Mali/Renvoi du procès Sanogo à mercredi: « On est dans un amateurisme total, un sabotage du procès », Me Konaré, avocat de la défense.

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Le procès du « général » et « l’ancien président » malien, Amadou Haya Sanogo, et ses seize co-accusés à Sikasso, ville située au sud du Mali à 380 km de Bamako, a connu hier lundi un énième report, cette fois-ci jusqu’à mercredi, selon plusieurs journaux locaux.

Le célèbre putschiste Sanogo, dont les partisans fervents avaient organisé une marche dans l’ancienne capitale du royaume du Kénédougou connu pour son Tata (muraille défensive), afin d’exiger sa libération immédiate, était ce lundi entouré de ses co-accusés de frères d’armes, lorsque Mamadou Berthe, président de la cour, avait constaté l’absence de tous les témoins de la défense.

Une absence qui vient une fois de plus étayer les protestations des avocats de la défense contre un procès qui va à l’encontre de toute procédure de défense. Et Me Konaré ne pouvait s’empêcher de saboter le procès. « On est dans un amateurisme total, un sabotage du procès », avait-il dit à la barre.

Si la loi confère le droit au parquet de faire comparaitre tous les témoins qu’il estime utiles pour le bon déroulement du procès, elle se donnera du fil à retordre quand à la comparution de certains témoins très influents au Mali. Car parmi la vingtaine de témoins de la défense, figurent le trublion Oumar Mariko de SADI, le célèbre prêcheur et président d’Ançar Dine international, Chérif Ousmane Madani Haïdara, l’ancien président par intérim, Dioncounda Traoré, et le général Didier Dakouo, chef d’état-major général des armées.

Pour rappel, le général Sanogo et ses frères d’armes, sont les auteurs du putsch du 22 mars 2012 qui a chassé Amadou Toumani Touré du pouvoir, pour sa gestion fumeuse de la rébellion touarègue au nord du Mali. Celle-ci s’était ralliée un moment aux groupes terroristes, avant d’être évincée plus tard par ses mêmes groupes avec lesquels ils ont parsemé des charniers partout sous leur hégémonie barbare qu’a connue les habitants du nord en mars-avril 2012 jusqu’à mi janvier 2013 début d’une intervention militaire internationale qui se poursuit toujours.

Les accusés doivent répondre à d’éventuels crimes commis lors d’un contre-coup d’État où les Bérets rouges censés être de la garde régalienne, donc proches de ATT, et rivaux des Bérets verts dont le chef était Sanogo, auraient été défaits, arrêtés, envoyés ad patres et ensevelis dans des charniers découverts plus tard à Diago, cercle de Kati réputé être le QG des Bérets verts. Précisément, ils sont tous poursuivis pour « enlèvement et assassinat, complicité d’enlèvement et d’assassinat ».

Le tribunal spécial dédié à leur jugement s’est ouvert mercredi 30 novembre à Sikasso, une ville située à 380 km de Bamako, mais reporté trois fois de suite.

Ce procès pourrait rendre justice au parents des victimes, mais tout porte à croire qu’il sera long et l’un des procès les plus houleux au Mali, car le chef de l’ex-junte militaire qu’on croyait voir abattu moralement à la barre, s’est montré le premier jour de l’audience plus sulfureux que jamais, qu’il s’était autoproclamé général de corps et ancien président de la République du Mali, pour provoquer l’ire des magistrats. Aussi attendait-il ce jour pour s’exprimer et livrer sa part de vérité.

Par kouroukanfouganews
Publié le 6 décembre 2016

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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