La Côte d’Ivoire suspend les ventes de cacao devant la chute des cours

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Les cours du cacao sont au plus bas depuis trois ans. Le Conseil du café cacao de Côte d’Ivoire interrompt les ventes.

Devant la chute des cours du cacao, la Côte d’Ivoire suspend les ventes. Des sources de négoce le confirment : la «messagerie», le système électronique par lequel le Conseil du café cacao (CCC) propose des contrats par anticipation aux exportateurs, ne permet plus d’accéder aux volumes de fèves de Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial.

Le Conseil du café cacao espère-t-il par cette interruption réveiller les prix mondiaux ? Les cours ne cessent effectivement de chuter depuis l’été, après avoir bondi au printemps pour cause de récolte intermédiaire catastrophique, après le passage d’El Niño. Désormais on s’attend au contraire à une bonne récolte principale – celle qui a commencé en octobre, et sans doute à une bonne récolte intermédiaire, dans la foulée : la pluie est au rendez-vous et les rendements s’améliorent, avec la généralisation de meilleures semences et de meilleures pratiques agricoles (450 kilos à l’hectare en moyenne contre 300 kilos auparavant). Or la demande de chocolat stagne dans les pays importateurs, on s’attend à un surplus de cacao cette année.
 
Dégringolade énorme
 
Du coup les cours dévissent. A seulement 2 050 livres sterling à la bourse de Londres, marché de référence pour le Conseil du café cacao, la tonne de fèves vaut aujourd’hui 20% de moins qu’au moins de juillet. Une dégringolade énorme, en livre sterling qui plus est. Etant donné la chute de la monnaie britannique par rapport à l’euro, le revenu en franc CFA des exportations de fèves s’est effondré. Or le Conseil du café cacao doit garantir que le prix versé au producteur, lui, restera à son niveau record de 1100 francs CFA le kilo, quitte à verser une compensation aux acheteurs.
 
L’équation semble difficile à résoudre pour l’organisme public ivoirien si les prix mondiaux du cacao ne remontent pas. Il lui reste encore à vendre sur le marché spot un reliquat de la dernière récolte principale, et presque toute la récolte intermédiaire passée. En réservant pour l’instant cette maigre récolte aux broyeurs locaux, et en interrompant les ventes par anticipation de la récolte 2017-2018 qui n’a pas encore poussé, le Conseil du café cacao gagne du temps. Le temps qui permettra peut-être aux cours de l’or brun de repartir à la hausse.

Par RFI | 11-11-2016

 

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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