Guinée : remaniement du gouvernement suite à la grève des enseignants

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Suite à deux semaines de grève des enseignants en Guinée, ayant perturbé l’évolution des cours dans les écoles et s’étant soldée par sept morts à Conakry, le président guinéen Alpha Condé a remanié lundi son équipe gouvernementale, a rapporté la télévision nationale.

Ainsi, au centre d’une polémique sans précédent, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, Ibrahima Kourouma a été limogé et remplacé par Ibrahima Kalil Konaté, enseignant et directeur communal de l’éducation de la commune urbaine de Matoto.

De même, le ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et de la Modernisation de l’administration, Sékou Kourouma, a été remplacé par Billy Nankouma Doumbouya, un administrateur civil et conseiller principal dudit département ministériel.

Par ailleurs, Mme Christine Sagno, ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts, a été remplacée par Mme Aïssatou Baldé, économiste de formation.

Ce léger remaniement concerne également le ministère du Commerce, de l’Industrie et des Petites et moyennes entreprises (PME), et le ministère de l’Hôtellerie, du Tourisme et de l’Artisanat, avec la nomination de plusieurs hauts cadres dans les différents services.

Ce réajustement du gouvernement répond, dit-on, à une exigence des enseignants guinéens et des élèves qui ont réclamé récemment le départ des ministres de la Fonction publique et de l’Enseignement pré-universitaire, à cause de leur mauvaise gestion de la crise qui affecte depuis plusieurs mois le système éducatif guinéen.

Par Xinhua | 28-02-2017

Afrique du Sud : les xénophobes afrophobes récidivent en vandalisant les boutiques des étrangers

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Dans le pays de Mandela qui a tant lutté contre toute forme d’injustice, les violences xénophobes et afrophobes de ces dix derniers jours, ont connu une nouvelle recrudescence, après un calme relatif observé le samedi 25 février où une marche a été dispersée par la police à Pretoria.

D’après BBC, une centaine de personnes ont pillé et vandalisé ce lundi 27 février des boutiques appartenant à des commerçants étrangers dans le centre de Johannesburg et à Pretoria.

Ces dernières violences révélées par une information donnée par la police sud-africaine, n’ont fait aucune victime, selon le ministère de l’intérieur, dont le chef Malusi Gigaba, est allé prier à Pretoria avec des membres de la communauté nigériane. Une manière de les rassurer qu’ils ne risquent rien et qu’ils sont protégés.

Mais le sieur Kingsley, originaire du Nigeria résidant à Pretoria, n’est pas dupe d’une telle onction. Ce dernier, en réaction à ces derniers actes de vandalisme, a rappelé que «Ce n’est pas la première fois qu’il y a des attaques xénophobes» de ce genre.

Et d’aller plus loin en pointant du doigt la culture sud-africaine : «On a déjà vécu cela et je crois que ça va se répéter encore et encore, parce que c’est cette culture qui est comme ça. Cela ne va pas s’arrêter, sauf si la loi est respectée».

Il faut dire que le gouvernement sud-africain n’a fourni aucun effort pour réprimer ces violences xénophobes dont les plus barbares et meurtrières avaient été enregistrées en 2008 contre les expatriés Zimbabwéens. Car il ne cesse de « criminaliser les étrangers », comme le gouvernement Mbeki qui avait pointé du doigt une sinistre « troisième force » proapartheid.

Les dernières sorties du gouvernement en date, sont émaillées par des propos ambigus de son président controversé Jacob Zuma. Ce dernier, dans un appel au calme, dans la foulée de ces derniers événements, a mis de l’huile sur le feu en concluant que « l’on ne peut pas ignorer que dans les communautés, la plupart des crimes, tels que le trafic de drogue ou la prostitution, sont perpétrés par des étrangers ».

En revanche, le président de la Fondation Nelson Mandela, Sello Hatang, dans une mise en garde émise contre le gouvernement, a condamné ces genres de propos en avançant que « les responsables politiques doivent aussi faire attention à leurs propos. Parfois, c’est l’imprudence de nos dirigeants qui conduit à ces incidents. »

Et selon l’analyse de M. Hatang, derrière une telle xénophobie, il y a un sentiment d’afrophobie « Nous devons prendre conscience que ce n’est pas que de la xénophobie. C’est une forme très particulièrement d’afrophobie. Comme si nous nous détestions tellement nous-même, que nous devons nous attaquer à ceux qui nous ressemblent, particulièrement s’ils ont la peau plus foncée. »

Kouroukanfouganews

Côte d’Ivoire/« Les enfants d’Houphouët » : l’incroyable histoire des Ziguehis, les anciens caïds d’Abidjan

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Quand on entend la voix douce de Sahin Polo présenter son documentaire « Les enfants d’Houphouët », sorti en décembre 2016 et prochainement en DVD, on peine à l’imaginer, il y a 30 ans, affronter les gangs rivaux d’Abidjan dans de grandes bagarres à base d’arts martiaux…

L’homme s’est transformé, en 1990, grâce à une rencontre inhabituelle : « Ce soir là, on faisait la sécurité autour d’un concert. Là, quelqu’un vient nous voir et nous dit « Y a un koutrou [chef en nouchi, NDLR] qui veut vous voir ». Douze membres influents de différents gangs sont sélectionnés comme ça ».

Sahin et les autres Ziguehis sont conduits au palais présidentiel et patientent de longues heures dans une salle. « Vers 2 heure du matin, on voit tous les généraux du pays entrer dans la pièce. Et là, le président Houphouët-Boigny arrive, en peignoir. On a eu la peur de notre vie. On pensait que c’était la fin, qu’on allait disparaître. Le Vieux nous regarde et nous dit « Vous êtes mes enfants, je ne veux plus qu’on vous appelle les caïds ». On a tous pleuré. Même dans nos rêves les plus fou, on n’aurait jamais imaginé ça. D’où le titre du film. »

Cette soirée marque la fin des guerres de gangs. Grâce à l’aide financière du Vieux, certains Ziguehis ont repris leurs études, d’autres ont créé leur société de sécurité, sont entrés dans la gendarmerie ou dans les ordres, comme le célèbre Bishop Kodia Guy Vincent.

Sahin n’est pas naïf. Il sait que cette rencontre a été motivée, au départ, par des calculs politiques : « À Abidjan, chaque quartier était contrôlé par des gangs. Houphouët a constaté que, avec l’arrivé du multipartisme, en 1990, certains opposants politiques prenaient contact avec ces gangs. Il a voulu les devancer. »

Sahin est fier de l’héritage culturel des Ziguehis, qui compte en particulier le nouchi

Mais si le « Vieux » avait seulement voulu acheter sa tranquillité, l’opération n’aurait pas rencontré un tel succès. Car ce n’est pas l’argent qui a fait changer Sahin, mais l’intérêt que le président leur a témoigné : « Houphouët a partagé sa vision des choses, du pays, avec nous. Il nous a rencontré plusieurs fois et écoutés. Ça nous a donné envie d’apporter aussi quelque chose au pays ».

Aujourd’hui, Sahin est fier de l’héritage culturel des Ziguehis, qui compte en particulier le nouchi [argot qui mélange les langues pratiquées dans le pays, NDLR]. « On retrouve le nouchi partout aujourd’hui, dans les pubs, les clips, les discours politiques, et même dans le dictionnaire français [avec enjailler, NDLR] ».

Il cite aussi la danse Gnama Gnama, inventée en prison par John Pololo, le plus célèbre d’entre eux. « Elle a inspiré toutes les danses urbaines abidjanaises (zouglou, coupé décalé…). Ça veut dire ‘saleté’ en Malinké. Ça représente bien notre culture : recycler la saleté de la rue en quelque chose de beau. »

Il vous reste un paragraphe plus des vidéos à lire via ce lien: http://www.jeuneafrique.com/407647/societe/enfants-dhouphouet-lincroyable-histoire-ziguehis-anciens-caids-dabidjan/

Un activiste enlevé au Tchad

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Des menaces pèsent également sur plusieurs autres journalistes tchadiens.

Des directeurs de publication et des journalistes sont recherchés par l’Agence de Renseignements.

Daniel Ngadjadoum, redacteur au journal Tribune Info convoqué à la police il y a quelques jours a été enlevé dimanche à sa sortie d’église par des inconnus.

Belangar Larmé président de l’Union des Journalistes tchadiens qui a condamné cet enlèvement dénonce les menaces qui pèsent sur les journalistes.

Belangar Larmé a également interpellé le gouvernement.

Au Tchad, il n’y a pas que les journalistes qui sont menacés.

Les familles de cinq personnes arrêtées fin janvier à Mondou puis transférées à N’Djamena sont toujours sans nouvelles de leurs proches.

Vincent Niebédé, correspondant de BBC à N’Djaména

Par BBC Afrique | 27-02-2017

Fespaco/Naky Sy Savané : « La France ne veut pas de notre figure »

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L’actrice ivoirienne Naky Sy Savané, un des monuments du 7e art africain, est l’une des vedettes du 25e Festival panafricain du cinéma et de l’audiovisuel de Ouagadougou (Fespaco), dont le traditionnel immense clap d’ouverture est donné le samedi 25 février par le président Roch Marc Christian Kaboré.

Après une plaisanterie « Je ne parlerai pas tant que mon avocat ne sera pas là. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences! », faisant référence au rôle de femme désabusée et acariâtre qu’elle joue dans « Frontières », un film en compétition au Fespaco, Naky Sy Savané qui a fondé à Marseille l’Afriki Djigui Theatri, n’a pas noyé le poisson en critiquant la France, nous rapporte l’AFP.

L’actrice déplore que les acteurs africains ne soient pas très présents sur les écrans français. « La France ne veut pas de notre figure. Je vis en France mais je ne fais pas les castings. Quand on m’appelle je demande toujours si c’est pour un rôle. Si c’est pour faire de la figuration en France, je ne fais pas. C’est eux (le cinéma français) qui n’ont pas envie d’enrichir leur cinéma. C’est dommage pour eux. Il y a du talent partout. La France est un arc-en-ciel. On ne comprend pas pourquoi le pays se referme », a-t-elle dit.

kouroukanfouganews

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Algérie: Un attentat déjoué devant un commissariat à Constantine

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Une attaque suicide a été déjouée dimanche soir devant un commissariat de Constantine, dans l’est de l’Algérie, a annoncé la police. Un policier a déjoué l’attaque suicide en tirant sur la ceinture explosive portée par le kamikaze qui s’est alors déclenchée.

« Un policier qui était devant le siège du commissariat situé au-dessous d’un bâtiment abritant une dizaine de familles a riposté énergiquement et héroïquement, après plusieurs sommations, ciblant avec précision la ceinture explosive portée par un terroriste », a précisé la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué cité par l’agence de presse APS.

Deux policiers auraient été blessés 

Les autorités n’ont pas précisé si l’assaillant avait été tué ou blessé par l’explosion. Selon les médias locaux, deux policiers ont été blessés. Au moment de l’attaque, qui s’est produite vers 21h00 (20h00 GMT), une forte explosion a été entendue près de ce commissariat du centre de Constantine, selon APS.

Immédiatement après cet « attentat terroriste », le parquet a ouvert une enquête, a précisé la DGSN.

Des groupes armés islamistes actifs dans l’est et le sud

La semaine dernière, l’armée avait annoncé avoir tué 14 « terroristes », terme désignant les islamistes armés en Algérie, lors d’une vaste opération de ratissage menée dans la région de Bouira (125 km au sud-est d’Alger).

Malgré l’adoption en 2005 d’une Charte pour la paix et la réconciliation, censée tourner la page de la guerre civile qui a fait 200.000 morts pendant la « décennie noire » (années 1990), des groupes armés islamistes restent actifs dans l’est et le sud du pays et visent principalement les forces de sécurité.

Depuis le début de l’année, au moins 22 islamistes armés ont été tués dans ces régions, selon un décompte de l’AFP établi à partir de bilans officiels.

20 Minutes avec AFP | 27-02-2017

Le Fespaco enchanté par Alpha Blondy et «Thomas Sankara»

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Alpha Blondy avait promis de chanter «Norbert Zongo» et «Thomas Sankara» et finalement toute la cérémonie d’ouverture du plus grand festival de cinéma africain avait des allures révolutionnaires et burkinabè. L’actuel président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a donné samedi 25 février à Ouagadougou le traditionnel immense clap d’ouverture du Fespaco. Et chaque mention du nom de Thomas Sankara par les artistes et les politiques a déclenché l’enthousiasme du public venu nombreux au stade municipal d’Ouagadougou.

Parmi les spectateurs dans les tribunes du stade municipal, chacun a sa raison d’aller au festival panafricain de cinéma et de l’audiovisuel à Ouagadougou. C’est la deuxième fois cette année que Scheinfora Gomet-Konate vient au Fespaco. Elle est même cette fois accompagnée d’étudiants de l’école de journalisme dont elle est directrice à Abidjan.

Assister à la grande messe du cinéma

Ses élèves font de la production audiovisuelle, du journalisme et – grâce à elle – aussi du cinéma. « Le Fespaco est la grande messe du cinéma et de l’audiovisuelle. C’est la rencontre entre tous les professionnels du cinéma et de l’industrie du film. » Pour elle, cette 25e édition est une année spéciale : ses étudiants participent avec des fictions et des documentaires dans la catégorie des films des écoles africaines de cinéma. Pour le Burkinabè Denis Ouadrago, « le Fespaco est une fête très importante et c’est le moment pour faire revivre le cinéma. Sinon le cinéma a tendance à perdre du poids, surtout en Afrique. » Irène Sekabouré, elle, habite à Ouagadougou et se sent au Fespaco un peu comme à la maison : « le plus beau moment que j’ai vécu au Fespaco, ce sont les films regardés ici. » Lesquels ? « J’ai oublié le titre, c’étaient des films burkinabè et politiques. »

« Bienvenue au pays de Thomas Sankara »

Lors de l’ouverture du Fespaco, tout le monde semble s’identifier avec Thomas Sankara, le président assassiné en 1987. Sur scène, le rappeur burkinabè Smokey chante les révolutions du passé et celles à venir. Maurice Kakou Bandama, le ministre de la Culture de la Côte d’Ivoire, le pays à l’honneur cette année, cite Sankara comme exemple pour faire de la culture un levier essentiel pour son pays. Son homologue burkinabè, Tahirou Barry, entre même en courant au stade pour transmettre son message d’urgence sur la scène : « bienvenue au pays du peuple insurgé, bienvenue au pays de Thomas Sankara… notre cœur bat au rythme du cinéma pour affronter tous les défis. » Soutenu par un public enthousiaste, il déclare : « une salle de cinéma fermée, c’est une bibliothèque de notre patrimoine cinématographique qui meurt. » Et promet de réhabiliter 15 salles sur tout le territoire burkinabè et transformer le Fespaco 2017 en « une édition de la vérité et du sursaut ».

Le « Ouaga Rock » d’Alpha Blondy

Pour l’occasion, Alpha Blondy, la mégastar du reggae africain, a même composé une chanson reggae à l’honneur de Ouagagoudou pour remercier et encourager les hommes et femmes intègres des révolutions burkinabè. Les spectateurs se montrent enchantés : « Le Ouaga Rock était une bonne inspiration. Cela nous a beaucoup plu. » « Le concert était fabuleux, extraordinaire. Il nous a émerveillés ce soir. On rentre rempli de joie et la chanson sur Ouaga était cool ; il pense à nous. » En plus, Alpha Blondy a tenu parole et chanté pour la première fois depuis la révolution Norbert Zongo et Thomas Sankara au Burkina Faso. Et ces chansons continuent à enflammer le public : « Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a toujours pas de justice pour Thomas Sankara. On a vraiment mal au cœur, mais cela nous touche quand on entend cette chanson. Thomas Sankara est aujourd’hui l’idole de tout un pays, on pourrait presque dire de toute l’Afrique. » « Alpha Blondy donne un bon exemple à la jeunesse africaine en véhiculant des messages de paix. C’est un exemple à suivre. »

Quant au Fespaco, le plus grand festival de cinéma africain, il démarre ce dimanche 26 février avec le premier des 20 films en lice pour le trophée de l’Étalon d’or de Yennenga, Frontières, le long métrage très attendu de la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré.

Siegfried Forster, envoyé spécial à Ouagadougou

Par RFI | 26-02-2017