Mali: quelle stratégie pour le Gatia dans la région de Kidal?

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Situation toujours tendue dans la région de Kidal, au nord-est du Mali, où après une entente éphémère, des groupes armés touareg rivaux se défient sur le terrain. Les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) contrôlent la ville de Kidal. De son côté, le Gatia (Groupe armé des Touareg de la tribu des Imerades et alliés) multiplie les prises de localités dans la région de Kidal, par stratégie.

Pour le Gatia, la question est la suivante : comment déloger l’adversaire de Kidal ? C’est difficile pour le moment et pour plusieurs raisons : les rebelles de la CMA qui tiennent la ville sont surarmés et les forces internationales protégeant notamment les civils forment une ceinture de sécurité autour de la ville.

Le Gatia tente donc d’isoler, de confiner dans Kidal les combattants de la CMA, en prenant d’abord, le contrôle de plusieurs localités dans la périphérie de la ville, mais aussi d’importants axes routiers, pour tenter de couper la CMA de ses bases arrières. En clair, tenter d’asphyxier l’ennemi.

Offensive

La première localité désormais sous le contrôle du Gatia est In-Khalil. Une localité hautement stratégique située au nord de Tessalit dans la région de Kidal. C’est par là que passent la plupart des marchandises qui quittent l’Algérie pour la région nord du Mali. C’est également un carrefour de tous les trafics illicites.

Le Gatia et la rébellion s’étaient un moment entendus pour que cette localité soit accessible à tous les groupes. En régnant dorénavant en maitre absolu sur les lieux, le Gatia entend probablement faire passer un message : les accords sécuritaires signés dans le passé avec les rebelles de la CMA sont caducs.

En multipliant des prises de localités dans la région nord-est du Mali, la plupart du temps sans combat, le Gatia espère ainsi voir sortir de Kidal les combattants de la CMA, pour un face-à-face loin des populations civiles.

La tension monte

La tension risque donc de monter d’un cran. D’ailleurs, comme lors de la prise d’In-Khalil, c’est fortement armé que les combattants du Gatia ont pris le contrôle d’Inekabawatane, autre localité de la même région.

Sur le terrain, les observateurs se disent impressionnés par l’armement du Gatia et s’interrogent sur son origine. En face, les rebelles de la CMA, qui font la ville de Kidal leur principal fief de la région. Ce lundi, des combattants de la CMA fortement armés ont quitté la ville, ce qui fait craindre de nouveaux affrontements.

La situation sur le terrain reste donc critique et pour bon nombre d’observateurs, l’accord de paix d’Alger n’est plus le seul médicament qu’il faut pour sortir le Mali de la crise que traverse le nord du pays.

Par RFI | 20-09-2016

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Auteur : Charles Coulibaly Nountché

Écrivain, poète, blogueur

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