Pays Afrique du Sud : prison ferme pour le roi de la tribu de Mandela

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Le roi Buyelekhaya Dalindyebo avait été condamné en 2009 à quinze ans de prison pour homicide, incendie volontaire et coups et blessures, mais avait vu sa peine réduite à douze ans en appel, après l’abandon des poursuites pour homicide.

Le roi coutumier de la tribu de Nelson Mandela, les Thembu, devait commencer mercredi à purger une peine de douze ans de prison, après le rejet par la justice sud-africaine d’une prorogation de sa liberté provisoire, selon les sources judiciaires.

Le roi Buyelekhaya Dalindyebo avait été condamné en 2009 à quinze ans de prison pour homicide, incendie volontaire et coups et blessures, mais avait vu sa peine réduite à douze ans en appel, après l’abandon des poursuites pour homicide.

Une demande de prorogation de sa mise en liberté surveillée a été rejetée mercredi par un tribunal de Mthatha : « la demande est rejetée », a affirmé le juge Nozuko Mjali.

Les autorités judiciaires ont indiqué qu’elles allaient immédiatement s’efforcer d’arrêter le monarque Thembu pour le conduire en prison.

Âgé de 51 ans, le controversé roi des Thembu, qui se revendique fumeur de marijuana, avait été condamné pour avoir mis le feu à des campements de certains de ses « sujets » qui avaient résisté à des ordres d’expulsion.

Il avait également été condamné pour avoir roué de coups trois jeunes hommes qui avaient déjà été passés à tabac par les gardes du roi sur des suspicions de viol et cambriolage.

Le monarque avait également été reconnu coupable de l’enlèvement de la femme et des enfants d’un de ses « sujets » qu’il avait dénoncé comme « dissident ».

La Cour suprême avait conclu que le roi coutumier faisait « régner la terreur » et que sa conduite était « des plus déplorables car les victimes de son pouvoir sont les plus vulnérables des pauvres ruraux ».

VOA avec AFP
Par Afrique Connection | jeudi 31décembre 2015

Congo-Brazzaville : la présidentielle fixée au 20 mars 2016

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La décision a été officialisée mercredi en Conseil des ministres : le premier tour de l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville aura lieu le 20 mars 2016.

Comme Jeune Afrique l’avait annoncé, l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville aura lieu la deuxième quinzaine du mois de mars, le 20 plus précisément. Une date entérinée mercredi 30 décembre lors du dernier Conseil des ministres de l’année, présidé par le chef de l’État Denis Sassou N’Guesso.

Ce dernier avait annoncé le 22 décembre lors d’un discours à la nation, prononcé devant l’Assemblée nationale, que la présidentielle de 2016, prévue initialement pour le mois de juillet, serait ramenée au premier trimestre de l’année afin de tourner au plus vite la page ouverte par l’adoption, le 25 octobre, de la nouvelle Constitution.

Le gouvernement a ensuite soumis au Parlement l’adoption d’un projet de loi électoral qui prévoit entre autres la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante et l’expérimentation du bulletin unique pendant la présidentielle.

Institutions « illégitimes »

Reste à connaître la réaction de l’opposition. « La présidentielle annoncée est un artifice pour permettre à Denis Sassou Nguesso de passer de sa situation inconfortable d’aujourd’hui à une situation plus confortable. Un artifice pour basculer d’une Constitution à une autre », avait déclaré à Jeune Afrique Guy-Romain Kinfoussia, porte-parole du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) et de l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC) en réaction à l’avance du scrutin, considérant que les institutions actuelles, présidence de la République y compris, sont désormais « illégitimes ».

Afrique Connection avec Jeune Afrique
Jeudi 31 décembre 2015

La Centrafrique dans l’attente des résultats de la présidentielle

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Les Centrafricains, qui ont voté en nombre et dans le calme pour se choisir un président, ont commencé jeudi à attendre patiemment les résultats, prévus au mieux dans une semaine.

Les violences tant redoutées n’ont pas eu lieu. Mercredi 30 décembre, les Centrafricains se sont déplacés en masse pour voter. Le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé sans incidents sérieux. Les forces internationales (ONU et française Sangaris) se sont fortement mobilisées pour assurer la sécurité du vote, avec une montée en puissance des éléments des Forces armées locales (FACA), qui ont l’avantage de bien connaitre le terrain.

Les opérations de vote se sont prolongées parfois tard dans la nuit dans les bureaux qui avaient ouvert en retard en raison de lenteurs dans l’arrivée et la mise en place du matériel électoral. « Les bureaux de vote fermeront quand tous les Centrafricains auront voté », avait déclaré mercredi soir le chef de la Mission des Nations unies (Minusca), Parfait Onanga-Anyanga, selon lequel la participation importante et l’absence d’incidents violents ont été « un succès ».

Législatives partielles

Mais l’enthousiasme des électeurs et leur espoir d’un retour de la paix a été parfois entaché par des erreurs dans l’organisation, sans que l’on puisse pour autant parler de fraudes. L’Autorité nationale des élections (ANE) a relevé mercredi « des erreurs matérielles sur des bulletins de vote dans plusieurs circonscriptions électorales », à Bangui comme en province. « Dans certaines localités, les bulletins de vote pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux », a indiqué l’ANE dans un communiqué, ce qui va entraîner un certain nombre d’élections partielles, à une date non précisée.

Une attention particulière devrait aussi être portée à la validité des procès-verbaux, afin d’éviter au maximum des recours en justice de candidats perdants.

Les dépouillements ont commencé dans la foulée mais l’ANE n’a communiqué aucun résultat, même partiel, pour l’instant. Le centre de traitement des données dans Bangui était jeudi sous bonne garde des Casques bleus, a constaté l’AFP. Un blindé était positionné et des chicanes en ciment ont été installées devant le bâtiment pour éviter toute éventuelle attaque intempestive de supporters de candidats mécontents.

Les favoris confiants

Sans surprise, les favoris parmi la trentaine de candidats à la présidentielle se disent déjà « satisfaits » de leurs résultats. « Les résultats sont très très satisfaisants, a déclaré à l’AFP l’un d’eux, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre. Mon parti (le MLPC) fait de bons scores dans les zones où nous sommes peu implantés et dans « nos » régions c’est un score à la soviétique ! ».

L’entourage d’Anicet-Georges Dologuélé, lui aussi ancien Premier ministre, se dit également satisfait. Selon sa cellule de compilation des données, il arrive « largement en tête » dans la plupart des arrondissements de Bangui et dans plusieurs préfectures de province.

Le nom d’un outsider, Archange Touadéra, ancien Premier ministre du président François Bozizé lors de son renversement en 2013, est aussi souvent avancé comme étant en bonne position par différentes sources non officielles.

Le second tour, s’il y en a un, est prévu le 31 janvier.

 
Jeune Afrique avec AFP

Sécurisation des fêtes de fin d’année à Abidjan : le ministre de la Sécurité se rassure sur le dispositif sécuritaire

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Le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Hamed Bakayoko s’est rassuré sur l’état du dispositif sécuritaire qui sera mis en place dès le 31 décembre à 19 heures en vue d’assurer la sécurité des abidjanais à l’occasion des fêtes de fin d’année dans le district d’Abidjan, lors d’une visite de terrain effectuée, dans la nuit du mardi à mercredi à Abidjan.

Cette tournée a conduit Hamed Bakayoko, en compagnie de la ministre de la Santé et de la Lutte contre le sida, Raymonde Goudou Coffie, à la préfecture de police d’Abidjan, au Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) de l’Indénié, à la Base de préparation de la société Apothéoz, maître d’œuvre des feux d’artifice située en face du stade Houphouët Boigny au Plateau, et au Poste d’alerte et de premier secours (PAPS) en face de la Cathédrale St Paul du Plateau.

Aux policiers, dont il a salué l’énorme travail abattu durant l’année 2015, Hamed Bakayoko a dit sa fierté de voir la police retrouvée peu à peu la confiance de la population. Il les a exhortés à continuer dans cette voie, relevant leur importance dans le processus de développement du pays.

Selon le ministre Bakayoko, le gouvernement veut améliorer les conditions de vie et de travail des policiers à travers une loi de de programmation militaire et de sécurité.Au GSPM, qui, par la voie de son responsable du Colonel Issa Sacko a relevé l’insuffisance de centres de secours et d’ambulances, la ministre Raymonde Goudou Coffie a offert une ambulance pour renforcer leur capacité opérationnelle.

Les deux membres du gouvernement ont été réconfortés par la société Apothéoz qui a annoncé qu’Abidjan aura l’un des meilleurs feu d’artifice au monde. Les secouristes de la Croix rouge installées devant la cathédrale Saint-Paul, ont expliqué les dispositions prises par leur équipe pour palier aux difficiles situations qui pourraient survenir durant cette période.

Publié le mercredi 30 decembre 2015  |  AIP

Les politiciens doivent « rester humbles » car « le pouvoir est éphémère » (Guillaume Soro)

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Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a exhorté les politiciens, les autorités où toute personne détenant un pouvoir quelconque à « rester humble », estimant que « le pouvoir est éphémère ».

« Quand on devient grand type, il faut rester humble, il ne faut pas prendre la grosse tête; parce que si tu prends la grosse tête, le jour ou le pouvoir finit, ta tête reste grosse et ton corps reste petit» a déclaré M. Soro, lors d’une cérémonie de distribution de jouets à des enfants du Haut Sassandra à Daloa, dans le cadre de la Noël.

« Le pouvoir, c’est rien du tout, les anciens premiers ministres, il y en a des millions dans le monde, les anciens ministres, il y a eu des millions dans le monde, les anciens présidents, ils commencent à devenir beaucoup; donc quand tu as un poste, ne prends pas la grosse tête, reste petit, garde tes amitiés parce qu’on ne sait jamais, un jour tu auras besoins de tes amis, si petit soit-il », a-t-il poursuivi.

Cependant, il a souhaité que la politique qui est minée par « la méchanceté, la calomnie, le dénigrement, les trahisons », devienne un jeu et emprunte la voie des tous petits qui sont habités par « la sincérité, la générosité et l’innocence ».

Publié le mercredi 30 decembre 2015  |  AIP

Burundi : Nkurunziza menace de s’opposer par la force à une intervention de l’Union africaine

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Pour sa première sortie publique sur le sujet, Pierre Nkurunziza n’a pas mâché ses mots. Le président burundais a prévenu mercredi 30 décembre que son pays s’opposerait par la force à l’envoi de soldats de l’Union africaine (UA) sur son sol.

« Si les troupes viennent (…), elles auront attaqué le Burundi, et chaque Burundais devra se lever pour les combattre », a-t-il justifié en kirundi, la langue nationale, lors d’une conférence de presse ouverte au public, à Gitega, dans le centre du pays.

Plusieurs responsables politiques et parlementaires burundais ont déjà officiellement rejeté la création de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) voulue par l’UA, avertissant qu’un tel déploiement sans l’aval de Bujumbura serait considéré comme une « force d’invasion et d’occupation ».

On « ne peut pas envoyer de troupes dans un pays si le Conseil de sécurité des Nations unies ne l’a pas accepté », a renchéri mercredi Pierre Nkurunziza, soulignant que, selon la résolution des Nations unies votée à la mi-novembre, « la communauté internationale doit respecter l’indépendance du Burundi ».

L’envoi d’une mission de paix, à en croire le chef de l’Etat, ne se justifie que « quand il y a deux forces belligérantes qui s’accordent sur une force d’interposition. (…) Ce n’est pas le cas ici, car nous faisons face à un problème de sécurité. Ce n’est pas une question politique, car celle-ci a été réglée par les élections ».

Une fin de non-recevoir

La crise a pourtant bien débuté avec la candidature du même Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. La décision du président de se représenter est vivement contestée par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp qui l’estiment contraire à la Constitution et à l’accord d’Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006) entre l’armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu.

Malgré la mise en échec d’un coup d’Etat de mai, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi quotidiennes à Bujumbura et la réélection de M. Nkurunziza lors d’un scrutin controversé à l’été, les violences n’ont cessé de s’intensifier. Elles ont pris une tournure particulièrement macabres en cette fin d’année avec l’attaque de plusieurs cibles militaires de Bujumbura et l’exécution d’une centaine de jeunes hommes en représailles.

L’Union africaine a régi en martelant qu’elle « ne permettra pas un autre génocide » sur le continent. La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, s’est déclarée mardi prête « à engager sans délai des discussions avec le gouvernement du Burundi afin de convenir des modalités de déploiement » de la mission de maintien de la paix. A cette initiative, le chef d’Etat burundais a répondu par une cinglante fin de non-recevoir.

Le dialogue interburundais en péril

Le Conseil de sécurité, auquel l’UA a soumis une proposition, ne s’est pas encore prononcé sur le sujet. Aucun détail n’a encore été fourni sur la manière dont la Maprobu pourrait être constituée et sur la date de son intervention.

La fermeté de Pierre Nkurunziza augure mal de la suite du dialogue interburundais péniblement relancé ces derniers jours à Kampala. Interrompu depuis juillet, il est censé reprendre pour de bon le 6 janvier à Arusha, en Tanzanie, mais Bujumbura a déjà fait savoir qu’il n’y avait « pas de consensus » sur cette date décidée par le président ougandais Yoweri Museveni, médiateur désigné par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC).

La présidente de la Commission de l’UA a prévenu mardi que « tous ceux dont l’action pourrait compromettre le dialogue interburundais », ce qui inclut le refus de répondre à une invitation du médiateur, « feront l’objet de sanctions ».

Le Monde.fr avec AFP Le 30.12.2015

Discours d’investiture du Président Roch Marc Christian KABORE

Roch Marc Christian Kaboré a été investi ce mardi 29 décembre 2015 président du Faso. Dans son premier discours en tant que chef de l’Etat, il a déclaré que « la victoire du 29 novembre 2015, n’est pas seulement la victoire d’un candidat ou d’un parti mais celle de tout un peuple insurgé » et s’est engagé à instaurer un dialogue social fécond avec tous les Burkinabé pour briser les chaines de la misère et construire une nation forte, digne et respectée.

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Excellences, Messieurs les chefs d’Etat
Distingués représentants des chefs d’Etat et de Gouvernement
Excellence, Monsieur le Président du Conseil national de la Transition
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution
Messieurs les Anciens chefs d’Etat
Mesdames et Messieurs les chefs de délégation étrangère
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chefs de mission diplomatique
Distinguées personnalités
Honorables invités
Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle
Peuple combattant du Burkina Faso

La solennité de la présente cérémonie rajoute à la charge émotionnelle qui l’enveloppe, faisant de chacune et de chacun de nous, qui un acteur, qui un témoin privilégié, ou les deux à la fois, de la glorieuse page de l’histoire récente de notre Peuple que nous sommes en train d’écrire.

Permettez-moi,à l’entame de mon discours, d’exprimer ma gratitude et celle du Peuple burkinabè à toutes les éminentes personnalités qui, par leur présence honorent cette cérémonie et en rehaussent l’éclat.

Au moment où notre vaillant Peuple ferme la parenthèse de la Transition, pour s’engager résolument dans l’Etat de droit, en vue d’assurer une gouvernance vertueuse des affaires publiques, je voudrais tout d’abord lui rendre un hommage mérité.
A tous les valeureux fils et filles de notre chère nation, intrépides combattants de la liberté, de la démocratie et de la justice qui,ces dernières années, ont payé de leur vie notamment lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat des 16-17 septembre 2015, la Nation est reconnaissante.

Leur sang versé a contribué à forger le destin du Burkina Faso pour le faire sortir de l’impasse dans laquelle certains esprits mal intentionnés voulaient le plonger à jamais. C’est pourquoi, avant tout autre propos, je vous invite à saluer, par l’observation d’une pieuse minute de silence, la mémoire de ces héros, tombés sur le champ d’honneur pour la grandeur et la dignité de la patrie(…).Je vous remercie.
A tous ceux qui ont souffert ou qui continuent de souffrir encore dans leur chair, je renouvelle toute ma solidaritéet leur souhaite un prompt rétablissement.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Je voudrais ensuite saluer l’action de mes devanciers dans la haute charge de président du Faso, pour ce qu’ils ont pu faire pour notre pays, ou pour l’espoir qu’ils ont pu incarner ou susciter à un moment donné.

Tout naturellement, je voudrais reconnaître et saluer les mérites du Président Michel KAFANDO dont la sagesse et la riche expérience nous ont été très utiles particulièrement aux moments troubles et complexes de la Transition. A lui, au premier ministre YacoubaIsaac ZIDA, au président du CNT Chérif SY, à tous les ministres ainsi qu’à tous les députés de la Transition, je renouvelle nos félicitations pour les services rendus à la Nation.

Je salue aussi le rôle primordial joué par nos organisations communautaires que sont l’UEMOA et la CEDEAO pour avoir contribué à la stabilité de notre pays et de la région.

Je salue l’implication déterminante de l’Union africaine, tout comme la ferme et clairvoyante position des Nations unies, lors des évènements récents vécus par notre pays. Leur solidarité avec le peuple du Burkina a permis de trouver des issues pertinentes aux crises que nous avons connues.

J’exprime, ma déférente considération, aux pays du continent et hors du continent qui, à travers la présence amicale de leurs représentations diplomatiques à nos côtés, ont pris fait et cause pour le peuple burkinabè lors de l’insurrection populaire et du rejet du putsch perpétré par le régiment de sécurité présidentielle.

A nos amis et camarades des partis progressistes de par le monde en général, et en particulier l’Internationale Socialiste, à laquelle ma formation politique d’origine appartient, je renouvelle ma gratitudepour leur militante solidarité dans notre combat commun pour l’émancipation des peuples.

Je salue enfin la témérité et le dévouement dans la lutte des camarades des partis ou formations politiques regroupés à l’époque au sein de l’opposition politique.

Jeunesse combattante, femmes courageuses et intrépides, anciens de toutes les contrées du pays, autorités coutumières et religieuses du Faso, dépositaires reconnus des sagesses fondatrices des équilibres de notre nation,vaillantes combattantes et vaillants combattants de la liberté et des causes justes, organisés ou non au sein des partis politiques,

associations et mouvements de la société civile burkinabè, opérateurs du monde économique, ouvriers, paysans, étudiants, artisans des villes et des campagnes, personnes vivant avec un handicap,c’est ensemble que nous avons voulu et obtenu le changement, ensemble nous devons en faire un bien commun pour la paix, la stabilité et la prospérité de la Nation.

Pour ma part, je prends ici l’engagement d’instaurer un dialogue social fécond avec tous les Burkinabé pour qu’ensemble nous brisions les chaines de la misère pour construire, dans la tolérance et la discipline républicaine, une nation forte, digne et respectée.

Cela signifie et impose, chères concitoyennes, chers concitoyens, que nous reconnaissions à l’Etat sa place et son rôle prépondérants dans la conduite des affaires publiques, son autorité, toute son autorité dans le fonctionnement harmonieux et régulier des institutions républicaines afin de garantir une bonne gouvernance au profit de l’ensemble des citoyens.

Cela exige, de la part de tous et de chacun, que nous sachions, dès à présent, contenir nos égoïsmes personnels, bannir nos divisions stériles, combattre l’intolérance et l’incivisme rampant, pour construire ensemble une alliance de progrès, à même de porter les ambitions dedéveloppement du pays.

Distingués invités

Je voudrais, en ce moment solennel, rappeler à la face du monde que la victoire du 29 novembre 2015, n’est pas seulement la victoire d’un candidat ou d’un parti mais celle de tout un peuple insurgé.

C’est la victoire d’une jeunesse burkinabè et africaine à jamais révoltée contre l’obscurantisme et l’oppression.
C’est la victoire de la liberté sur l’arbitraire.
C’est la victoire de la démocratie surla dictature, contre l’oligarchie d’une minorité et l’opacité dans la gouvernance.

Cette quête émancipatrice de bonne gouvernance, de justice et d’équité est le sens même de mon engagement pour le changement et l’édification d’un Burkina nouveau.
Avec les élections couplées, présidentielle et législatives du 29 novembre dernier, un jour nouveau se lève au Burkina Faso, chargé d’espoir pour un lendemain meilleur.
Mon programme, intitulé « Bâtir avec le Peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice », devenu par l’onction populaire, le programme du Président de tous les Burkinabè, ambitionne de répondre à cette quête de justice, de transparence, de démocratie et de prospérité partagée exprimée par toutes les composantes de notre Nation.

La réconciliation nationale en sera le socle, la paix, le moteur, la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels, pour construire ensemble dans la durée, une Nation forte, fière, prospère et intègre.

En ce 21e siècle de toutes les interrogations et inquiétudes sur la croissance, la paix et la sécurité dans le monde, je veux qu’ensemble, main dans la main, avec l’appui et le concours de la diaspora burkinabè et des partenaires au développement du Burkina Faso, nous entamions la marche assurée de notre Peuple vers la réalisation de ses aspirations profondes.

Notre vaillante jeunesse a donné de la voix et a montré la voie. Les femmes, les anciens et les responsables coutumiers et religieux en ont montré la volonté. Je souhaite que dans un élan et un sursaut patriotiques, les Burkinabè, après avoir forcé l’admiration et l’estime des autres peuples en Afrique et dans le monde, se donnent les moyens de réussir à relever les défis qui se dressent devant nous.

Que le monde continue de nous regarder et de nous soutenir, car notre démocratie, en s’enracinant, apporte et apportera davantage de bien-être au pays, à la sous-région, à l’Afrique et pourquoi pas au monde.

Pour ma part, j’en suis convaincu, et d’ores et déjà, je m’engage, avec les jeunes générations, à contribuer à la construction d’un monde de paix, de démocratie, de justice, d’égalité et de liberté.

Les graves problèmes de gouvernance qui ont failli plonger le pays dans la guerre civile ont des causes et des responsables. En toute humilité, chacun doit reconnaître et assumer sa part de responsabilité et éviter les fuites en avant inutiles.
C’est pourquoi la vérité et la justice doivent être recherchées préalablement pour que la paix des cœurs décuple nos énergies afin que nous soyons capables de nous pardonner effectivement et sincèrement.

L’incivisme, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, et d’une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement.
En tout état de cause, toutes les mesures seront étudiées et mises en œuvre pour que force reste à la loi. Partout, l’ordre et la discipline doivent régner, pour nous permettre, dans le dialogue et la concertation, de rechercher les solutions appropriées aux problèmes que vivent les Burkinabè.

Tout en étant un ardent défenseur des libertés individuelles et collectives que je souhaite promouvoir et élargir, je voudrais attirer l’attention de tous que bien souvent l’ennemi de la liberté, c’est la liberté mal comprise et sans bornes.

Je suis le premier à savoir que le retour indispensable à la normale ne sera pas facile, mais c’est le prix à payer si nous ne voulons plus continuer à vivre dans un Burkina Faso à plusieurs vitesses, à l’avenir incertain, où le fossé s’agrandit chaque jour entre un nombre toujours plus restreint de nantis qui ont des droits et les larges masses populaires condamnées à la paupérisation et à l’exclusion.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Le retour à l’intégrité que je me suis engagé à réaliser dans le cadre de mon programme pour le quinquennat 2015-2020 sera pour chacun de nous une triple exigence :
  Une exigence d’amour pour la patrie, dont nous devons défendre constamment les intérêts supérieurs ;
  Une exigence de dévouement au travail pour notre pays, au service duquel nous devons mettre tous nos talents et intelligences.
  Une exigence de probité et de bonne gouvernance dans tout ce que nous faisons, pour ne pas se servir du pays mais pour le servir de manière désintéressée.
C’est donc à un véritable changement de mentalité et de comportement que je convie les Burkinabè, car les chantiers qui nous attendent sont titanesques :
  Réformer les Institutions et moderniser l’administration pour plus de justice sociale, de démocratie et de liberté ;
  Mettre en place un nouveau modèle de développement centré sur le renforcement du capital humain ;
  Promouvoir et vulgariser les technologies de l’information et de la communication ;
  Dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois, en faisant du secteur privé un acteur important ;
  Réaliser un meilleur partage des fruits de la croissance à travers un nouveau contrat social.
Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises, la IVeRépublique a vécu. Dès lors, mon engagement de passer à la discussion et l’adoption de la Constitution de la Ve République pour mieux réformer les institutions et engager la modernisation indispensable de l’administrationreste au cœur de ces reformes à faire.Aux amis et aux partenaires au développement du Burkina Faso, je tiens à réaffirmer notre engagement sans faille à honorer la parole et la signature du Burkina Faso, dans le respect de l’indépendance et des intérêts supérieurs de notre Peuple.

C’est pourquoi, je voudrais lancer un appel du haut de cette tribune pour un accompagnement plus substantiel de la communauté internationale et des partenaires techniques et financiers aux efforts de relance économique et d’amélioration de la gouvernance dans notre pays.

Distingués Chefs d’Etat
Mesdames et Messieur
s

Au moment où j’accède à la plus haute charge de l’Etat, la situation sécuritaire dans le monde en général et dans la sous-région ouest africaine en particulierest préoccupante en raison de l’ampleur des menaces et actions terroristes.

C’est pourquoi nous devons mutualiser nos moyens de défense, nos informations, entre nos pays et de concert avec tous les autres pays qui luttent contre le terrorisme dans le monde pour présenter un front unis contre ces fléaux qui menacent l’existence même de nos Etats.

Je réaffirme mon engagement et celui de mon pays à œuvrer avectous nos pays voisins et au sein des institutions communautaires que sont notamment l’UEMOA et la CEDEAO pour la paix, la sécurité, l’intégration régionale, la coopération et la solidarité agissante entre nos pays et nos peuples.

Peuple du Burkina Faso
Chères concitoyennes
Chers concitoyens

La nouvelle page de notre glorieuse histoire commune que nous nous sommes engagés à écrire ensemble sera nécessairement une œuvre collective. J’ai foi en l’avenir radieux de ce pays et à la capacité de son Peuple à se surpasser pour défendre son honneur et construire son avenir. Je suis fier d’être Burkinabè et de pouvoir apporter ma modeste contribution à la paix, à la démocratie, à la justice, à la réconciliation nationale et à la prospérité partagée entre les Burkinabè. Je veux croire à toutes nos chances de continuer à bénéficier de la clémence divine pour la paix au Burkina Faso.

C’est pourquoi, je me tourne vers les gardiens de nos traditions multiséculaires, vers nos autorités coutumières et religieuses et vers toutes les personnes de bonne volonté pour tout ce qu’ils ont toujours fait et continueront à faire pour cette paix si précieuse dont le pays a tant besoin.

Je renouvelle ma gratitude à toutes et à tous, et je rappelle que le Burkina Faso a été, est et restera un héritage commun aux Burkinabè.

C’est pourquoi nous devons le gérer en bon père de famille, prudent, diligent et honnête, pour le bien des générations présentes et à venir.

Autrement, nous serons donc tous comptables, chacun pour sa part de responsabilité, de l’avenir de ce pays que nous aimons tous.

Pour terminer, je voudrais réitérer notre profonde gratitude et nos remerciements sincères à tous les Chefs d’Etat et de gouvernement ici présents ou représentés, à tous les peuples africains, à toutes les délégations venues d’Europe, d’Amérique et d’Asie pour leur présence amicale et leur solidarité avec le peuple burkinabè.
En cette fin d’année 2015, je tiens à souhaiter à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2016.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso
Je vous remercie.

LeFaso.net
Mercredi 30 décembre 2015