« Alassane Ouattara et Guillaume Soro, de complices à duplices ? »

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Entre le chef de l’Etat ivoirien et le président de l’Assemblée nationale, l’heure de vérité approche : chacun devra abattre ses dernières cartes et sortir de l’ambiguïté.

Depuis cette nuit de septembre 2002, où un groupe de putschistes tenta, sans succès, de renverser le pouvoir de Laurent Gbagbo à Abidjan, la question n’a jamais cessé de brûler les lèvres de nombreux Ivoiriens, et de les diviser tout autant : Alassane Dramane Ouattara (ADO) était-il de mèche, cette fameuse nuit, avec les hommes dirigés par Guillaume Soro ? Autrement dit, les rebelles faisaient-ils le « sale boulot » pour « ADO », écarté de la course présidentielle en 2002 pour cause de « défaut d’ivoirité » ?

Nombreux sont ceux qui, sur les bords de la lagune Ebrié, sont persuadés de l’existence, depuis le début, d’un deal caché entre ces deux personnalités. Pourtant, la relation entre deux hommes si différents, et que seule une même soif de pouvoir rapproche, est bien plus complexe que cela. A bien des égards, elle s’apparente à un théâtre d’ombres dont l’épilogue approche, comme tend à le prouver à l’arrestation récente d’un proche de Guillaume Soro. Souleymane Kamaraté Koné, son chef de protocole à l’Assemblée nationale, est accusé par la justice ivoirienne d’avoir dissimulé six tonnes d’armement à son domicile de Bouaké et d’en avoir obligeamment fourni une partie à des mutins, il y a quelques mois.

L’impétrant

Rien n’est simple, en vérité, dans cette histoire ivoirienne. Rappelons, pour commencer, qu’à la surprise générale, en mars 2007, Guillaume Soro signait les accords de Ouagadougou avec Laurent Gbagbo, avant de devenir son premier ministre. Le « meilleur » qu’il eût sous son autorité, dit même un jour l’ancien président, avec son sens consommé de l’humour mâtiné de perfidie.

A l’issue de la présidentielle tant attendue de la fin 2010, on se souvient que Guillaume Soro choisit son camp : il remit sa démission de premier ministre à Laurent Gbagbo, avant d’être immédiatement nommé… premier ministre par Alassane Ouattara. Et si Laurent Gbagbo avait gagné le scrutin à la régulière, quel choix Guillaume Soro, un animal politique à sang froid, aurait-il fait ? Peut-être bien que l’impétrant serait toujours à la tête du gouvernement.

Durant la crise post-électorale, les rôles furent bien répartis entre les deux hommes : à Alassane, le gouvernail politique, les tractations avec la communauté internationale pour tenter de débloquer la situation. A Guillaume, l’action concrète pour s’extirper de la « cage dorée » de l’hôtel du Golf, où se terraient Ouattara et ses partisans, et pour bouter Gbagbo hors de la résidence présidentielle de Cocody où il s’était retranché. La force, « c’est Guillaume qui gère », disait alors un proche d’ADO. A la tête de ses « com zones » (chefs rebelles), il parvint à ses fins, mais avec l’aide providentielle des forces françaises et de l’ONU à Abidjan pour capturer le président sortant et mettre ainsi fin à la pire crise qu’avait connue le pays en un demi-siècle d’indépendance.

Pas du sérail

En vertu de ses bons et loyaux services, Guillaume Soro attendait, après la réforme constitutionnelle de 2016… Lire la suite sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/20/alassane-ouattara-et-guillaume-soro-de-complices-a-duplices_5203919_3212.html#Ms2GrGGK0yGhRtW1.99

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L’État ivoirien a-t-il apporté son aide aux putschistes burkinabè ?

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Deux ans après, le coup d’État manqué au Burkina recèle toujours sa part de mystère. Notamment sur l’implication présumée de certaines personnalités politiques et militaires ivoiriennes.

Le coup d’État manqué au Burkina Faso n’a pas encore révélé tous ses mystères. Durant cette semaine de septembre 2015 qui a fait vaciller leur pays, les Burkinabè s’interrogeaient déjà sur le possible soutien extérieur dont auraient pu bénéficier les putschistes. Leurs soupçons se sont vite dirigés vers la Côte d’Ivoire, terre d’exil du président déchu Blaise Compaoré. Les liens des anciens dignitaires du régime de ce dernier avec Abidjan ne sont un secret pour personne. Aujourd’hui, ces craintes sont loin d’avoir été dissipées.

Le 8 octobre, le site d’information français Mediapart a en effet publié des extraits de l’ordonnance du juge d’instruction François Yaméogo, chargé de l’enquête au tribunal militaire de Ouagadougou. On y apprend notamment que le général Gilbert Diendéré a affirmé, lors de sa déposition, avoir reçu de l’argent et du matériel de maintien de l’ordre de la part de Vagondo Diomandé, le chef d’état-major particulier du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO). Avec ces nouvelles déclarations, la question se pose : le plus haut niveau de l’État ivoirien a-t-il apporté son soutien politique et opérationnel aux putschistes burkinabè ?

Crise de 2015

Retour sur les faits. Le 19 septembre 2015, Ouagadougou est quadrillée depuis trois jours par les militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). L’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré a pris le pouvoir par la force et installé son patron historique, le général Gilbert Diendéré, à la tête de l’autoproclamé Conseil national pour la démocratie (CND).

Comme il le confie à certains de ses interlocuteurs, la situation est « un peu compliquée » pour Diendéré. Il se sent isolé et doit motiver ses hommes. Il ordonne alors à un hélicoptère MI-17 de l’armée de l’air d’effectuer un discret aller-retour à la frontière ivoirienne. À son bord : un équipage de quatre militaires qui ignorent tout de leur mission et le capitaine Gaston Ouédraogo, le chef du service administratif et financier du RSP.

L’appareil se pose à 500 km de la capitale burkinabè, à Niangoloko. Sur place, des gendarmes sécurisent la zone, tandis que deux 4×4 ivoiriens font leur apparition. Ils transportent des caisses de grenades lacrymogènes et une valise d’argent. L’hélicoptère redécolle rapidement après avoir récupéré sa précieuse cargaison. Retour au palais de Kosyam. « Les caisses de grenades lacrymogènes et la valise ont été chargées dans le 4×4 d’un officier du RSP, raconte un militaire présent ce jour-là. Le capitaine Ouédraogo est monté dedans, puis il a filé directement à l’état-major particulier de la présidence [les bureaux de Diendéré], situé à quelques centaines de mètres. »

Proches de l’ancien président Blaise Compaoré

Au juge Yaméogo, Diendéré assure que de l’argent a été donné à deux responsables politiques pro-Compaoré : Léonce Koné, vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Hermann Yaméogo, le patron de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD). À leur tour interrogés par le magistrat, ces deux hommes auraient reconnu avoir reçu la somme de 50 millions de F CFA (environ 76 000 euros) « d’une puissance étrangère ». Contacté par JA, Koné reconnaît avoir perçu de l’argent, « mais pas de l’étranger ».

C’est « totalement faux », confirme-t-il. En outre, Diendéré a dit au juge d’instruction avoir reçu 84 millions de F CFA après en avoir fait la demande au général Diomandé, destinés selon lui aux militaires du RSP. Au sein du régiment putschiste, très peu semblaient informés de l’existence de cette « aide », encore moins qu’elle serait venue de Côte d’Ivoire. « Nous n’avons jamais vu la couleur de cet argent, assure un ex-officier du RSP sous le couvert de l’anonymat. Nous avons même dû donner de notre poche pour aider certains soldats, car les banques étaient fermées. » Plusieurs sources évoquent pourtant des sommes allant jusqu’à 500 millions de F CFA.

Le discret  Diomandé

Évoluant dans l’ombre de leurs patrons respectifs depuis des années, Diendéré et Diomandé se connaissent bien. Très discret, voire effacé, ce dernier est l’un des militaires les plus proches d’ADO. Lorsque Ouattara était Premier ministre, de 1990 à 1993, il était son aide de camp. Écarté des premières sphères du pouvoir dès l’arrivée d’Henri Konan Bédié à la présidence, il est rappelé par le général Robert Gueï au lendemain du coup d’État de 1999.

Mais ses origines ouest-ivoiriennes –  il vient de la région de Man, comme Gueï – ne le protègent pas de la défiance qui s’abat rapidement sur les pro-Ouattara. Interpellé à la suite du prétendu « complot du cheval blanc », en 2000, il est torturé avant d’être relâché. Lorsque la rébellion contre Laurent Gbagbo s’installe dans le nord du pays, en 2002, Diomandé reste à Abidjan. À l’arrivée des Forces nouvelles dans la capitale économique, en 2011, il apporte son aide, en partageant notamment son expertise militaire avec Guillaume Soro lors des derniers combats.

De nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé

Sitôt installé à la présidence, ADO le nomme commandant du Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) avant d’en faire, fin 2013, son chef d’état-major particulier. Le général devient à la fois conseiller et exécutant du président. « Il ne prend aucune initiative et répond aux ordres », explique un proche du pouvoir. Diendéré assure ne pas savoir si les fonds destinés aux putschistes burkinabè provenaient directement de Ouattara, mais de nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé. « S’il a agi, c’est qu’ADO ou son frère [Téné Birahima Ouattara] le lui a demandé », dit un diplomate.

« Coup de pouce » ivoirien ?

Ministre des Affaires présidentielles, Téné Birahima Ouattara, gère notamment les questions sécuritaires et une partie des fonds de la présidence. Cet homme, qui n’apprécie guère d’être dans la lumière, connaît… Lire la suite sur http://www.jeuneafrique.com/mag/483267/politique/letat-ivoirien-a-t-il-apporte-son-aide-aux-putschistes-burkinabe/

Dieu a « changé d’avis » sur la mort de Mugabe

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Un pasteur qui avait prédit la mort de Robert Mugabe affirme finalement que « Dieu a changé d’avis ».

Mardi dernier était censé être le dernier jour du président zimbabwéen Robert Mugabe, mais Dieu a décidé de le garder un peu plus longtemps.

C’est ce qu’a déclaré le pasteur Phillip Mugadza.

En Janvier, il avait pourtant affirmé Mugabe mourrait le 17 Octobre 2017, selon un message reçu de Dieu.

Cependant, le week-end, le pasteur aurait envoyé une note vocale dans laquelle il affirmait que Dieu avait changé d’avis.

Dans ce document, Phillip Mugadza aurait dit: « On m’a amené à dire qu’il y a eu un report de la parole prophétique que j’avais prononcée au mois de janvier 2017 ».

Il soutient aussi n’avoir aucune idée du pourquoi Dieu avait changé sa décision.

Plus tôt cette année, Mugadza avait déclaré que les jours de Robert Mugabé étaient comptés dans un clip diffusé sur le réseau mondial de télévision en ligne ZIMDITV.

« Quand j’étais en prière, Dieu m’a dit: » Cette année, le président de 93 ans est mourant. Il m’a dit de dire qu’il mourra le 17 octobre « , avait alors déclaré Mugadza.

Avant que la prophétie s’accomplisse, le pasteur Phillip Mugadza a été jetté en prison.

Après sa remise en liberté, Mugadza a présenté ses excuses au président, mais il soutient que la prophétie s’accomplira.

« Ce qui s’est passé après cela m’a prouvé et démontré que le président a mal compris ce que j’ai dit, parce que je me souviens avoir dit que s’il voulait prolonger sa vie, il devait aller devant Dieu. Aller à Dieu, mais au lieu de cela, il m’a traîné devant les tribunaux et emprisonné pendant 55 jours « , a déclaré Mugadza sur la même chaîne de télévision en avril.

Dans une interview, Robert Mugabe a balayé du revers de la main ce qu’il a appelé « les prophètes de la pénombre et de la morosité qui masquent leurs rêves et leurs souhaits comme des prophéties ».

« Je ne me soucie plus d’eux », a déclaré Mugabe. « Nous avons eu des pasteurs priant pour ma mort, même un évêque de mon église. »

Il a ajouté que ce n’était absolument rien de nouveau pour lui.

Par BBC Afrique | 19-10-2017

« Les Maliens sont dans des conteneurs à Tamanrasset. Leurs représentants consulaires empêchés de les voir »

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Dans un appel lancé au président malien en personne pour qu’il intervienne auprès des autorités algériennes, le président du Conseil de la diaspora malienne Cherif Mohamed Haidara a affirmé que des citoyens “maliens sont dans des conteneurs à Tamanrasset à 50 degrés à l’ombre et on leur refuse même l’accès de leur consul”.

Haidara qui était interviewé dans l’émission Afrik Soir de la chaine Africable a expliqué que “depuis deux semaines, le gouvernement algérien a décidé de rapatrier massivement tous les Africains qui se trouvent en Algérie” et que le traitement qu’infligent les Algériens aux migrants est contraire aux traités signés par l’Algérie sur la protection des droits des travailleurs immigrés et leurs familles.

Ainsi, explique-t-il, c’est depuis le 5 octobre que les rafles ont commencé et que les immigrés sont acheminés vers Tamanrasset où ils sont séparés selon leurs nationalités, “depuis le 5 octobre, quatorze bus sont arrivés à Tamanrasset, ils sont dans un camp”, a affirmé Cherif Mohamed Haidara qui souligne que tout cela se passe dans le silence total du “gouvernement malien, du gouvernement algérien et de l’Union européenne”.

Au siège de l’ambassade du Mali à Alger, le chargé d’affaires en l’absence de l’ambassadeur, (actuellement en vacances au Mali) a affirmé avoir dépêché un représentant de l’ambassade au centre de Zeralda qui est revenu bredouille.
Sur place, le représentant consulaire malien n’a pas pu rencontrer ses concitoyens et “on nous a notifié que pour le droit de visite, il fallait passer par le ministère des Affaires étrangères”, a expliqué le chargé d’affaires de l’ambassade du Mali.

L’ambassade du Mali a donc demandé au ministère algérien des Affaires étrangères la permission d’accéder aux migrants maliens dans les camps à Zeralda et a aussi envoyé une lettre au wali de Tamanrasset. “Pour le moment nous n’avons pas encore de réponses”, a dit laconiquement le diplomate malien, qui a tenu à souligner que “l’Algérie est un partenaire stratégique du Mali et un pays qui continue à être à nos côtés”

Selon le diplomate malien, la dernière fois qu’une telle opération d’arrestations massives de migrants parmi lesquels de nombreux Maliens a eu lieu en Algérie c’était en décembre 2016.

“Il faut que le gouvernement malien aille au secours de ces Maliens que nous, nous appelons: des soldats économiques”, a exhorté, de son côté, le président du conseil de la diaspora malien Cherif Mohamed Haidara, “le Malien qui est établi à l’étranger apporte plus de 14,5% du PIB du Mali et dépasse largement toutes les aides données au Mali par l’UE, le FMI et la Banque mondiale”.

Source: http://m.huffpost.com/mg/entry/18306622?utm_hp_ref=maghreb

Burkina : le mouvement des droits de l’homme annonce une marche-meeting le 4 novembre à Ouagadougou

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Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), a appelé mercredi ses militants à une marche-meeting le samedi 4 novembre, à Ouagadougou, pour protester contre les « crimes impunis » commis sous le régime de Blaise Compaoré et durant la période de l’insurrection populaire de 2014.

Le mouvement appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des démocrates et patriotes à honorer la mémoire des martyrs et à exiger la vérité et la justice pour eux, en participant massivement à « une marche-meeting qu’il co-organise avec d’autres organisations de la société civile le samedi 04 novembre 2017 à partir de 8 heures à la place de la nation » à Ouagadougou, indique un communiqué de l’ONG.

Le document signé par le comité exécutif du MBDHP souligne que « l’absence de justice pour les victimes de l’insurrection populaire et du putsch ainsi que pour toutes les victimes de crimes impunis, constitue une piqûre de rappel en vue de remobiliser les rangs pour la poursuite de la lutte patriotique contre l’impunité ».

Une trentaine de personne a été tuée en fin octobre 2014 durant les journées insurrectionnelles contre le régime de Blaise Compaoré, alors qu’une quinzaine d’autres trouveront la mort lors de la résistance au coup d’Etat de septembre 2015 contre le régime de la transition.

Depuis, les familles de toutes ces victimes ainsi que les associations de défense des droits de l’homme réclament justice et vérité. C’est dans ce sens que le MBDHP dit avoir initié trois procédures judiciaires depuis le 30 mars 2015, qui ont été « rangées au fond des tiroirs ».

« Les faits indiquent clairement que, malgré leurs discours de convenance, les autorités politiques et judiciaires de notre pays sont réticentes à la manifestation de la vérité et de la justice pour les crimes commis pendant l’insurrection et la résistance populaires anti-putsch », souligne l’ONG.

L’appel à manifester intervient dans un contexte national marqué par des appels de plus en plus pressants au retour de Blaise Compaoré (exilé en côte d’Ivoire) au Burkina par des associations de la société civile et une liberté provisoire accordée au général Djibril Bassolé, son ancien ministre des Affaires étrangères qui a passé deux ans en prison pour son implication présumée dans le putsch.

Le MBDHP condamne « l’impunité accordée jusqu’ici aux auteurs des crimes commis le 16 septembre 2015 et jours suivants au mépris des sacrifices consentis par les résistants au putsch et des douleurs et souffrances subies par leurs familles et proches ».

L’ONG conclut que de façon plus générale, « les crimes politiques commis depuis l’insurrection populaire et même bien avant n’ont jusqu’ici fait l’objet d’aucun jugement malgré l’existence d’indices sérieux et crédibles contre certaines personnes ».

Par Xinhua | 19-10-2017

Au moins 4 morts après des manifestations au Togo

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A Lomé, malgré l’interdiction de manifestations, les Togolais sont descendus dans les rues. Selon la coalition de l’opposition, quatre personnes sont décédées lors des altercations dans la capitale togolaise, contre une seule selon le ministre de la Sécurité qui annonce aussi 3 morts à Sokodé.

Dans la journée de mercredi, les gaz lacrymogènes ont embaumés l’atmosphère de Lomé. Les militants et sympathisant de l’opposition ont bravé l’interdiction qui consiste à ne pas marcher un jour ouvrable, imposée par le gouvernement togolais.

Après des altercations avec la police, la coalition de l’opposition a annoncé quatre morts.

Des personnes en tenue civile ont été aperçues dans certains quartiers de Lomé avec fusil à gaz lacrymogène en main. Pour les leaders de l’opposition, il s’agit des miliciens à la solde du pouvoir.

« Des milices ont été préparé et qui sont à l’œuvre avec le soutien des forces de sécurité », a affirmé Brigitte Adjamagbo-Johnson, de la coalition des 14 partis de l’opposition.

À Lomé, une soixantaine de personnes ont été interpellées selon le ministre Yark. Les personnes en civile aperçues avec grenade lacrymogène sont de l’opération entonnoirs, a déclaré le ministre.

Presque tous les quartiers de Lomé ont été secoués: des face à face entre force de l’ordre et manifestants ont été enregistré dans le canton de Bè et dans les banlieue est et nord de la ville. Les manifestants ripostent avec des jets de pierre contre les gaz lacrymogènes.

Que ce soit l’avenue Augustine de Souza, les boulevards Notre-Dame-des-Apotres, Felix-Houphouet-Boigny, Oti, Malfakassa, le grand et le petit contournements de Lomé, la Nationale N1 au niveau d’Agoè, des pneus brûlés jonchent les voies mercredi matin.

Les forces de l’ordre et militaires, avec des tirs de gaz lacrymogènes et des bâtons, ont affronté les manifestants armés de pierres. Les protestants jugent arbitraire l’interdiction de faire des marches les jours ouvrables.

« Nous allons marcher pour chasser Faure Gnassingbé », vocifère Fabrice qui estime que le pouvoir des Gnassingbés a trop duré. pendant que d’autres manifestants scandent « Faure must go » (Faure doit partir).

Mardi, Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, a assuré à ses militants qu’ils ne fléchiront pas face à cette mesure gouvernementale.

Mercredi matin, sur une radio locale, le ministre de la sécurité Yark Damehane, a indiqué que le gouvernement ne se laissera pas faire.

« Soit il y a un État ou il n’y a pas un État », a-t-il laissé entendre soulignant que chaque citoyen a le devoir de respecter les lois du pays.

A Sokodé, la ville est sous siège. Les militaires et forces de l’ordre la quadrillent et dispersent tout attroupement. D’après des témoignages recueillis sur place, tous les habitants se sont terrés chez eux.

En lieu et place des marches, le gouvernement togolais propose à l’opposition des meetings à la plage de Lomé, de lundi à vendredi.

Mardi, de violents heurts avaient éclaté à Sokodé après l’arrestation d’un imam proche du PNP, faisant quatre morts – deux adolescents et deux soldats lynchés par la foule.

Les violences avaient ensuite gagné plusieurs villes du nord du pays, nouveau foyer de la contestation.

L’opposition demande la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé, élu en 2005 dans la violence et héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Kayi Lawson, correspondante VOA à Lomé

Visionner les vidéos via https://www.voaafrique.com/a/manifestations-sporadiques-a-lome/4075664.html

Côte d’Ivoire: Psychose des « microbes » à Abidjan

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La multiplication d’agressions violentes à Abidjan par des bandes de jeunes délinquants, surnommés « microbes » par les Ivoiriens, a fait naître une véritables psychose au sein de la population, selon un rapport alarmant de la justice ivoirienne.

Le mobile des « microbes » est le vol (argent, téléphones, sacs à main…), mais ils effraient par la violence subite et disproportionnée de leurs agressions qui touchent de nombreux quartiers de la capitale économique ivoirienne, se soldant parfois par des blessés graves, voire des morts.

Ces raids sont régulièrement dénoncés par les médias et sont au coeur des conversations des Abidjanais.

La police affirme avoir enrayé la vague d’attaques par une opération sécuritaire d’envergure menée ces dernières semaines, mais sans totalement convaincre.

Pour la première fois, la justice ivoirienne a enquêté sur ce phénomène des « microbes », connu depuis plusieurs années, mais qui a pris « une ampleur vertigineuse ».

« Des mineurs de plus en plus nombreux et de plus en plus violents se disputent les colonnes des faits divers de manière quasi quotidienne », écrit la magistrate Mireille Kouassi, auteure de ce rapport présenté lors de la rentrée judiciaire la semaine dernière.

« Ces formes de délinquance bien caractérisées, qui ont pris une ampleur vertigineuse ces derniers mois », provoquent « la psychose et la désolation au sein des populations, tant par la barbarie des agressions que par le nombre croissant des victimes », selon le rapport.

La magistrate déplore une « délinquance juvénile précoce » qui, selon elle, commence dès l’âge de neuf ans.

« Ces délinquants mineurs opèrent en bande de dix, rarement seuls, à visage découvert, de jour comme de nuit. Ils n’utilisent pas d’armes à feu, mais des couteaux, des barres de fer, des machettes (…) et trouvent leur inspiration et leur stimulation dans la consommation de stupéfiants », poursuit-elle.

« Leur méthode d’agression repose essentiellement sur la ruse. Ils miment des scènes de bagarres qui attirent autour d’eux des personnes et les agressent soudainement et atrocement avec violence, de manière brutale, sans état d’âme, sans remords », explique-t-elle, soulignant que « l’ampleur du phénomène engendre un sentiment général d’impunité ».

– Des enfants lynchés –

La mort d’un policier, égorgé le mois dernier par des « microbes » à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan, a particulièrement scandalisé l’opinion, et poussé le gouvernement à lancer le 21 septembre une vaste opération sécuritaire contre le grand banditisme, baptisée « Epervier 3 ».

Trois semaines plus tard, la police s’est félicitée du bilan de l’opération menée en mobilisant 1.500 policiers à Abidjan et 1.100 en province.

Le phénomène des « microbes est en plein recul », et « le sentiment d’insécurité a baissé parmi la population », a affirmé le porte-parole de la police nationale ivoirienne, le commissaire Charlemagne Bleu, sans toutefois donner de chiffre sur le nombre de bandes démantelées.

Coïncidence ou opération de communication ? La police a donné sa conférence de presse au lendemain de la publication du rapport de la justice.

L’origine du phénomène des « microbes » remonte à la crise des années 2000. « La délinquance, la déscolarisation, la déstructuration, la disparition de la cellule familiale, la démission des parents et le relâchement dans l’éducation des enfants et l’influence négative des programmes télévisuels » constituent les principales causes de ce phénomène, selon le rapport de Mireille Kouassi.

Les microbes sont généralement issus des milieux défavorisés. Mais on les retrouve aussi parmi les classes moyennes, note-t-elle.

L’ONG ivoirienne Dignité et droit pour les enfants en Côte d’Ivoire (DDE-CI) accuse les médias d’exagérer le phénomène, « entraînant la panique au sein des populations, attisant ainsi l’insécurité et la violence » par le biais de représailles populaires violentes.

« Les médias donnent l’horreur qui accompagne l’infraction sans connaître le profil de.. Lire la suite sur https://news.abidjan.net/h/624323.html