Côte d’Ivoire – Burkina : rencontre entre Alassane Ouattara et Salif Diallo à Abidjan, sans Guillaume Soro

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Signe du réchauffement du climat entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, après « l’affaire des écoutes », Salif Diallo, le président du Parlement burkinabè, a été reçu mardi à Abidjan par le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara.

Changement de météo dans les relations ivoiro-burkinabè. L’orage qui avait assombri les rapports entre les deux pays suite à l’implication supposée de personnalités ivoiriennes dans la tentative de coup d’État de septembre 2015 à Ouagadougou, semble se dissiper. Mardi 31 mai, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dépêché à Abidjan auprès de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, une délégation de haut niveau composée de Salif Diallo, le président de l’Assemblée nationale, Simon Compaoré son ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, et Alpha Barry, son chef de la diplomatie.

Le chef de l’État ivoirien s’était quant à lui entouré de sa garde rapprochée, composée d’Amadou Gon Coulibaly, ministre d’État secrétaire général de la présidence, Marcel Amon Tanoh, ministre directeur de cabinet, Hamed Bakayoko, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Albert Toikeusse Mabri, ministre des Affaires étrangères, et Ally Coulibaly, ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’étranger.

Coup de pouce économique

Sans Guillaume Soro, le président du parlement ivoirien qui introduit en général à la Présidence tous les présidents des Parlements étrangers en visite en Côte d’Ivoire, la réunion s’est tenue dans les bureaux de Alassane Ouattara. Elle a porté sur le renouveau de l’axe Abidjan-Ouagadougou, notamment la relance de la coopération ivoiro-burkinabè sous les auspices du Traité d’amitié et de coopération (TAC), signé en 2008.

« Nous avons abordé le renforcement des relations entre les deux pays. Nous avons convenu de reprendre la préparation du sommet du traité d’amitié et de coopération qui est prévu fin juillet, à Yamoussoukro », a précisé Alassane Ouattara.

Conscient de l’importance de son grand voisin, le Burkina Faso souhaite tourner la page de la brouille tout en sollicitant Alassane Ouattara pour qu’il prête main forte à l’économie burkinabè. « Nous sommes venus remercier le président Ouattara pour son action pour la paix au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest. Nous nous sommes permis de lui demander de nous appuyer pour la relance économique du Burkina Faso », a conclu Salif Diallo.

Baudelaire Mieu

Par Jeune Afrique
Publié le 31-05-2016

Source: http://www.jeuneafrique.com/329896/politique/cote-divoire-burkina-rencontre-entre-alassane-ouattara-salif-diallo-a-abidjan-guillaume-soro/

Dans La lettre à Colette, Soro marquera des points auprès des militants RDR embobinés par leurs cadres

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Cette Lettre à Colette, nous retrace moins l’histoire de la fondation du parti Rassemblement des Républicains (RDR), qui tient actuellement les rênes du pouvoir ivoirien avec une coalition baptisée RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), que l’ascension et l’intronisation de son chef entouré des cadres qui ont utilisé le charisme ou l’aura de ce dernier pour jouir des privilèges au détriment de la masse populaire acquise à la cause de ce parti en pleines agitations pour une éventuelle succession de son leader charismatique, Alassane Dramane Ouattara dit ADO, qui a décliné l’offre d’un futur Gouvernement des mandarins.

Nous vous laissons tranquillement la lire, sans aucun décryptage préalable de notre part:

La lettre à Colette /Quel RDR, après la marque déposée, Alassane Ouattara ?

Comment vas-tu ma belle au teint de velours ?

Abidjan-30-05-16 (lepointsur.com) Comme nous le disions, il y’a une semaine, ils en étaient conscients, tellement conscients, qu’ils ont toujours refusé de présenter un autre candidat, chaque fois que sa candidature a été rejetée. Bien sûr que les cadres du RDR nous diront que la volonté du boycott était guidée par le fait qu’en partant avec un autre candidat, alors que celui de Ouattara était rejeté, cela conduirait l’adversaire à déduire que les reproches politico-judiciaires étaient fondés.

Mais à y fouiner en profondeur, nos cadres de la Case étaient conscients d’une chose. En créant une dissidence au sein du PDCI après le fameux congrès de 1994, où Djéni Kobena fut interdit de parole, autour de quel frustré, fallait-il bâtir un parti pour jouir de la sympathie d’une frange de la population ? Il fallait jeter le dévolu sur Ouattara. On se rappelle encore les défilés incessants des Gon Coulibaly au siège du FMI, situé à l’angle de la Pensylvania Avenue et de la rue 19 de Washington, pour convaincre le DGA. Et après moult tentatives, il accepta donc de se joindre au RDR. Il l’officialisera le 1er Aout 1999 au congrès du parti. Si l’immense foule du palais des sports de Treichville voyait en cette décision une opportunité de se venger de ce PDCI à l’ivoirité naissante, les néo-cadres du parti, eux sablaient le champagne.

Parce qu’ils savaient tous que l’élément catalyseur était enfin là, pour bénéficier de la sympathie des néo militants qui les vomissaient depuis des années dans leur région respective : le nom Ouattara. « … Ouattara me demande de vous dire qu’il est conscient de votre douleur, Ouattara me charge de vous dire qu’il a fait un rêve dans lequel vous étiez, Ouattara dit que s’il a accepté d’être membre, c’est à cause de vous. Ouattara vous souhaite la bonne année, la bonne fête des mères… » Bref, ce fut le fond de commerce parfait. Aux élections municipales de 2001, certains candidats n’ont même pas eu besoins de battre campagne. Les électeurs voyant en tous les candidats RDR Alassane Ouattara lui-même. Les injustices et les dénis liés à Ouattara ayant été placés au centre des campagnes.

Qui a oublié cette phrase d’un candidat RDR lors d’un meeting à Abidjan « … lorsque Faustin Kouamé dit que même si Ouattara produit 100 certificats de nationalité par jour, il ne sera jamais président de ce pays, pensez-vous que c’est à Ouattara qu’il s’adresse ? C’est de vous les militants RDR qu’il parle, c’est à vous les djoula (sic) qu’il  s’adresse… ». Étaient-ils, derrière la rébellion ? Officiellement, l’homme n’a jamais indiqué une quelconque sympathie ou appartenance aux « combats » de Soro et ses hommes. D’ailleurs, jusqu’à ce jour, aucun service de renseignement n’a pu intercepter une seule communication entre Ouattara et Soro de 2002, jusqu’à la nomination de son premier gouvernement suite au  Décret N°2007-456 du 07 avril 2007.

Cependant, pour être dans les bonnes grâces des populations à endoctriner, le médicament Ouattara sera prescrit à outrance aux nordistes… après la joute électorale de 2010, le rapport changea de camp, plus besoin de plaire aux populations, mais à Ouattara lui-même dans le but de jouir d’une tranche du gâteau à partager. On verra les uns avec leur mallette, d’autres tenant leurs sachets noirs, et une bonne partie portant leurs bagages rassemblés dans un morceau de pagne. Direction le camp de l’ONUCI, objectif, se faire larguer au Golf Hôtel via les hélicos de liaison, enjeu, plaire au nouveau messie, finalité devenir apôtre. Et avec la formation du premier gouvernement, beaucoup de ceux qui n’ont eu de mots que le nom Ouattara furent récompensés. Ils oublièrent ipso facto leurs bienfaiteurs de militants, et déclarèrent un véritable casus belli à ces derniers.

Oui, ce fut une guerre réelle entre les cadres RDR nommés et leurs militants locaux. Très peu, ont maintenu des contacts avec leurs bases. Ainsi, si certains retournent en cachette au bercail et évitent tout contact avec leur population, d’autres ont définitivement déménagé  à Abidjan. C’est dans ce désamour qu’il fallu organiser les 20 ans du parti le 13 décembre 2014. Et les militants ne se firent pas priés pour boycotter l’événement. C’est dans un stade de Bouaké vide que ces cadres sont intervenus. Et plus grave, le 4 mars 2015, alors qu’il cherchait à jauger les futurs votants de la case, Sidiki Konaté fit incursion dans des « grins » d’Abobo.

Et là encore, les militants l’attendaient de pied ferme. « Allez dire aux autres cadres que nous ne sommes pas des buveurs de chaud-blanc et ils comprendront. » pourquoi,  les prendre au sérieux ? Le produit Ouattara, joker parfait, l’opium des « djoula » n’est-il pas encore candidat en 2015 ? C’est ainsi qu’avec toujours l’intervention « ouattariste », certains candidats RDR sans bilan,  franchirent le parcours d’obstacle avec la même posologie. Et cette fois-ci, avec un cynisme inouïe. « Voter Morif’ing Djan Djabagatè, c’est voter ADO », « Vadjiguiba Diaby, le choix de Alassane »  la palme d’or de la honte a été attribuée à ce candidat qui fit ses T-shirt de campagne en prenant soin de mettre la photo de Ouattara à l’avant, et le sien à l’arrière….

Le 17 septembre 2014, à la fin de sa visite officielle dans l’IFOU, le président répondant à un journaliste affirma qu’il ne sera pas candidat pour un 3ème mandat. Et, il le réaffirmera le 19 janvier 2016, lors de sa rencontre avec Helène Johnson Sirleaf. Sonnant, le glas et mettant fin aux rêves des apôtres en déphasage  avec leur base, leurs militants, et annonçant une fermeture prochaine des robinets. Mais pourquoi ont-ils peur ? Les cadres PDCI se sont-ils, un seul jour chagriné, suite à la mise en berne de Bédié ? Malgré le départ de Gbagbo, les durs du FPI n’affichent-ils pas la même sérénité ? Mais pourquoi, ont-ils donc perdu le sommeil dans la case verte ?

Parce que tout simplement, lorsqu’un garçon se met debout pour uriner, la dernière goutte tombe toujours à ses pieds. Tous les cadres du parti savent que plus des 2/3 des membres du parti sont plus « alassanistes » que RDR. Ils savent aussi qu’ils se sont mis dos à dos pendant plus de 15 ans avec leurs électeurs, brandissant chaque fois le produit ADO. Alors sur quoi, miseront-ils en 2020 ? D’abord, un probable et miracle de la part de Ouattara. Il faut un troisième mandat. Et voyant que l’homme n’a pas réagi favorablement, la loi fondamentale du pays paraîtra caduque pour l’un. Le principe de la limitation des mandats doit être abrogé, car, il met fin aux activités d’un président compétent, qui souvent n’a pas terminé ses travaux en cours, dira-t-il.

Et comme avec le temps, l’horizon s’assombrit à ce niveau, ils ont entrepris à coup de publicité, la création d’une banque pour leurs militants. Ces derniers, répondront comme les algériens face à De Gaulle : Trop beau, mais trop tard. Enfin, une catégorie a opté pour le dénigrement et le mensonge de l’un ou de l’autre cadre. « … c’est à cause de lui ou d’elle que j’ai pas pu mener à bien tel projet… ». Enfin, la dernière vague a décidé de sauver le peu qui peut l’être de l’incendie. Ils sont visibles aux baptêmes, aux sacrifices de 7ème jour, aux  distributions  de prix en fin d’année aux plus méritants des écoles….

Réussiront-ils à s’imposer via la nouvelle opération de charme ? N’est-il pas trop tard pour espérer conquérir le cœur des sympathisants blessés ? Après la carte Ouattara, sur quoi compteront-ils en 2020 ? L’avenir nous le dira. Dans l’espoir que Ouattara lui-même ne change pas de décision en se représentant en 2020. Tenez, Guillaume Soro a eu l’ingénieuse idée de voler au secours des jeunes du parti. Dans la forme, quelle action louable ! Quel geste fort ! Qui veut aller loin, ménage sa monture et il vaut mieux tard que jamais. Mais ce geste du PAN aurait pu sortir de la banalité, si effectivement les cadres du RDR avait la culture du retour à la base, s’ils prenaient quelquefois du coton mouillé pour soulager les blessures de cette « main d’œuvre qualifiée bon marché, qu’est la jeunesse du RDR ». Hélas, 1000 fois hélas, des cadres qui ont usé du pion Ouattara pour s’offrir une popularité illusoire n’ont pas eu le temps pour ce genre d’acte.

Et c’es Dah  Sansan qui enfoncera le clou « C’est la première fois que nous recevons un don d’un cadre du parti. ». Cette phrase résume à elle seule, toute la lettre de cette semaine.

 Omar Samson

Publié par Eugene Kanga
Le Point Sur | 30-05-2016

Source: http://lepointsur.com/lettre-a-colette-rdr-apres-marque-deposee-alassane-ouattara/

PS: le titre original de cet article, est: La lettre à Colette /Quel RDR, après la marque déposée, Alassane Ouattara ?

Serge Aurier, en garde à vue prolongée, aurait été agressé par la police française

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La garde à vue du footballeur du club parisien PSG Serge Aurier a été prolongée mardi matin de 24 heures au lendemain d’une altercation avec la police à la sortie d’une boîte de nuit parisienne, a-t-on appris de source policière.

Selon une source proche de l’enquête, le footballeur ivoirien conteste avoir volontairement porté un coup de coude au thorax d’un des policiers qui l’ont interpellé lundi au petit matin. Il affirme que les policiers étaient agressifs et a déclaré avoir lui-même reçu des coups, faisant constater une blessure au front et à la lèvre inférieure, a précisé son entourage à l’AFP.

Le défenseur du PSG a été interpellé à l’aube lundi après une sortie de boîte de nuit « un peu agitée », et une altercation avec la police, selon une source policière.

Il a été placé en garde à vue pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé une source judiciaire.

Serge Aurier s’était déjà fait remarquer en février dans une vidéo filmée via l’application Périscope sur les réseaux sociaux, dans laquelle il traitait son entraîneur, Laurent Blanc, de « fiotte » (homosexuel en argot) et égratignait d’autres coéquipiers, dont Zlatan Ibrahimovic qualifié de « gentille bête ».

Mis à pied par le PSG, il avait fini par reconnaître avoir « fait une grosse connerie » et avait fait son retour sur les terrains début avril lors du quart de finale aller de Ligue des champions contre Manchester City.

Avec cette nouvelle affaire, l’image du club se voit de nouveau écornée par le comportement de son latéral droit, titulaire à son poste et dont la valeur marchande est de 20 à 25 millions d’euros, raison pour laquelle les dirigeants parisiens ne l’ont pas licencié dans l’affaire Périscope.

Le joueur est sous contrat au PSG jusqu’en juin 2019.

Par AFP | 31-05-2016

PS: le titre original de cet article, est: France: la garde à vue du footballeur du PSG Serge Aurier prolongée

Simone Gbagbo, règne et ruine d’une Première « Dame de fer »

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Le procès de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, accusée de crimes contre l’humanité, s’ouvre mardi à Abidjan. Cette militante politique s’est forgée une réputation de dureté en devenant l’influente épouse du président Laurent Gbagbo.

Dépourvue de ses atours, une « reine d’Afrique » doit affronter ses juges à partir de mardi 31 mai devant les assises d’Abidjan. Simone Gbagbo, la « Dame de fer » de la Côte d’Ivoire, accusée de « crimes contre l’humanité », « crimes contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles », devra répondre de son rôle durant la crise postélectorale qui a ensanglanté son pays de novembre 2010 à avril 2011.

L’ex-Première dame, âgée de 66 ans, risque la perpétuité. Elle aurait attisé les violences contre le camp d’Alassane Ouattara, le rival politique de son mari, qui ont causé, en seulement cinq mois, la mort de 3 000 personnes.

À l’époque, son époux, Laurent Gbagbo, avait refusé de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara lors de l’élection présidentielle. « Dieu a donné la victoire à Laurent », avait estimé Simone Gbagbo, adepte du christianisme évangélique, mettant de l’huile sur le feu au lendemain du second tour. Elle avait également fustigé le « chef bandit » Alassane Ouattara et le « diable » Nicolas Sarkozy, alors président, avec la liberté de ton dont elle est coutumière.

Cinq mois plus tard, le 11 avril 2011, elle apparaissait sur les écrans du monde entier, le regard apeuré, les traits tirés et les cheveux en bataille, lors de son arrestation mouvementée au côté de son mari, désormais incarcéré à La Haye. Une fin de règne piteuse pour cette femme de poigne aussi crainte qu’adorée en Côte d’Ivoire après plus de dix ans d’influence au sommet de l’État.

Un couple « complémentaire »

Loin de l’image d’une Première dame marchant dans les pas de son mari, Simone Gabgbo a toujours revendiqué son indépendance. Durant leurs années au pouvoir, elle est davantage l’alliée politique de Laurent Gbagbo que son épouse, avec qui elle fait d’ailleurs chambre à part. L’ancien président a également épousé une autre femme, il y a quelques années.

« Ma position actuelle, je la dois à ma trajectoire, pas au poste de mon mari », clamait-elle du temps où Laurent Gbagbo était président.

Née en 1949 d’un père gendarme au sein d’une famille de 18 enfants, elle se passionne très tôt pour le syndicalisme, l’engagement politique et, un temps, pour le marxisme. Virulente opposante du « Vieux », surnom de l’ancien président Félix Houphouët-Boigny, elle est emprisonnée à plusieurs reprises dans les années 1970 puis 1990 pour avoir émis des critiques publiques.

En 1982, son opposition farouche au pouvoir la pousse à fonder clandestinement avec son « camarade » Laurent Gbagbo ce qui deviendra le Front populaire ivoirien (FPI, gauche), dont elle sera députée en 1995. Sept ans plus tard, le 19 janvier 1989, elle épouse, en secondes noces, le futur président, en qui elle fonde de grands espoirs politiques.

« Dès qu’elle l’a connu, elle s’est dit : ‘Il sera roi et je serai sa reine' », commente un proche, cité par Libération.

Un duo politique à la stratégie bien rôdée, à en croire Jeune Afrique. « En fait, et le cas est unique en Afrique, il n’y a pas en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2011, un seul chef qui règne, mais deux. Ils n’entreront cependant jamais en compétition. Au contraire, ils sont parfaitement complémentaires », pouvait-on lire dans les colonnes du magazine en 2012. « Lui est un oiseau de nuit, elle se lève dès les premières lueurs de l’aube. Il aime les circonvolutions, arrondit les angles, est soucieux de son image et a besoin de séduire, elle ne s’embarrasse jamais de ce genre de considérations et va droit au but. »

« Cassante », « trop intelligente », influente

Niveau charisme, « Simone » ou « Maman », comme l’appellent ses admirateurs, n’a rien à envier à Laurent. De la bouche de ceux qui l’ont observée, elle est « sûre d’elle », « cassante ». « Trop intelligente pour une femme », ose même le journaliste Vincent Hugeux dans son livre-portrait Reines d’Afrique, paru en 2014.

Ainsi, elle pèse sur les décisions politiques. Lorsqu’éclate la rébellion du Nord de 2002, Simone Gbagbo défend son mari, dénonce la « sédition » et la partition du pays et sera – plus ou moins publiquement – hostile aux accords de paix successifs.

Surtout, cette mère de cinq filles, dont deux de Laurent Gbagbo, a souvent été accusée d’être liée aux « escadrons de la mort » contre les partisans d’Alassane Ouattara, qu’elle a toujours honni.

Une habituée des procès

L’épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo est actuellement incarcérée à Abidjan. En 2015, elle a déjà été condamnée par la justice de son pays à 20 ans de prison pour « atteinte à la sureté de l’État », à l’issue d’un procès durant lequel elle s’est illustrée par ses sarcasmes et sa maîtrise du dossier. « J’ai subi humiliation sur humiliation durant ce procès. Mais je suis prête à pardonner. Car si on ne pardonne pas, ce pays connaîtra une crise pire que ce que nous avons vécu », avait-elle lancé, dans une tentative de la dernière chance, avant le verdict.

L’ancienne Première dame a également été entendue par la justice française au sujet de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004 à Abidjan.

Par ailleurs, Simone Gbagbo est poursuivie pour « crimes contre l’humanité » par la Cour pénale internationale (CPI). Le tribunal international, qui juge actuellement Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, ex-ministre de la Jeunesse, a toujours réclamé le transfèrement de l’ex-Première dame, sans succès. Abidjan, par la voix d’Alassane Ouattara, affirme en effet être en mesure d’assurer une justice exemplaire sur le sol ivoirien.

Pourtant, à la veille du début du procès, qui devrait durer tout le mois de juin, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer un jugement « organisé à la va-vite » et une « simulation ». Dans un communiqué conjoint, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho) et le Mouvement ivoirien des droits de l’Homme (MIDH) qui disent représenter « près de 250 victimes », ont annoncé leur décision de « se tenir à l’écart de ce procès ».

Par France 24 | 31-05-2016

Source: http://www.france24.com/fr/20160530-cote-ivoire-simone-gbagbo-regne-ruine-premiere-dame-fer-proces-abidjan
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Burkina : Eddie Komboïgo et la belle-fille du général Diendéré ont été remis en liberté provisoire

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Arrêté fin janvier pour son implication présumée dans la tentative de coup d’État de la mi-septembre, Eddie Komboïgo, le président du CDP, a été remis en liberté provisoire ce lundi, tout comme la belle-fille du général Gilbert Diendéré, Fatoumata Thérèse Diawara.

Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, a été remis en liberté provisoire ce lundi 30 mai. Suspecté de complicité avec les putschistes lors de la tentative de coup d’État contre le régime de transition, mi-septembre 2015, il avait été arrêté le 22 janvier dernier à Ouagadougou après s’être rendu de lui-même à la gendarmerie, puis incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca).

S’il est désormais libre de ses mouvements, le président du CDP reste néanmoins inculpé de complicité dans le dossier du putsch manqué, toujours au stade de l’instruction au tribunal militaire de Ouaga. « C’est une très bonne nouvelle. Son retour va nous permettre de renforcer encore le parti », a réagi Achille Tapsoba, président par intérim du CDP, joint au téléphone par Jeune Afrique.

Liberté provisoire pour la belle-fille de Gilbert Diendéré

Fatoumata Thérèse Diawara, la belle-fille du général Gilbert Diendéré, auteur du coup d’État contre le régime de transition, a elle aussi été remise en liberté provisoire ce lundi. Détenue au camp de gendarmerie Paspanga, à Ouagadougou, elle avait accouché durant sa détention. Comme Komboïgo, elle aussi reste inculpée de complicité avec les putschistes.

Eddie Komboïgo est un ami intime du couple Diendéré, en particulier de Fatoumata Diendéré, épouse du général Diendéré et baronne du CDP qui a fuit le Burkina après le putsch manqué de son mari, fin septembre. Il avait été nommé à la tête de l’ancien parti majoritaire le 10 mai 2015 mais avait vu sa candidature à l’élection présidentielle rejetée par le Conseil constitutionnel, en application du code électoral excluant certains candidats pro-Compaoré des dernières élections présidentielle et législatives.

Benjamin Roger

Par Jeune Afrique
Publié le 30 mai 2016

Source: http://www.jeuneafrique.com/329709/politique/burkina-eddie-komboigo-belle-fille-general-diendere-ont-ete-remis-liberte-provisoire/

Hissène Habré, l’ex-président tchadien, condamné à la prison à vie

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L’ex-président tchadien Hissène Habré, architecte d’une répression terrible pendant son règne (1982 à 1990), a été reconnu coupable lundi notamment de crimes contre l’humanité et condamné à la prison à vie, au terme d’un procès sans précédent.

Hissène Habré a été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement par le Tribunal spécial africain qui le juge à Dakar.

Ce procès est le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’homme.

Hissène Habré s’est emparé du pouvoir par les armes en 1982, devenant rapidement un bourreau implacable, architecte d’une répression terrible qui marquera les huit années de son règne. Lors de son procès à Dakar, l’ex-président a été qualifié de « véritable chef de service » de l’appareil de répression par le procureur spécial Mbacké Fall.

« Combattant du désert », « homme des maquis », « chef de guerre »: les qualificatifs abondent pour décrire les qualités militaires de Hissène Habré aux traits et au regard acérés, resté silencieux et impassible pendant toute la durée des audiences, hormis pour récuser le tribunal et ses avocats.

Mais après l’énoncé du verdict, l’accusé, en turban et boubou blancs, lunettes noires, a levé les bras en saluant ses partisans et crié: « A bas la Françafrique! ».

Son parcours dans les années 1970 et 1980 s’inscrit dans l’histoire agitée du Tchad indépendant dont il a été le troisième président.

Né en 1942 à Faya-Largeau (nord), il grandit dans le désert du Djourab, au milieu de bergers nomades. Intelligent, il est remarqué par ses maîtres.

Devenu sous-préfet, il part étudier en France en 1963, à l’Institut des hautes études d’Outre-mer. Il étudie ensuite le droit à Paris, y fréquente l’Institut d’études politiques et fait son éducation politique en dévorant Frantz Fanon, Ernesto « Che » Guevara, Raymond Aron.

De retour au Tchad en 1971, il rejoint le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat), dont il prend la tête, avant de fonder avec un autre nordiste, Goukouni Weddeye, le conseil des Forces armées du Nord (Fan).

A partir de 1974, il se fait connaître à l’étranger en retenant en otage – durant trois ans – l’ethnologue française Françoise Claustre, obligeant la France à négocier avec la rébellion.

Il sera ensuite Premier ministre du président Félix Malloum, avec qui il rompra, puis ministre de la Défense de Goukouni Weddeye, président du Gouvernement d’union nationale créé en 1979.

– Opposants arrêtés, torturés, exécutés –

Nationaliste convaincu et farouchement opposé au dirigeant libyen de l’époque Mouammar Kadhafi, qui a les sympathies de Weddeye, il rompt peu après avec son ancien allié, déclenchant une guerre civile à N’Djamena, qu’il doit évacuer fin 1980.

Depuis l’est du Tchad où il a repris le maquis, il combat le régime de Goukouni Weddeye soutenu par Tripoli, pour rentrer victorieusement à N’Djamena en 1982.

Son régime, soutenu face à Kadhafi par la France et les Etats-Unis, durera huit ans.

Cette période est marquée par une terrible répression: les opposants – réels ou supposés – sont arrêtés par la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS, police politique), torturés, souvent exécutés.

Une commission d’enquête estimera à plus de 40.000 le nombre de personnes mortes en détention ou exécutées sous son règne, dont 4.000 identifiées nommément.

En décembre 1990, Habré quitte précipitamment N’Djamena, fuyant l’attaque éclair des rebelles d’Idriss Déby Itno (l’actuel président tchadien), un de ses généraux qui a fait défection 18 mois plus tôt et a envahi le pays depuis le Soudan.

Habré trouve alors refuge à Dakar pour un exil qui sera paisible pendant plus de vingt ans.

Au Sénégal, le dirigeant déchu troque treillis et casquette kaki pour un grand boubou et un calot blanc. Musulman pratiquant, il se fait apprécier de ses voisins, avec lesquels il prie lors des fêtes religieuses, se montre discret et généreux en participant à la construction de mosquées ou au financement du club de foot…

En 2011, quand le président sénégalais Abdoulaye Wade crée la surprise en voulant finalement l’expulser vers N’Djamena, des habitants du quartier de Ouakam manifestent leur soutien à M. Habré, en soulignant qu’il a une femme et des enfants sénégalais.

Il est finalement arrêté le 30 juin 2013 à Dakar puis inculpé par un tribunal spécial créé par l’Union africaine et placé en détention provisoire jusqu’à l’ouverture de son procès, le 20 juillet 2015.

L’ex-président dispose de quinze jours à compter de lundi pour interjeter appel de sa condamnation.

Par IZF avec AFP
Lundi, 30 Mai, 2016
Dakar (AFP)

PS: le titre original de cet article, est: Hissène Habré, un bourreau implacable condamné à la prison à vie

Attentat de Bassam: grandes révélations sur le chauffeur arrêté, sa vraie identité…

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Après deux échecs au Baccalauréat série D en 2008 et 2009, Barry Hassane arrêté sous la fausse identité de Barry Battesti, est un jeune homme de 24 ans, d’environ 1,75 m qui s’est lancé dans de petites activités commerciales.

Avant de se radicaliser, il rêvait d’immigrer en Europe à la recherche de l’Eldorado ou encore pour tenter sa chance. Comment en est-on arrivé à la radicalisation de ce jeune homme que l’un de ses enseignants et tuteur de l’époque présente comme « un fainéant, paresseux mais très poli » ?

Pour en savoir plus, nous avons joint par téléphone ce dernier, qui fut à la fois son tuteur et son enseignant dans la ville de Dabou. « Il était très poli à l’époque. Sa famille n’était pas loin de chez moi et je l’ai adopté. Il est devenu très ami à mon épouse si bien qu’elle était devenue sa confidente. J’ai été muté à Zuenoula en 2012. Et deux ans après, mon épouse m’a rejoint. Il l’a suivi et il lui disait toujours qu’il voulait aller en Europe », a-t-il confié.

En 2014, il va tenter sa chance…

Poursuivant, il a souligné qu’à chaque fois que Barry Hassane avait une information sur l’arrivée d’un «binguiste» un jeune vivant en Europe, il se collait à ce dernier et se renseignait sur la vie en Europe. Et les voies et moyens pour s’y rendre.
C’est ainsi qu’en septembre 2014, après un mois passé avec ce couple à Zuenoula, il décide de tenter sa chance en passant par l’Algérie. Bien avant, il a effectué des voyages notamment à Daloa où il avait une de ses sœurs, ensuite dans son village au Burkina avant de revenir en Côte d’Ivoire mais à Faya à Cocody.

« Je ne comprends pas comment il a pu croiser ces terroristes »
«Quelques temps après, il nous avait contacté pour nous dire qu’il était à la frontière Algérienne. Mon épouse l’avait supplié de ne pas prendre de bateau. Il nous avait joint par la suite pour nous dire qu’il était de retour mais à Dabou. C’était courant juin-juillet 2015. Après ce coup de fil, nous n’avons plus eu de nouvelles de lui jusqu’ à ce que j’apprenne qu’il a été arrêté ». Cet enseignement se dit très surpris car « il était certes très respectueux, très calme, un peu fainéant à la maison, mais n’était pas musulman et je ne comprends pas comment il a pu croiser ces terroristes ».

Retour à Dabou au volant d’une Toyota Land Cruiser avec « 4 vieux pères »

Un de ces amis qui nous sert de guide pense en savoir un peu plus sur son aventure. « C’est au cours de son parcours entre le Niger et l’Algérie qu’il a fait de nouvelles connaissances, dit-il avec assurance. « Après plus d’un an d’absence, il est arrivé à Dabou avec quatre autres personnes et était au volant d’une Toyota Land Cruiser, essence, couleur or avec à bords quatre autres personnes qu’il présentait comme étant ces « vieux pères avec qui il fait des affaires ».
Ils les avaient logés à l’hôtel Akparo courant février et Barry Hassane était très mobile à cette époque. « C’est lui qui les a effectivement conduits à Bassam car un de nos amis nous avait dit l’avoir vu à Grande Bassam quelques jours avant l’attaque terroriste », se rappelle-t-il. Avant de révéler: « L’un de nos ‘‘vieux pères’’ (Ndlr: des aînés) à Dabou qui étaient au courant des mouvements de Barry Hassane a pris la fuite dès qu’il a appris l’arrestation de ce celui-ci ».
De sources sécuritaires ce dernier serait effectivement recherché car susceptible d’avoir participé à l’attentat. Et détiendrait des informations sur ce vaste réseau qui a endeuillé la Côte d’Ivoire.
A l’hôtel Akparo, les souvenirs sont vagues mais l’un des gérants, nous confie que quatre personnes de « types sahéliens » y ont bel et bien séjournées courant février et sortaient régulièrement avec un chauffeur à bord d’un véhicule de type 4X4 couleur or. « Ils n’avaient aucun signe qui pouvait attirer des soupçons », avoue sous le couvert de l’anonymat un employé de l’hôtel.

Au domicile familial, rencontre avec la mère de Hassane Barry

Après l’hôtel, nous nous rendons au domicile familial de Hassane Barry. Nous trouvons sa mère en train de procéder à la construction d’un hangar. Très vite elle reconnait le fils de son voisin et une conversation s’engage. Les sujets sur le passé commun de ces deux familles sont évoqués lorsque notre contact demande des nouvelles des enfants de cette dernière.
« Ils sont tous là et se portent bien à part que l’une d’entre elle (Khady) est décédée récemment à l’accouchement à Daloa. J’ai sept enfants dont 4 filles et 3 garçons. Toutes mes filles sont mariées », a-t-elle dit. Concernant les nouvelles sur ses garçons, elle reste un peu vague, disant tout simplement qu’ils se portent tous bien. Et que chacun se débrouille à son niveau.
Cette réponse nous fait penser qu’elle ignore certainement les activités de ce dernier et peut-être même qu’il a été mis aux arrêts. La joie de cette femme est si grande quand elle parle de ses enfants que nous évitons de prononcer le nom de son fils Barry Hassane. « Cela fait plus de 40 ans que nous sommes à Dabou. Mon mari s’en est allé il y a près de 20 ans. Dabou c’est désormais chez moi et je ne peux aller nulle part ailleurs », indique cette vieille qui se sent bien dans cette ville.

Ouattara Ouakaltio

Par Africatime avec Fraternité Matin
Publié le 30 mai 2016

Source: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/attentat-terroriste-de-bassam-revelations-sur-le-chauffeur-arrete-sa-vraie-identite