Bénin : pour avoir violé la constitution, le président Talon et ses ministres au cœur de la polémique.

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Au Bénin, le Chef de l’Etat, Patrice Talon, et certains membres de son gouvernement sont au cœur de la polémique pour avoir oublié, semble-t-il, de déclarer leurs biens avant leur entrée en fonction le 06 avril dernier comme l’exige la constitution du pays en son article 52 alinéa 2 qui stipule que le Président de la République et les membres du Gouvernement sont tenus, lors de leur entrée en fonction et à la fin de celle-ci, de faire sur l’honneur une déclaration écrite de tous leurs biens et patrimoine adressée à la chambre des Comptes de la Cour Suprême.

En effet, selon un rapport de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC), il est établi qu’au mois de mai 2016, soit un mois après la prise de fonction du gouvernement du président Talon, seulement quatre membres du gouvernement ont déclaré leurs biens. De sources concordantes, le nouveau rapport de l’ANLC qui sera publié dans les tous prochains jours, fait état de douze ministres ayant déclaré leur bien sur les 21 que compte le gouvernement. Neuf ministres du gouvernement Talon peinent donc à se conformer à la constitution du pays qu’il gouverne à l’instar du Chef de l’Etat, Patrice Talon, qui a manqué de donner le bon exemple.

Une situation, du moins scandaleuse, qui relance le débat sur la place qu’occupe le respect des lois du pays et la lutte contre la corruption dans l’agenda du gouvernement du président Talon. « L’on ne peut prôner le « Nouveau Départ » ou « La Rupture » si on ne peut prendre les bonnes habitudes. On ne les a pas élus pour perpétuer un système qu’on vouait à l’hégémonie » s’est indigné Rodrigue Azinongbé dans son éditorial du 28 septembre 2016 sur la station de radio privée Fraternité Fm de Parakou.

Sur les réseaux sociaux, les internautes dénoncent le silence coupable de certains acteurs de la société civile et du président de la cour suprême, qui semblent être acquis à la cause du président de la République au mépris de leur devoir de veille citoyenne et de garant du respect des lois de la République. Le président Talon et les membres de son gouvernement sont donc invités à se conformer à la constitution du pays.

Ignace SOSSOU

Par Bénin Web TV | 30-09-2016

Compaoré ne sera pas poursuivi pour « haute trahison » ou « attentat à la Constitution »

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L’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, qui vit en exil en Côte d’Ivoire depuis l’insurrection populaire qui a mis fin à ses 27 ans au pouvoir en 2014, ne sera pas poursuivi pour « haute trahison » ou « attentat à la Constitution » en raison d’un vide juridique, a annoncé vendredi le procureur de la Haute Cour de justice.

L’ex-homme fort du Burkina reste toutefois poursuivi en tant que ministre de la Défense (il était à la fois président et ministre) pour la répression des journées d’insurrection d’octobre, ainsi que dans le cadre du dossier de la mort de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara, tué en 1987 lors d’un coup d’Etat qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.

« Blaise Compaoré a été mis en accusation pour ‘haute trahison’ et ‘attentat à la Constitution’; or ces deux infractions ne sont pas prévues dans le droit positif burkinabè (…) Aucune loi ne dit en quoi consiste la ‘Haute trahison’ et ‘l’attentat à la Constitution’ « , a expliqué le procureur Armand Ouedraogo lors d’une conférence de presse.

« Ce dossier ne peut être exécuté parce qu’il n’y a pas de loi (…) Il y a un problème d’achèvement des lois. Les lois ont été faites à moitié », a-t-il ajouté.

Après quatre mandats successifs, Blaise Compaoré a tenté de se maintenir au pouvoir et de modifier la Constitution en 2013. Cette tentative avait marqué le début du soulèvement populaire, fatal à son régime.

Par VOA avec AFP | 30-09-2016

Côte d’Ivoire: des enseignants de l’université de Cocody annoncent un « arrêt de travail » à partir de lundi

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Des enseignants de l’université de Cocody (Est d’Abidjan), la plus grande de Côte d’Ivoire ont décidé d’observer un arrêt de travail à partir de lundi pour réclamer le paiement total des heures complémentaires de l’année académique 2014-2015, estimées à plus de trois milliards FCFA, a appris jeudi un journaliste de ALERTE INFO.

« En attendant le paiement du reliquat des heures complémentaires estimées à 3,9 milliards, nous avons décidé de tout arrêter (cours, soutenances…) à partir du lundi 03 octobre », a indiqué le porte-parole de la Coordination nationale des enseignants du supérieur et des chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC), section université Félix Houphouët Boigny de Cocody, Mamadou Diallo.

« Seulement 20% des heures complémentaires 2014-2015, évaluées à cinq milliards FCFA, « sont payés à ce jour », a précisé M. Diallo, affirmant ne pas comprendre que ce montant dû au titre de l’année universitaire précédente ne soit pas totalement apuré, alors que l’année académique 2014-2015 tire à sa fin.

« La rallonge budgétaire de 3,9 milliards FCFA sollicitée depuis le 26 août n’est pas encore accordée », a-t-il fait savoir.

Ces enseignants qui ont décidé de marquer un arrêt de travail dès lundi jusqu’à satisfaction de leurs réclamations exigent également le paiement des primes de recherche du 3e trimestre (2016), évaluées à 1,3 milliard FCFA.

Fin août 2015, les professeurs réunis au sein de la CNEC, avaient observé « une grève illimitée » pour réclamer le paiement des heures complémentaires de l’année académique 2013-2014, dont le montant était estimé à plus de deux milliards FCFA.

ABL

Par Africatime avec Alerte Info
Publié le 30 septembre 2016

La Côte d’Ivoire parmi les 12 économies les plus performantes du continent (Banque mondiale)

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La Banque mondiale a rendu publique jeudi les conclusions de la dernière édition d’Africa’s Pulse, publication semestrielle de Groupe de la Banque Mondiale qui analyse les perspectives économiques du Continent.

Dans une visio-conférence depuis le siège du Groupe de la Banque mondiale à Washington, l’économiste en Chef de la Banque pour l’Afrique, le Camerounais Albert Zeufack a indiqué que la Côte d’Ivoire figure parmi les 12 économies les plus performantes du Continent avec le Sénégal. Ce, dans un contexte de ralentissement général du taux de croissance de l’Afrique subsaharienne, qui selon le rapport devrait passer de 3% en 2015 à 1,6% en 2016.

Il ressort de l’analyse de la Banque mondiale que les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui disposent d’un cadre de gestion macro-économique plus solide et d’une règlementation plus favorables aux activités commerciales. Aussi leurs exportations sont plus diversifiés et leurs institutions plus efficaces.

Africa’s Pulse indique qu’en 2017, les performances économiques des pays du continent continueront d’être contrastées. Si les plus grandes économies de la région et les autres pays exportateurs de matières premières devraient enregistrer une légère hausse de leur croissance, au fur et à mesure que les cours se stabiliseront, le reste de l’Afrique progressera à un rythme soutenu, notamment grâce aux investissements dans les infrastructures, affirme le rapport.

Selon Punam Chuhan-Pole, économiste principal de la Banque mondiale pour l’Afrique et auteur du rapport, « il est impératif d’améliorer la productivité des petits exploitants agricoles pour augmenter les revenus des populations rurales et réduire la pauvreté en Afrique subsaharienne ». Pour y parvenir, Punam Chuhan-Pole conseille aux Pays d’investir dans les biens publics en milieu rural, notamment les infrastructures, d’adopter de meilleures technologies et de développer la recherche agronomique sans exclure d’améliorer la qualité des données disponibles.

Elisée B.

Par Abidjan.net | 30-09-2016

Gabon: Jean Ping appelle ses partisans à une «résistance active»

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Le bras de fer continue au Gabon entre pouvoir et opposition. Ce jeudi 29 septembre, Jean Ping s’est de nouveau adressé à ses partisans. L’opposant reste toujours sur ses positions. Il sera l’invité Afrique de RFI ce vendredi, à partir de 6h43, heure de Paris.

Alors que coup sur coup, son camp a subi le verdict de la Cour constitutionnelle et l’investiture d’Ali Bongo, Jean Ping résiste et lance même une offensive. A son domicile, devant les caméras et ses partisans rassemblés autour de sa piscine, l’opposant est arrivé sourire aux lèvres, en esquissant quelques pas de danse. Mais dès qu’il a pris le micro à la tribune, le ton a changé. Il a de nouveau dénoncé ce qu’il appelle un « coup d’Etat militaro-électoral » du pouvoir. Et il a affiché sa détermination à assumer ses responsabilités de président élu.

Jean Ping a donc campé sur ses positions. Il ne reconnaitra pas la victoire du président Ali Bongo qui, dit-il, a les mains souillées du sang des Gabonais. Quant au gouvernement d’union proposé par le pouvoir, sans surprise, il l’a balayé d’un revers de main. « Quel dialogue ? Avec qui, et dans quel but ? Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peuple et battu par les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l’élection de venir dialoguer avec lui. Il le demande de surcroit le revolver sur la tempe, les hélicoptères d’attaque et les Mirage volant à basse altitude au-dessus de nos maisons. Nous n’irons à aucun dialogue sous l’égide de cet imposteur », a lancé Jean Ping.

Ces propos contrastent avec ceux prononcés quelques heures plus tôt par le nouveau Premier ministre. Emmanuel Issoze-Ndonget a confirmé que son équipe serait dévoilée dimanche. Il déclare que les contacts sont en cours en vue de former un gouvernement d’ouverture. « J’ai été instruit de proposer un gouvernement largement ouvert aux forces vives de la nation qui répondent aux exigences d’une République plus juste et plus solidaire. Les consultations relatives sont en cours, en particulier avec toutes les forces politiques du pays, ainsi qu’avec la société civile », a indiqué Emmanuel Issoze-Ndonget.

A l’inverse, Jean Ping appelle les Gabonais à une « résistance active ». Pour lui, le peuple doit faire obstacle « avec la plus grande détermination » à ce qu’il nomme « cette nouvelle imposture ». Jean Ping estime que les victimes des violences ne doivent pas être mortes pour rien.

Pour autant il demande un engagement dans le respect des normes internationales en matière de démocratie et en accord avec l’éthique républicaine. Il a donc listé une série d’initiatives. Il a invité le peuple à observer le 6 octobre une journée nationale de recueillement pour les morts et de compassion pour les familles endeuillées.

Jean Ping n’exige plus seulement de la communauté internationale qu’elle prenne ses responsabilités ; il lui demande cette fois des sanctions ciblées contre les responsables du « coup d’Etat militaro-électoral ». Il invite même les organisations humanitaires et la procureure de la CPI à venir au Gabon enquêter sur les violations des droits de l’homme. En sachant bien que le gouvernement vient justement de déposer un dossier en ce sens à La Haye.

Enfin, Jean Ping veut prendre la main sur la politique d’ouverture. Il propose donc un dialogue national inclusif organisé à son initiative. Se considérant comme président élu, c’est lui dit-il, qui doit œuvrer à la réconciliation.

Nous n’avons aucunes craintes, nous sommes un pays organisé, il y a des lois…

Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole du gouvernement, répond à Jean Ping

Par RFI | 30-09-2016

En concert à Ouagadougou, Alpha Blondy : « Je ne chanterai pas Sankara »

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Le Reggaeman ivoirien Alpha Blondy a déclaré jeudi à Ouagadougou au cours d’un point de presse qu’il ne chantera pas sa chanson « Thomas Sankara », dédié au défunt président, leader de la révolution burkinabè,

« Je ne chanterai pas Sankara pour remuer le couteau dans la plaie », a déclaré la star du Reggae ivoirien, Alpha Blondy devant la presse, avant d’insister « qu’il faut avancer pour qu’il n’y ait plus d’autres Sankara, pour qu’il n’y ait plus d’autres Norbert Zongo, mais pour qu’il ait plus d’autres Blaise Compaoré en prison à ciel ouvert ».

Alpha Blondy a demandé aux Burkinabè d’être « unis derrière le président Roch Kaboré car si les présidents savent que vous les aimez, c’est en ce moment qu’ils peuvent défendre vos intérêts ».

« Ne comptons donc pas sur nos petites démocraties naissantes. Il ne faut pas demander à un enfant qui fait 4 pattes de courir comme Usain Bolt. Arrêtons ces comparaisons bêtes car l’Afrique a son rythme », a-t-il asséné.

Alpha Blondy animera un concert demain vendredi 30 septembre au stade Issoufou Joseph Conombo avant de continuer à Bobo-Dioulasso le 2 octobre pour une nouvelle prestation.

GS/of/APA

Par APA | 29-09-2016

Ouverture d’un examen préliminaire de la CPI sur la crise post-électorale au Gabon

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Le bureau de la procureure de la Cour pénale internationale procédera à un examen préliminaire des violences post-électorales au Gabon suite à une requête du gouvernement gabonais.

Dans sa réponse à la requête de Libreville, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, indique que l’examen préliminaire permettra de déterminer « si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis ».

Le gouvernement gabonais avait demandé à la CPI d’ouvrir sans délai une enquête après plusieurs jours de manifestations violentes qui ont suivi la proclamation, le 31 août dernier, de la victoire du président sortant Ali Bongo avec 50,66% des suffrages contre 47,24% à son rival Jean Ping.

Libreville a fait de « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité » qu’il attribue aux militants favorables au candidat d’opposition Jean Ping.

« Un examen préliminaire ne peut être assimilé à une enquête. Il s’agit d’un processus consistant à examiner les informations disponibles afin de déterminer, en toute connaissance de cause, s’il existe ou non une base raisonnable pour ouvrir une enquête au regard des critères posés par le Statut de Rome « , précise la réponse de Mme Bensouda.

La procureure prévient que son bureau tient dûment compte de l’ensemble des observations et des points de vue qui lui sont transmis au cours de l’examen préliminaire, guidé exclusivement par les exigences du Statut de Rome pour mener à bien sa mission en toute indépendance et en toute impartialité.

« Mon Bureau examinera les informations relatives aux crimes qui auraient été commis par tout groupe ou individu impliqué dans cette situation. Lorsque des documents joints à un renvoi identifient des responsables potentiels, le Bureau n’est ni lié ni contraint par les informations qu’ils contiennent lorsqu’il mène des enquêtes pour déterminer quelles sont les personnes qui doivent être inculpées. Après un examen minutieux de tous les renseignements dont je dispose, je ferai connaître ma décision en temps opportun », soutient-elle.

L’opposition et le pouvoir gabonais continuent à s’accuser des abus et des actes de violence qui ont fait plusieurs morts et blessés mais aussi d’importants dégâts matériels après la publication des résultats de la présidentielle du 27 août dernier.

Eddy Isango

Par VOA | 29-09-2016