Côte d’Ivoire/Les mouvements d’humeur prolifèrent comme Ebola: Man et le camp d’Akouédo affectés, les discussions différées

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Déclenchés dans la nuit de vendredi à samedi dans la deuxième ville de Côte d’Ivoire, Bouaké, située dans le centre-nord du pays de l’or brun, les mouvements d’humeur des militaires avaient proliféré hier comme le virus Ebola dans les villes de Korhogo, Daoukro, Daloa et Odienné, où commerces, banques et écoles avaient été fermés, et la plupart des habitants terrés chez eux, avant le Conseil de sécurité présidé par le président Ouattara.

Ce samedi, la ville de Man, la plus grande de l’ouest du pays, entre dans la danse. Dans le camp d’Akouédo, des tirs de rafales ont été entendus comme pour signaler leur participation dans ces mouvements d’humeur qui inquiètent les autorités, même si pour le moment aucun vandalisme majeur n’a été prélevé.

A la sortie du Conseil de sécurité, des discussions devraient être entamées entre les autorités et les soldats séditieux, mais elles sont différées comme nous rapporte cet article du Monde Afrique que nous relayons, intitulé:

CÔTE D’IVOIRE : LES DISCUSSIONS ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES SOLDATS SONT DIFFÉRÉES

Le ministre de la défense devait rencontrer, samedi à Bouaké, des soldats qui se sont mutinés la veille. Le mouvement se généralise dans d’autres grandes villes du pays.

Le ministre ivoirien de la défense, Alain Donwahi devait entamer samedi 7 janvier à Bouaké (centre de la Côte d’Ivoire) des négociations avec des soldats de l’armée qui se sont mutinés la veille. Mais la rencontre a été différée, pendant que dans d’autres grandes villes du pays, le mouvement se généralise.

Ces discussions directes entre le gouvernement et des soldats de l’armée ivoirienne, en colère depuis quarante-huit heures, s’annonçaient déterminantes pour la Côte d’Ivoire, aux portes d’une nouvelle crise, six ans après avoir tourné la page d’une précédente qui avait duré près d’une décennie (2002-2011) et fait des milliers de morts.

A Bouaké, le ministre de la défense, Alain Donwahi, est arrivé par avion samedi 7 janvier, pendant que son cortège terrestre restait bloqué par des insurgés à l’entrée sud de la ville, raconte un témoin. Le signe d’une tension perceptible dans une zone, qui a passé une première nuit sous le contrôle des mutins, au rythme des rafales de kalachnikov, des rodéos de soldats encagoulés. Le mouvement ne dispose pas encore de visage.

Le mouvement d’humeur s’est également emparé de Man, la plus grande ville de l’ouest du pays. Un conseil des ministres extraordinaire aura lieu ce samedi à 17 heures à Abidjan, au retour du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qui est au Ghana, à l’investiture du nouveau président, Akufo-Addo.

« Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. Nous avons l’impression de revivre septembre 2002 (début de la précédente rébellion armée dans le pays). Ils font la loi, ne s’en prennent à personne, mais on ne sait pas quand tout cela va finir », explique, au téléphone, Berthé Fofana, enseignant à Bouaké.

Pas de violences à l’égard des populations

Lors de son intervention télévisée, vendredi soir, le ministre de la défense a expliqué que les revendications des soldats étaient d’ordre corporatiste. « Ils réclament l’augmentation de salaires, la réduction du temps passé dans les grades et les éclaircissements à propos d’une supposée prime [ECOMOG] », a dit le ministre. « Si les revendications sont fondées, nous ferons face », a promis Donwahi, appelant les mutins à retourner dans les casernes.

Mais une fois à Bouaké, le ministre a pu se rendre compte que son message n’avait pas été entendu. Pas plus que dans les villes de Daloa et Korhogo, passées sous le contrôle des mutins. Commerces, banques et écoles sont fermés. A Odienné et Daoukro, ville de l’ancien président Henri Konan Bédié, le calme est revenu après une manifestation de militaires.

Samedi, des camps militaires, comme celui d’Akouédo (est d’Abidjan), plus grand camp du pays et de Tai (ouest, frontière du Liberia) ont tenu à se signaler en tirant des rafales en l’air. Toutefois, les mouvements demeuraient sans violence à l’égard des populations.

A Abidjan, la peur s’est emparée progressivement de la ville. « Nous vaquons à nos occupations, sans trop aller loin de la maison. On voit les forces de l’ordre en patrouille pour nous rassurer, mais en Côte d’Ivoire, nous savons que tout peut aller vite. On reste donc prudents », confie, tremblante, Aline Bilé, une étudiante.

Le Monde Afrique

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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