Afrique du Sud : les xénophobes afrophobes récidivent en vandalisant les boutiques des étrangers

image

Dans le pays de Mandela qui a tant lutté contre toute forme d’injustice, les violences xénophobes et afrophobes de ces dix derniers jours, ont connu une nouvelle recrudescence, après un calme relatif observé le samedi 25 février où une marche a été dispersée par la police à Pretoria.

D’après BBC, une centaine de personnes ont pillé et vandalisé ce lundi 27 février des boutiques appartenant à des commerçants étrangers dans le centre de Johannesburg et à Pretoria.

Ces dernières violences révélées par une information donnée par la police sud-africaine, n’ont fait aucune victime, selon le ministère de l’intérieur, dont le chef Malusi Gigaba, est allé prier à Pretoria avec des membres de la communauté nigériane. Une manière de les rassurer qu’ils ne risquent rien et qu’ils sont protégés.

Mais le sieur Kingsley, originaire du Nigeria résidant à Pretoria, n’est pas dupe d’une telle onction. Ce dernier, en réaction à ces derniers actes de vandalisme, a rappelé que «Ce n’est pas la première fois qu’il y a des attaques xénophobes» de ce genre.

Et d’aller plus loin en pointant du doigt la culture sud-africaine : «On a déjà vécu cela et je crois que ça va se répéter encore et encore, parce que c’est cette culture qui est comme ça. Cela ne va pas s’arrêter, sauf si la loi est respectée».

Il faut dire que le gouvernement sud-africain n’a fourni aucun effort pour réprimer ces violences xénophobes dont les plus barbares et meurtrières avaient été enregistrées en 2008 contre les expatriés Zimbabwéens. Car il ne cesse de « criminaliser les étrangers », comme le gouvernement Mbeki qui avait pointé du doigt une sinistre « troisième force » proapartheid.

Les dernières sorties du gouvernement en date, sont émaillées par des propos ambigus de son président controversé Jacob Zuma. Ce dernier, dans un appel au calme, dans la foulée de ces derniers événements, a mis de l’huile sur le feu en concluant que « l’on ne peut pas ignorer que dans les communautés, la plupart des crimes, tels que le trafic de drogue ou la prostitution, sont perpétrés par des étrangers ».

En revanche, le président de la Fondation Nelson Mandela, Sello Hatang, dans une mise en garde émise contre le gouvernement, a condamné ces genres de propos en avançant que « les responsables politiques doivent aussi faire attention à leurs propos. Parfois, c’est l’imprudence de nos dirigeants qui conduit à ces incidents. »

Et selon l’analyse de M. Hatang, derrière une telle xénophobie, il y a un sentiment d’afrophobie « Nous devons prendre conscience que ce n’est pas que de la xénophobie. C’est une forme très particulièrement d’afrophobie. Comme si nous nous détestions tellement nous-même, que nous devons nous attaquer à ceux qui nous ressemblent, particulièrement s’ils ont la peau plus foncée. »

Kouroukanfouganews

Publicités

Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s