de Simone Gbagbo met en évidence le rôle crucial de la CPI en tant que voie de recours pour les victimes (Human Rights Watch)

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(Nairobi) – L’acquittement en Côte d’Ivoire de l’ex-Première dame Simone Gbagbo pour crimes contre l’humanité à l’issue d’un procès ayant suscité des inquiétudes en matière d’équité, et entaché par l’absence de preuves essentielles, met en évidence l’importance de l’affaire à son encontre devant la Cour pénale internationale a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Simone Gbagbo était jugée pour de graves violations des droits humains commises durant la crise postélectorale, un épisode sanglant déclenché par le refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara suite à l’élection présidentielle de novembre 2010. Cette crise a conduit à des violences politiques et finalement à une reprise du conflit armé. Entre décembre 2010 et mai 2011, au moins 3 000 civils ont été tués et plus de 150 femmes ont été violées, avec de graves atteintes aux droits humains commises par les deux camps.

« L’acquittement de Simone Gbagbo par la haute cour de Côte d’Ivoire pour crimes contre l’humanité dément les nombreuses irrégularités qui ont entaché le procès et laisse de graves questions sans réponse concernant son rôle présumé dans les crimes brutaux perpétrés pendant la crise postélectorale de 2010-2011 », a expliqué Param-Preet Singh, directrice adjointe du Programme Justice internationale chez Human Rights Watch. « L’enquête peu approfondie et les preuves ténues présentées lors de son procès soulignent l’importance de l’affaire en cours contre Simone Gbagbo à la CPI pour des crimes similaires. »

En novembre 2016, les avocats privilégiés de Simone Gbagbo ont suspendu leur participation au procès, manifestement pour protester contre le refus de la Cour de faire comparaître des témoins bien connus qu’ils estimaient déterminants pour la défense de Simone Gbagbo. Ils avaient précédemment dénoncé à plusieurs reprises un procès basé selon eux sur des motifs politiques. Le tribunal a désigné de nouveaux avocats pour Simone Gbagbo, mais ceux-ci se sont aussi retirés de l’affaire le 15 mars, signalant une irrégularité dans la composition de la Cour qui incluait un juge nommé après le début du procès.

En mai 2016, à la veille du procès, les groupes de défense des droits humains agissant pour le compte des victimes ont refusé de participer, déclarant que la cour, en jugeant Simone Gbagbo séparément des autres anciens dirigeants, ne serait pas en mesure de démontrer l’ampleur de son rôle dans l’administration de son mari Laurent Gbagbo. Ces organisations ont aussi déclaré qu’en vertu de la loi ivoirienne, les victimes avaient le droit légal d’être présentes à l’audience confirmant les chefs d’inculpation à l’encontre de Simone Gbagbo, mais qu’on leur avait refusé la possibilité d’y prendre part. Cela les a privés de l’opportunité d’exprimer leurs inquiétudes concernant la préparation de l’affaire Simone Gbagbo avant le début du procès.

Les organisations de défense des droits humains observant le procès ont également dénoncé le manque de preuves présentées par le procureur pour justifier la culpabilité de Simone Gbagbo. Ces critiques font écho à celles qui ont suivi la condamnation de Simone Gbagbo en mars 2015 à une peine de 20 ans de prison en Côte d’Ivoire pour des crimes contre l’État commis pendant la crise postélectorale. À l’époque, le procès avait soulevé des inquiétudes similaires quant au manque de preuves apportées pour les relier, elle et d’autres dirigeants politiques, aux violences commises par leurs partisans.

Simone Gbagbo, détenue en Côte d’Ivoire depuis avril 2011, a aussi été inculpée par la CPI pour crimes contre l’humanité. La Côte d’Ivoire a toutefois refusé de la transférer à la CPI, en violation de son obligation légale prévue par le Statut de Rome, document fondateur de la CPI. Laurent Gbagbo est actuellement jugé par la CPI avec son proche allié, Charles Blé Goudé, pour crimes contre l’humanité.

L’acquittement de Simone Gbagbo, ainsi que le procès de la CPI en cours contre son époux, viennent aussi rappeler l’absence de poursuites judiciaires visant les commandants pro-Ouattara.

Bien que la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction de la Côte d’Ivoire ait inculpé plusieurs commandants de haut rang des forces pro-Ouattara, aucune de ces affaires n’est allée jusqu’à un procès. Bon nombre des personnes inculpées occupent toujours des postes haut placés dans les forces armées ivoiriennes. Plusieurs d’entre elles ont même obtenu des promotions considérables le 26 janvier, ce qui suscite des inquiétudes parmi les groupes de victimes ivoiriens de voir leurs dossiers stoppés dans leur progression. La CPI enquête également sur les crimes commis par les commandants pro-Ouattara, mais elle doit encore émettre les mandats d’arrêt.

Le président Alassane Ouattara a promis à plusieurs reprises que tous les responsables de violations des droits humains – quelle que soit leur affiliation politique – seront traduits en justice. Pour ce faire, le gouvernement Ouattara devrait poursuivre son soutien aux enquêtes impartiales et indépendantes sur les crimes commis pendant le conflit de 2010-2011 et s’assurer qu’à l’issue des enquêtes, des procès aient lieu sans interférences politiques.

« L’absence de procès contre les commandants pro-Ouattara pour les abus dévastateurs pendant la crise postélectorale jette un doute sur l’engagement du gouvernement en faveur d’une justice impartiale », a conclu Param-Preet Singh. « L’enquête de la CPI en cours sur les crimes perpétrés par le camp Ouattara reste essentielle afin que les personnes les plus responsables n’échappent pas à la justice. »

Source : https://www.hrw.org/fr/news/2017/03/29/cote-divoire-simone-gbagbo-acquittee-lissue-dun-proces-entache-dirregularites

PS: le titre principal de cet article, est: Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo acquittée à l’issue d’un procès entaché d’irrégularités