Côte d’Ivoire/Les mutins dépensent sans compter: les motos chinoises ou indiennes envahissent les rues de Bouaké

image

Si l’on pouvait, par prévoyance, conseiller au gouvernement de faire accompagner les soldats mutins par des conseillers en économie sociale et familiale lors ou après le retrait de leurs primes, on l’aurait fait pour éviter toute rengaine de ce que vient de secouer le pays et ses populations. Les cinq millions de francs CFA sur les douze millions qu’ils viennent de toucher après leurs mutineries, ils sont en train de les dilapider, selon ce court reportage de RFI réalisé à Bouaké d’où tout est parti le 6 janvier pour contaminer les autres casernes militaires ; il est intitulé :

[REPORTAGE] CÔTE D’IVOIRE: LES MUTINS DÉPENSENT LEURS PRIMES À BOUAKÉ

Après les mutineries de début janvier en Côte d’Ivoire, les militaires ont déjà touché cinq millions de francs CFA sur les 12 millions promis par le gouvernement. Si l’économie a été ralentie lors de cette période de troubles, certains secteurs tirent désormais leur épingle du jeu. Et pour cause : les mutins commencent à dépenser leur argent.  

A Bouaké, ils sont repérables dans les rues au guidon de leur nouvelle moto encore en partie emballée dans du plastique. Pour les habitants, pas de doute : ces conducteurs sont des mutins qui ont touché leurs primes.

« Dès qu’ils ont touché le montant, ils sont venus faire leurs achats », a constaté Abdoulaye Koné, vendeur chez Sovem-Ci. Et de préciser : « S’ils quittent le camp pour venir voir la famille ou faire les courses, comment vont-ils se déplacer ? Il faut l’aide d’un autre moyen de transport que le taxi, la moto est indispensable lorsque l’on voit l’état de la ville. »

Le boom des motos

Dans la ville du centre de la Côte d’Ivoire, les motos les plus vendues sont chinoises ou indiennes avec des premiers prix à 450 000 francs CFA. Kassoum Koné travaille chez Héro. « J’ai fait le tour de certaines casernes et j’ai laissé des prospectus pour qu’ils sachent qu’on est là. Avec Héro, ils ont plus à gagner qu’à prendre des motos d’autres marques », précise le responsable commercial.

Les soldats investissent aussi pour l’avenir. Pour cela, certains se font construire des logements. « Les marchandises sont vendues en ce moment avec les constructions. Si tu veux faire une grande pièce, le prix peut attendre trois millions de francs CFA. Si tu veux faire des villas, ça peut atteindre 10 millions », explique Kanté, responsable d’un magasin de matériaux.

Le même phénomène avait été constaté lors de la mutinerie de 2014. A l’époque déjà, les mutins avaient touché plusieurs millions.

RFI

Kouroukanfouganews

 

Publicités

Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s