Les dirigeants africains réitèrent l’appel aux réformes du Conseil sécurité de l’ONU

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Les dirigeants africains réitèrent l’appel aux réformes du Conseil sécurité de l’ONU

IRIB- Les dirigeants africains ont déclaré samedi à Addis-Abeba que le Conseil de sécurité de l’ONU doit entreprendre des réformes globales visant à refléter la diversité et à renforcer son rôle de maintien de l’ordre.

Menés par le président sortant de l’UA et le président zimbabwéen Robert Mugabe, les dirigeants ont été unanimes à noter que les réformes du Conseil de sécurité des Nations unies sont très en retard dans le renforcement de sa capacité à répondre à des crises mondiales.

« Lors de notre récente réunion au Swaziland, nous avons discuté des réformes du Conseil de sécurité des Nations Unies, et nous avons déclaré que deux sièges permanentes au Conseil devraient être réservés pour le continent africain », a déclaré M. Mugabe à l’ouverture du 26e sommet de l’UA à Addis-Abeba.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a assisté à la cérémonie d’ouverture du sommet des dirigeants africains qui discuteront des sujets tels que la lutte contre le terrorisme, le réglement de conflits, le ralentissement économique mondial et les réformes du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le président Mugabe a réitéré la position commune de l’Afrique sur la nécessité d’accélérer le processus de réforme au Conseil de sécurité de l’ONU à la lumière de l’évolution de la dynamique.

« Nous ne saurons pas relâcher notre appel pour des réformes au sein du Conseil sécurité de l’ONU », a déclaré M. Mugabe, ajoutant que la survie de l’ONU repose sur l’égalité de traitement de tous ses membres.

Actuellement, le continent africain a trois membres non permanents au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Angola, l’Egypte et le Sénégal. Cependant, les trois pays africains n’ont pas de droit de veto et ont emprise minime sur les décisions importantes prises lors du conseil. Il y a un sentiment chez les élites politiques et diplomatiques de l’Afrique que le continent a de l’influence négligeable à l’ONU, bien qu’il ait le plus grand nombre de membres de l’organisation mondiale, ont noté des dirigeants africains.

Dans son discours, le président Mugabe a déclaré que l’octroi aux pays africains de deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU va renforcer la crédibilité de l’ONU et de l’ensemble du système multilatéral.

« Si l’ONU doit survivre, nous devons être traités comme des membres égaux », a fait remarquer M. Mugabe.

Par Regard Sur l’Afrique.com
Publié le 31 janvier 2016

L’ENVOI DE TROUPES AU BURUNDI EST « INIMAGINABLE » SANS LE CONSENTEMENT DE BUJUMBURA (RESPONSABLE UA)

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Le déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’Union africaine au Burundi est « inimaginable » sans le consentement de Bujumbura, a déclaré le représentant spécial de l’organisation continentale au Burundi, Ibrahima Fall, dans un entretien diffusé dimanche par Radio France Internationale.

M. Fall a toutefois précisé qu’il revenait en dernier lieu aux chefs d’Etat du continent, réunis en sommet à Addis Abeba, de prendre une décision dimanche sur ce projet controversé.

« Il y a eu, je pense, une mauvaise communication. Il n’a jamais été de l’intention de l’Union africaine de déployer une mission au Burundi sans le consentement des autorités burundaises. Cela est inimaginable », a déclaré M. Fall.

Les chefs d’Etat du continent, réunis samedi après-midi pour discuter entres autres de ce projet, devaient reprendre leurs travaux à huis clos dimanche matin.

Depuis une réunion du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA vendredi, où plusieurs chefs d’Etat ont fait part de leur réticence à envoyer des troupes au Burundi sans l’accord du président Pierre Nkurunziza, la possibilité d’un renoncement de l’organisation continentale à ce projet a pris corps.

Le président Nkurunziza est farouchement opposé à cette Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), qu’il a qualifiée de « force d’invasion ».

« Probablement, l’une des conclusions – parce que pour le moment ces conclusions ne sont que provisoires – l’une des conclusions définitives de la réunion de ce vendredi (du CPS) sera d’envoyer une délégation de haut niveau, pour ne pas dire de très haut niveau, au Burundi pour discuter avec les hautes autorités burundaises, pour enclencher une consultation sur cette problématique », a précisé M. Fall.

En décembre, l’UA avait arrêté le principe du déploiement d’une force de 5.000 hommes pour enrayer le cycle de violences au Burundi faisant craindre de nouvelles violences à grande échelle, voire un génocide, dans ce petit pays d’Afrique des Grands Lacs marqué par une guerre civile meurtrière (300.000 morts) entre 1993 et 2006.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé à l’exil pas moins de 230.000 personnes. La capitale Bujumbura est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d’accrochages nocturnes réguliers, tandis que les auteurs d’un coup d’Etat avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

Par IZF.net
Dimanche 31 décembre 2016

Côte d’Ivoire : le gouvernement veut consolider le dialogue politique avec l’opposition

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Le ministre ivoirien en charge du Dialogue politique Jeannot Kouadio Ahoussou a exprimé samedi l’engagement du gouvernement ivoirien à consolider le dialogue politique avec l’opposition.

Pour M. Kouadio Ahoussou qui s’exprimait lors d’un entretien avec des médias, il y a lieu que tous les acteurs travaillent ensemble pour que la Côte d’Ivoire retrouve ses atouts d’antan.

Le ministre en charge du Dialogue politique a ainsi annoncé la révision prochaine de la loi sur les partis politiques.

« Il faut voir tous les problèmes des partis politiques, notamment la création et le financement », a-t-il déclaré, soulignant que suite aux élections législatives prévues en fin d’année, un nouveau cadre juridique et légal serait redéfini pour une harmonisation, en tenant compte du contexte nouveau.

Dans le cadre du renforcement du dialogue politique, le gouvernement avait rencontré jeudi le Front populaire ivoirien (FPI, parti de l’ex-président Laurent Gbagbo).

Plusieurs questions notamment celles liées à la libération des prisonniers de la crise post-électorale, au dégel des comptes des pro-Gbagbo, à la situation des réfugiés et au financement des partis politiques avaient été évoquées a cours de la rencontre.

Lors d’un récent Conseil des ministre, le porte-parole du gouvernement Bruno Koné a indiqué que la reprise du dialogue est « l’expression de la volonté du chef de l’Etat Alassane Ouattara de faire en sorte que toutes les intelligences du pays, notamment celles de l’opposition, contribuent au développement de la Côte d’Ivoire ».

Par Abidjan. net
Publié le dimanche 31 janvier 2016  |  Xinhua

Burundi : le sommet de l’Union africaine s’est ouvert à Addis Abeba

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Le 26e sommet de l’Union africaine s’est ouvert samedi à Addis Abeba. L’éventuel envoi au Burundi d’une force africaine suscite des réticences.

Le secrétaire général des Nations unies Ban ki-Moon a apporté son soutien à l’envoi d’une mission africaine de maintien de la paix au Burundi, un projet qui suscite de vifs débats entre les chefs d’Etat de l’Union africaine réunis en sommet à Addis Abeba.

« J’approuve votre proposition de déployer des observateurs des droits de l’Homme et une mission de protection et de prévention », a déclaré M. Ban à l’ouverture du 26e sommet de l’UA dans la capitale éthiopienne, siège de l’organisation continentale.

Le Burundi nécessite « l’engagement le plus sérieux et le plus urgent », a ajouté M. Ban.

En décembre, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA avait adopté le principe du déploiement d’une force de 5.000 hommes pour enrayer le cycle de violences au Burundi faisant craindre de nouvelles violences à grande échelle, voire un génocide,dans ce petit pays marqué par une guerre civile meurtrière (300.000 morts) entre 1993 et 2006.

Mais le CPS, réuni vendredi soir, n’est pas parvenu à trouver un consensus sur le déploiement de cette Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), auquel le pouvoir burundais s’oppose catégoriquement.

Les chefs d’Etat étaient toujours réunis à huis-clos samedi à 16H30 GMT et on ignorait s’ils devaient se prononcer samedi ou dimanche sur ce point.

Le ministre des Affaires étrangères du Burundi, Alain Aimé Nyamitwe, a rappelé à Addis Abeba la position du président Pierre Nkurunziza: « A aucune condition nous ne sommes prêts pour cette force ».

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé à l’exil pas moins de 230.000 personnes. La capitale Bujumbura est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d’accrochages nocturnes tandis que les auteurs d’un coup d’Etat avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

« Nous avons précisé que cet envoi de force n’était pas justifié (…) parce que nous estimons que la situation au pays est sous contrôle du point de vue sécuritaire », a déclaré M. Nyamitwe, précisant que le Burundi n’était pas isolé dans son refus.

« Il n’y a pas que les Burundais qui sont réticents à cette idée » de déploiement, a ainsi déclaré le président gambien Yahya Jammeh.

A la question: « Êtes-vous opposé au déploiement de cette force au Burundi ? », M. Jammeh a répondu: « sans l’accord du Burundi, oui ».

« Souffrance inimaginable »

Une majorité des deux-tiers est requise pour autoriser l’envoi de cette force. Mais l’absence de consensus lors de la réunion du CPS de vendredi, qui donne habituellement le la aux décisions des chefs d’Etat, laisse augurer de difficiles tractations sur ce déploiement.

« En plus des efforts de lobbying du Burundi, de nombreux chefs d’Etat seront réticents à créer un précédent sur le déploiement de troupes de l’UA dans un pays qui s’y oppose clairement », décryptait récemment Yolande Bouka, chercheuse de l’Institut des Etudes de sécurité (ISS), basé en Afrique du Sud.

Le sommet de l’UA est également consacré aux autres défis sécuritaires du continent: la lutte contre les groupes jihadistes qui multiplient leurs actions au Sahel, celle contre les insurgés islamistes de Boko Haram qui ensanglantent le Nigeria et les pays voisins, et la difficile mise en oeuvre d’un accord de paix au Soudan du Sud.

Le secrétaire général de l’ONU a vivement critiqué les deux leaders sud-soudanais, le président Salva Kiir et l’ex-vice-président Riek Machar qui « ont une nouvelle échoué à respecter les délais pour la formation d’un gouvernement de transition » prévu par un accord de paix signé en août 2015.

« Au lieu de profiter des fruits de l’indépendance (2011), leur peuple a enduré plus de deux ans d’une souffrance inimaginable », a dénoncé M. Ban.

Ce 26e sommet a par ailleurs vu la désignation du président tchadien Idriss Déby Itno à la tête de la présidence tournante de l’UA, à la place du zimbabwéen Robert Mugabe.

Devenu une figure incontournable de la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sub-saharienne, M. Déby a appelé ses homologues à endiguer les crises sur le continent.

« Que ce soit sur la question des droits de l’Homme, tout ce que nous entreprenons maintenant ou plus tard sera vain et sans portée réelle si nous laissons se perpétuer en Afrique les crises, des crises parfois insupportables: Soudan du sud, la Libye, Somalie, le Burundi, le Sahel, le bassin du lac Tchad… », a averti M. Déby.

Sur la Libye, « pays qui nous est cher et qui vit une terrible tragédie », le président tchadien a annoncé, sans en préciser les contours, la mise en place d’un comité de chefs d’Etat africains soutenu par l’ONU.

VOA avec AFP | 30-01-2016

Le dernier show de Robert Mugabe devant l’Union africaine

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Son discours était prévu pour durer 10 minutes. Finalement, il a parlé près d’une heure. Pour sa dernière intervention en tant que président de l’Union africaine (UA) le 30 janvier, le Zimbabwéen Robert Mugabe s’est lancé dans une longue diatribe anti-occidentale entrecoupée d’ovations. Barack Obama, les Nations unies, les Européens… Tout le monde en a pris pour son grade. Extraits.

Sur Barack Obama :

« Aujourd’hui, nous sommes libres. Mais nos ancêtres ne l’étaient pas. On a envoyé des Noirs de l’autre côté de l’atlantique. […] Maintenant, il y a Obama, c’est vrai. Mais qui est-il ? Une voix à qui l’on fait parler leur langage. Qui fait ce qu’ils veulent faire. »

Sur les ONG :

« [Les Occidentaux] sont partout en Afrique. S’ils ne le sont pas directement, c’est par l’intermédiaire d’ONG, d’espions, des imposteurs qui prétendent venir ici pour nous aider. Mais quelle aide nous apportent-ils ? »

Sur les Nations unies :

« Les patrons, au Conseil de sécurité disent : « Vous n’aurez jamais le même pouvoir que nous, les membres permanents. » Nous avons demandé, demandé et demandé : réformez le Conseil de sécurité. M. Ban Ki-moon, vous êtes un homme bon. Mais nous ne pouvons pas faire de vous notre combattant. […] Si les Nation unies doivent survivre, nous devons en être des membres égaux. […] M. Ban Ki-moon, leur avez-vous déjà dit que nous sommes aussi des êtres humains ? »

Sur les Occidentaux

« Laissez-moi dire un mot de mon mépris du sommet sur les migrations de La Vallette avec nos amis européens. J’ai trébuché sur cette expression, mais j’ai finalement réussi à la prononcer… « Nos amis européens ». À la dernière minute, nous avons appris que seuls certains d’entre nous seraient invités. Bien que nous soyons affectés différemment par les migrations, nous devons avoir une approche collective. »

« Le siège des Nations unies [à New-York] est mal placé. Il y a 1,2 milliard de personnes en Inde, 1,3 milliard en Chine, un milliard en Afrique. Mettez les visages blancs avec des grands nez en comparaison… Un pour un… Et ces gens osent encore parler de changement de régime ? Mugabe devrait partir ? Dites leur de fermer leurs bouches. »

Sur son avenir :

« Je réaffirme ma confiance au nouveau président, le chef de l’État tchadien. Je serai là si vous avez besoin de moi. Je le resterai jusqu’à ce que Dieu me rappelle. Jusqu’à ce jour vienne, j’aurai du punch. »

Pierre Boisselet

Jeune Afrique
30 janvier 2016

Idriss Déby Itno prend la tête de l’Union africaine pour un an

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Le président tchadien succède au Zimbabwéen Robert Mugabe, très applaudi par la salle après son discours lors du sommet de l’Union africaine.

Le président tchadien Idriss Déby Itno, en pointe dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sub-saharienne, a été désigné nouveau président en exercice de l’Union africaine, samedi 30 janvier à Addis Abeba.

Idriss Déby Itno, qui occupera la présidence tournante de l’organisation continentale pendant un an, succède au zimbabwéen Robert Mugabe, plus ancien chef d’Etat africain en exercice.

C’est le président Mugabe qui a annoncé la nomination de M. Deby, désigné par ses pairs, au terme d’un long discours prononcé quelques semaines après de nouvelles rumeurs sur son état de santé.

« Quelle que soit l’aide que vous me demandez, je serai là, jusqu’à ce que Dieu me dise de venir. A ce moment-là, je partirai rejoindre les autres. Mais tant que je serai en vie, je serai toujours combatif », a ainsi déclaré Robert Mugabe, 91 ans, avant d’aller se rasseoir sous les applaudissements nourris de la salle plénière, le poing droit levé.

Acteur incontournable d’Afrique centrale

Chef de l’Etat tchadien depuis 1990, M. Déby est devenu un acteur incontournable en Afrique centrale, à la tête d’une armée aguerrie et désormais bien équipée.

Face à la menace des islamistes nigérians de Boko Haram, il fait intervenir ses troupes au Nigeria voisin début 2015 pour y libérer des localités occupées par les islamistes et initier une riposte militaire régionale contre Boko Haram face à l’inertie de l’armée nigériane.

N’Djamena a été en retour frappée par plusieurs attentats-suicides meurtriers revendiqués par Boko Haram.

« La montée du terrorisme dans le monde et particulièrement en Afrique impose que nous unissions nos forces. La solidarité face à ce phénomène ne doit pas se résumer à des mots », a déclaré M. Déby à la tribune de l’UA.

Né en 1952, M. Déby a accédé au pouvoir par les armes en 1990 en renversant son ancien mentor, le président Hissène Habré.

Critiqué par l’opposition

Le chef de guerre délaisse alors son treillis pour la politique et ouvre le pays au multipartisme. Elu en 1996 et réélu depuis, il est régulièrement critiqué par une opposition qui lui reproche des fraudes électorales, des violations des droits de l’homme et, malgré son entrée en 2003 dans le club des pays producteurs de pétrole, l’extrême pauvreté des Tchadiens.

Traditionnellement allié de la France, l’ancienne puissance coloniale, le Tchad avait aussi envoyé ses troupes combattre les islamistes dans le nord du Mali en 2013 au moment de l’intervention militaire française Serval.

Et c’est à N’Djamena qu’est basée l’opération militaire française Barkhane qui lutte contre les jihadistes dans le Sahel.

M. Déby devrait être désigné le 6 février candidat par son parti à la prochaine élection présidentielle prévue le 10 avril.

VOA avec AFP | 30-01-2016

Quatre dossiers chauds pour le sommet de l’Union africaine

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Le 26e sommet de l’Union africaine s’est ouvert à Addis-Abeba sur fond de crises politiques et de morosité économique avec le retournement des marchés de matières premières. Avant l’arrivée des chefs d’Etat et de gouvernement africains, attendus dans la capitale éthiopienne les 30 et 31 janvier pour leur Assemblée générale, les ministres des affaires étrangères ont commencé à débattre des dossiers chauds qui agitent le continent.

Lors de cette grand-messe, le Zimbabwéen Robert Mugabe passera le flambeau de la présidence de l’UA au Tchadien Idriss Déby Itno. En janvier 2015, la désignation à la tête de l’UA du doyen des présidents africains, presque 92 ans et trente-cinq ans de pouvoir, avait fait grincer des dents au sein de l’institution. « Tout le monde pensait que son mandat allait être une catastrophe pour l’UA, mais l’Afrique du Sud, représentée par la présidente de la Commission Nkosazana Dlamini-Zuma, a gardé le leadership, lâche un diplomate européen. Ses sorties publiques encombrantes n’ont finalement engagé que lui. »

L’entrée en scène du président tchadien sera observée de près alors que la question des droits de l’homme a été choisie comme thème principal de la réunion d’Addis-Abeba. La situation au Burundi devrait cependant occuper une large part des discussions. Parfois accusée d’être un « syndicat de 54 chefs d’Etat », souvent considérée comme déconnectée de son peuple, l’Union africaine, créée en 2002 pour succéder à l’Organisation de l’Union africaine (OUA), est très attendue sur ce dossier. Le sommet du Conseil de paix et sécurité, prévu vendredi 29, y sera entièrement consacré. « La qualité du leadership exercé par la Commission de l’UA est fortement dépendante de la marge de manœuvre que les Etats veulent bien lui accorder, analyse Yann Bedzigui, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) Africa. L’Union africaine essaie de passer de la défense de la souveraineté des Etats à la protection des droits des citoyens. A elle de transformer l’essai. »

Trouver une issue à la crise au Burundi

L’Union africaine est-t-elle en mesure d’aller à l’encontre de la volonté d’un chef d’Etat africain en déployant une force de maintien de la paix au Burundi ? La question est sur toutes les lèvres, alors que la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer dans ce petit pays d’Afrique des Grands-Lacs.

Le 17 décembre 2015, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a voté le principe de l’envoi de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi, la Maprobu, composée de 5 000 hommes. Mais le président burundais Pierre Nkurunziza, dont l’annonce de la candidature à un troisième mandat en avril 2015 a précipité le pays dans une crise meurtrière, a immédiatement réagi en la qualifiant de « force d’invasion et d’occupation » et en se réservant le « droit d’agir en conséquence » en cas de déploiement militaire. Le chef d’Etat, réélu en juillet 2015, a réitéré son refus de toute ingérence internationale lors du passage à Bujumbura des ambassadeurs du Conseil de sécurité de l’ONU le 22 janvier.

Du côté du CPS, on continue d’espérer que le président burundais renoue le dialogue lors du sommet de l’UA. Un dialogue au point mort, tout comme la médiation ougandaise qui n’a porté aucun fruit. Et si M. Nkurunziza campe sur sa position ? « L’heure n’est pas aux spéculations », élude un membre du CPS.

L’UA est juridiquement en mesure d’intervenir au Burundi sans l’aval du président Pierre Nkurunziza, en vertu de l’article 4-h de l’Acte constitutif de l’UA, qui encadre légalement une telle intervention dans « certaines circonstances graves, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ». Un terme que les membres du CPS n’ont pas hésité à employer en décembre 2015 en affirmant que « l’Afrique ne permettra pas un autre génocide sur son sol ».

Une telle intervention serait une première pour l’organisation panafricaine. Mais encore faut-il que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA confirment cette décision par un vote à la majorité des deux tiers lors de l’ Assemblée générale. « La question de la souveraineté reste vivace au sein de l’UA, explique Yann Bedzigui, chercheur à l’ISS Africa. Même si, sur le fond, bon nombre d’entre eux ne sont pas d’accord avec le président burundais, sur la forme, l’action de l’UA peut être perçue comme une forme d’ingérence. Certains peuvent craindre [de créer]un tel précédent. »

La montée du terrorisme

Le terrorisme a sévèrement frappé le continent africain ces derniers mois et entaché le début de l’année 2016 avec les attaques de Ouagadougou le 15 janvier. Etat islamique, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Chabab en Somalie, la menace concerne tout le continent devenu « l’épicentre mondial du terrorisme », selon Cheikh Tidiane Gadio, le président de l’Institut panafricain de stratégie (IPS). En 2015, 4 523 attentats ont endeuillé 44 des 54 pays africains, selon ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project).

Le sujet sera au cœur des discussions du sommet des chefs d’Etat. En marge de celui-ci, le président tchadien Idriss Deby Itno devrait en outre convoquer une réunion du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) pour réfléchir aux moyens de coordonner leurs actions et de mobiliser les ressources pour lutter plus efficacement contre le terrorisme.

La Somalie sera également à l’agenda après l’attaque d’un camp de la mission de l’UA en Somalie (Amisom) dans le sud du pays le 15 janvier, qui a causé la mort de militaires kényans et de soldats somaliens.

L’impasse au Soudan du Sud

Les dirigeants de l’Union africaine vont-ils prendre le dossier sud-soudanais à bras-le-corps ? C’est en tout cas ce qu’espère le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, qui a invité les pays de l’IGAD, l’organisation sous-régionale chargée de la médiation, et de l’Union africaine à « saisir l’occasion du prochain sommet de l’UA pour traiter cette impasse politique ».

Les négociations pour former un gouvernement d’union nationale ont une nouvelle fois échoué dans le plus jeune Etat du monde. La décision du président Salva Kiir de redécouper le territoire en portant le nombre de régions à 28 au lieu de 10 a irrité le camp rebelle. Lors d’une conférence de presse dans sa résidence d’Addis-Abeba, dimanche 24 janvier, leur leader, l’ancien vice-président Riek Machar, a fait savoir que cette mesure unilatérale compromettait l’application de l’accord de paix signé le 26 août 2015. Actuellement à Kampala, il a affirmé qu’il souhaitait que l’Ouganda joue un rôle accru dans les pourparlers de paix.

Tedros Adhanom, ministre des affaires étrangères de l’Ethiopie, pays hôte des pourparlers de paix, a fait savoir qu’il souhaitait convoquer une nouvelle réunion de l’IGAD en marge du sommet. Le vote de sanctions à l’encontre des belligérants est toujours évoqué.

Droits de l’homme et Constitutions bafouées

Cette année, le 26e sommet de l’UA est placé sous le signe des droits de l’homme avec une attention particulière portée aux droits des femmes, qui est une priorité de la présidente de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Mais le directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest, Alioune Tine se fait peu d’illusion : « Le paradigme sécuritaire est une brèche dans laquelle de nombreux présidents africains vont s’infiltrer pour brimer les libertés fondamentales, analyse-t-il. En invoquant la nécessité d’une union sacrée contre l’ennemi extérieur, ils détournent l’attention et évitent d’évoquer les dérives internes. »

Parmi celles-ci, selon Alioune Tine, les modifications de la Constitution pour se faire réélire, comme c’est le cas au Congo-Brazzaville et au Rwanda. « Nous avons un leadership défaillant sur le continent en matière de droits humains, de gouvernance et de démocratie, regrette-il. Vouloir rester président à vie et instrumentaliser la Constitution participent à la déstabilisation de nos pays. » L’Union africaine a toujours été discrète sur la longévité au pouvoir. Son président sortant, le Zimbabwéen Robert Mugabe, cumule à lui seul six mandats. Son successeur, est au pouvoir depuis vingt-cinq ans et devrait présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’avril.

« L’UA joue sa crédibilité en plaçant le curseur sur les droits de l’homme, conclut Alioune Tine. Une première avancée serait peut-être la levée de l’immunité des présidents en exercice. Les chefs d’Etat soupçonnés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité doivent répondre de leurs actes et ne plus être protégés par l’organisation panafricaine. »

Par Emeline Wuilbercq (Contributrice Le Monde Afrique, Addis-Abeba)

Le Monde.fr | 28.01.2016