Procès du général Sanogo: report de l’audience, et pour cause…

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Le procès du « général » et « l’ancien président » malien, Amadou Haya Sanogo, et ses seize co-accusés à Sikasso, ville située au sud du Mali à 380 km de Bamako, vient de connaitre un autre report, cette fois-ci jusqu’à lundi, selon un communiqué du ministère public.

Le général Amadou Haya Sanogo, élégamment habillé en costard sombre et cravate bleue, tête bien rasée par les doigts de fée d’un coiffeur pénitencier, était recta à la barre avec ses co-accusés, lorsque le président de la Cour aussi présente avait constaté l’absence des avocats de la défense et ceux de la partie civile.

Dans l’embarras, le ministère public communique dans la foulée que les avocats des deux parties, évoquant des problèmes de sécurité, boycottent l’audience.

« Des forces de l’ordre nous interdisent d’entrer dans le tribunal avec nos téléphones portables. Pour nous, c’est une question de sécurité. C’est une violation de nos droits. Nous ne pouvons pas plaider », s’exprimait peu de temps après Cheick Oumar Konaré, un des avocats de la défense, tandis que d’autres craignaient qu’ils soient embrigadés.

Le général Sanogo et ses camarades d’armes, sont les auteurs du putsch du 22 mars 2012 qui a chassé Amadou Toumani Touré du pouvoir, pour sa gestion fumeuse de la rébellion touarègue au nord du Mali. Celle-ci s’était ralliée un moment aux groupes terroristes, avant d’être évincée plus tard par ses mêmes groupes avec lesquels ils ont parsemé des charniers partout sous leur hégémonie barbare qu’a connue les habitants du nord en mars-avril 2012 jusqu’à mi janvier 2013 début d’une intervention militaire internationale qui se poursuit toujours.

Les accusés doivent répondre à d’éventuels crimes commis lors d’un contre-coup d’État où les Bérets rouges censés être de la garde régalienne, donc proches de ATT, et rivaux des Bérets verts dont le chef était Sanogo, auraient été défaits, arrêtés, envoyés ad patres et ensevelis dans des charniers découverts plus tard à Diago, cercle de Kati réputé être le QG des Bérets verts. Précisément, ils sont tous poursuivis pour « enlèvement et assassinat, complicité d’enlèvement et d’assassinat ».

Le tribunal spécial dédié à leur jugement s’est ouvert mercredi 30 novembre à Sikasso, une ville située à 380 km de Bamako, mais reporté à vendredi 2 décembre.

Mais tout porte à croire que leur procès sera long et l’un des procès les plus houleux au Mali, car le chef de l’ex-junte militaire qu’on croyait voir pâmé à la barre, s’est montré le premier jour de l’audience plus sulfureux que jamais, qu’il s’était autoproclamé général de corps et ancien président de la République du Mali, pour provoquer l’ire des magistrats. Aussi attendait-il ce jour pour s’exprimer et livrer sa part de vérité.

Par kouroukanfouganews
Publié le 2 décembre 2016

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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